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La revue de presse du mercredi 25 mars 2015

Réformes - Casier judiciaire - Semaine de la presse - Trucs en vrac


Il était difficile de commencer cette revue de presse sans avoir une pensée pour les familles et les proches des victimes du crash de l’A320. Le fait de savoir que parmi les victimes, on compte 16 élèves et 2 professeurs résonne forcément de manière particulière pour le chef d’établissement que je suis.

Dans la revue du jour, il sera question de réformes, du fait qu’un fonctionnaire déjà condamné pour pédopornographie en 2008 puisse se retrouver en 2015 devant des enfants en qualité de directeur d’école, mais aussi de la semaine de la presse et enfin de plusieurs actualités relevées au fil de la toile.


Réformes

La réforme du collège n’en finit pas d’alimenter les débats, y compris à l’Assemblée Nationale. Najat Vallaud Belkacem a passé "une longue journée à l’Assemblée nationale, le 24 mars, à affronter l’opposition sur sa réforme du collège. Le fait nouveau c’est que la ministre a opté pour un plan de bataille net et clair, présentant ses adversaires en défenseurs des privilégiés". C’est en tout cas, ce que l’on pouvait lire ce matin chez nos voisins du café pédagogique. Questionnée par plusieurs députés, la ministre affirme que "les élèves bénéficieront exactement du même nombre d’heures qu’aujourd’hui pour pratiquer le latin les langues anciennes" et qu’il s’agit de proposer cet enseignement à davantage d’élèves. Elle tient le même raisonnement en ce qui concerne la LV2 dès la classe de cinquième.
Najat Vallaud Belkacem est aussi revenue sur les EPI "durant lesquels se croisent plusieurs disciplines pour donner du sens aux savoirs".
Un autre point a retenu toute mon attention : les chefs d’établissements (et les inspecteurs) devraient être "formés à la réforme au printemps 2015". Donc dès tout de suite ?
La ministre a par ailleurs défendu son projet devant la commission des affaires culturelles.

On l’a bien compris : de nombreux enseignants craignent de "perdre leur latin". Un article de La Croix fait le point sur les arguments des défenseurs de la réforme et ceux des opposants sur ce point précis. Rendez-vous est fixé au 10 avril, date à laquelle "la version finale du nouveau collège" devrait être présentée.

Les politiques sont nombreux à s’emparer du sujet de la réforme du collège. Quelles sont donc les propositions de Nicolas Sarkozy, président de l’UMP ? Selon Libie Cousteau pour l’Express, "le programme de Sarkozy sur l’école reste flou" : "Après une rencontre électrique entre Paul Raoult, président de la FCPE, et Nicolas Sarkozy sur les projets de ce dernier concernant l’école, rien de précis n’a vraiment émergé, hormis son souhait de maintenir les notes" (...) "qui font plaisir aux parents et responsabilisent les mauvais élèves". On pourra s’interroger en quoi, mais surtout, comment une note (mauvaise forcément) pourrait "responsabiliser" un "mauvais" élève...

La réforme, territoriale, cette fois, est abordée par Eric Nunès sur le site du Monde.fr. On se souvient qu’un temps, il était envisagé de transférer la compétence de la gestion des collèges du département vers la région. Dans son article, Eric Nunès précise ce qui va changer à l’issue des élections départementales : "Rien de changera pour les collèges, sinon le nom de leur institution de tutelle. Régions et collèges pourront continuer à gérer des compétences communes chacune de son côté sans s’inquiéter des doublons. Le maintien de compétences de solidarité (protection de l’enfance, allocations, éducation) aux conseils départementaux, « c’est le choix de l’efficacité », écrit le gouvernement dans un communiqué du 10 mars 2015".

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le dessin de Jean-Marie Olaya

Casier judiciaire ?

De nombreux médias ont relayé ce fait divers : un directeur d’une école primaire de Villefