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La revue de presse du vendredi 04 décembre 2015

Numérique - Jeux dangereux - Qualité ?


La revue du jour sera essentiellement consacrée au numérique. Il y sera aussi question des jeux dangereux dans les cours de récréation des écoles du 1er degré mais aussi de la qualité des enseignants...


Numérique

Parmi les différents marronniers de l’Éducation Nationale, la question du numérique tient une place de choix !

L’accord entre le géant Microsoft et le ministère continue de faire couler de l’encre et d’user des touches de clavier.

Ainsi sur Clubic, Alexandre Laurent signale que douze organisations « dénoncent le "partenariat indigne" entre Microsoft et l’Éducation nationale : des militants du logiciel libre (April, AFUL, Framasoft, Adullact...) aux syndicats d’enseignants – à l’image de la CGT Éduc’Action ou de la SGEN-CFDT. Tous sont remontés contre l’accord de 18 mois dévoilé lundi par la Rue de Grenelle, et en vertu duquel la firme américaine propose aux établissements scolaires français des suites Office 365 Education (avec les versions cloud de Word ou Excel), de nombreuses formations relatives à ses produits, différents outils d’apprentissage du code... ». La même info est reprise sur le site Nextimpact.

Un autre site spécialisé dans les nouvelles technologies, Zdnet.fr, insiste sur le fait que « ce partenariat avec Microsoft scandalise les "libristes" » et dénonce « la mise en tutelle de l’informatique à l’école, réalisée de plus sans consultation des acteurs de l’éducation, y compris en interne ».

Parmi les incontournables numérique, on reparle aussi des MOOC (Massive Open Online Courses). Adrien de Tricornot pour Le Monde (Campus) affirme qu’en la matière, « la France [aurait] rattrapé son retard ». Il précise : « Deux ans près sa création, la plate-forme de cours en ligne FUN (France université numérique) fait peau neuve et affiche de nouvelles ambitions. Cette initiative lancée en octobre 2013 par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche compte en effet plus de 1,4 million d’inscrits depuis sa création, et 520 000 apprenants, issus de 120 pays. Elle est alimentée par 62 structures d’enseignement supérieur – universités, écoles comme Sciences Po, l’Essec ou Mines Telecom… – qui proposent 155 cours en ligne ouverts et massifs (MOOC), dont 53 ont été proposés à la rentrée de septembre »

De son côté, Elsa Doladille pour Vousnousils.fr est plus mesurée. Elle constate : « au bout de 2 ans d’existence, la plateforme nationale de MOOC française FUN compte plus de 530 000 inscrits, mais seuls 10 % suivent leur cours jusqu’au bout ».

Chez nos voisins du Café pédagogique, on y voit « un risque d’überisation de l’enseignement supérieur français. Il faut s’y préparer". C’est dans cette optique que Thierry Mandon, secrétaire d’État à l’enseignement supérieur, a présenté le 2 décembre la constitution du nouveau GIP FUN, chargé de mettre en place les Moocs (formations à distance) dans l’enseignement supérieur. Évoquant la "réussite" de la plateforme FUN, il a aussi relevé les défis : l’ouverture à l’internationale, à la formation professionnelle et la certification des formations par Moocs avant que des services étrangers remplacent les universités françaises ».

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Networked teacher par JiMo (26/01/2015)

Toujours dans le domaine du numérique, on pouvait lire hier sur le site du Monde, dans sa partie Campus : « Les écoles d’art font leur révolution numérique ». Selon Diane Galbaud, « les formations artistiques sont totalement bouleversées par la révolution des nouvelles technologies ». Ainsi, « les écoles se voient contraintes d’innover, sous peine de ne plus être en phase avec leur public » (...) « les établissements ont donc adopté de nouveaux outils. Ils ont créé des "fablabs" (des laboratoires de fabrication où toutes les innovations peuvent être testées). Ils développent des plates-formes collaboratives ou des formes d’auto-apprentissage… ».


Jeux dangereux

Les données chiffrées font froid dans le dos (surtout quand on a ses deux mioches scolarisés en primaire). En effet, selon Bintily Diallo pour FranceInfo.fr, « quatre enfants sur dix ont déjà pratiqué un jeu dangereux à l’école » : « une enquête alarmante publiée vendredi par la Société française de pédiatrie fait le point sur les jeux dangereux pratiqués par les enfants dans les cours de récréation. D’après les chiffres, quatre écoliers de CE1-CE2 sur dix ont déjà pratiqué un jeu risqué, comme celui du foulard ou de la tomate, qui consistent à s’étrangler ou cesser de respirer ».

Bintily Diallo précise : « ce sont les urgences de l’hôpital de Toulouse qui ont alerté le rectorat. Une pédiatre s’étonnait du nombre important d’enfants atteints de malaise qu’elle avait à prendre en charge. Des malaises très inquiétants qui ne sont pas toujours sans séquelles, explique Emmanuelle Godeau, médecin conseiller de la rectrice de l’académie de Toulouse. Les enfants admis aux urgences arrivent "inconscients", ou "en train de convulser". L’un d’eux a même perdu la vue "pendant presque trente minutes", se souvient ce médecin qui a codirigé l’étude menée auprès de 1.000 élèves de CE1-CE2 en Haute-Garonne. Dans certains cas, précise Emmanuelle Godeau, ces jeux conduisent même à la mort et peuvent être interprétés comme un suicide ».

Patrick Hourdé, pédopsychiatre, interrogé par Delphine Bancaud pour 20minutes.fr indique à ce sujet que « l’enfant désire enfreindre l’interdit car la transgression est jouissive pour lui » et que « si autant d’enfants jouent au jeu du foulard ou de la tomate, c’est parce qu’ils n’ont pas réellement conscience de la mort ».

Des ressources sont disponibles pour les professionnels de l’éducation mais aussi pour les parents. Citons par exemple le document « Jeux dangereux et pratiques violentes » téléchargeable sur le site du ministère ainsi que la page consacrée à ce phénomène sur Eduscol, ou encore le site Jeuxdangereux.fr


Qualité des enseignants ?

« On dit depuis longtemps que l’on peut mesurer la qualité d’un système d’éducation en fonction de la qualité de ses enseignants, et je crois qu’en France il faut continuer les réformes qui aident à avoir des enseignants mieux formés à faire face à des classes de plus en plus hétérogènes ». C’est en tout cas ce que déclare Éric Charbonnier, analyste à la direction de l’éducation de l’OCDE, interrogé par Antoine Desprez pour Vousnousils.fr. J’ai trouvé la formule un tantinet excessive. Ne faudrait-il pas plutôt parler de la qualité des enseignements ?

Dans cette interview, Eric Charbonnier commente le rapport « Regards sur l’éducation 2015 » publié par l’OCDE.

Cette publication « fournit des données sur les résultats des établissements d’enseignement, l’impact de l’apprentissage dans les différents pays, les ressources financières et humaines investies dans l’éducation, l’accès, la participation et la progression au sein des systèmes d’éducation, et l’environnement d’apprentissage et l’organisation scolaire ». « Cette édition 2015 présente des analyses plus détaillées sur la participation à l’éducation de la petite enfance et à l’enseignement tertiaire, mais aussi sur la mobilité éducative et sociale des adultes diplômés de l’enseignement tertiaire de la première génération, les débouchés des nouveaux diplômés sur le marché du travail, et la participation aux activités formelles et/ou non formelles de formation financées par les employeurs. En outre, cette nouvelle édition examine la volonté d’utiliser les technologies de l’information et de la communication pour la résolution de problèmes dans l’enseignement et l’apprentissage, et propose un ensemble d’indicateurs sur l’incidence des compétences sur l’emploi et la rémunération, les différences entre les sexes en matière d’éducation et d’emploi, et les systèmes d’évaluation des enseignants et des chefs d’établissement ».

Le rapport complet est disponible en téléchargement et propose des indicateurs très intéressants, notamment pour celles et ceux qui se décideraient à passer le concours de personnel de direction.


Il me reste à vous souhaiter un bon week-end durant lequel vous devriez retrouver Philippe Watrelot pour son bloc-notes de la semaine.

PS : N’oubliez pas de voter ! (ce que vous voulez (ou presque) mais votez !)

Pascal Thomas


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseigner en histoire-géographie avec le numérique

Hors-série n°37 - octobre 2014
Ce dossier, coordonné par Laurent Fillion et Olivier Quinet, montre que le numérique, à certaines conditions, a un réel impact sur les apprentissages des élèves en histoire-géographie, en développant l’autonomie, la collaboration, la concentration, le sens de l’effort, tout en offrant un aspect ludique que nos élèves apprécient. On verra ainsi naitre de nouveaux chemins qui amènent tous à apprendre, tous au savoir. Mais dans un monde où l’internet nomade donne accès à une banque de données dans laquelle on trouve le pire comme le meilleur, le vrai comme le faux, le rôle de l’enseignant devient aussi d’aider nos élèves à appréhender cet outil. Mais pas de doute : le numérique ouvre des possibilités immenses pour ces matières, dont il serait dommage de ne pas s’emparer.

Le climat scolaire

Revue n°523 - septembre 2015
Dossier coordonné par Michèle Amiel et Thomas Dequin

Qu’est-ce qu’un bon climat scolaire ? Est-ce lorsque les élèves répondent à notre fantasme du «  bon élève  » ? On ne peut nier l’impact qu’il a sur les personnels et les élèves. Se sentir bien ou mal à l’école détermine en profondeur le parcours que l’on y mènera.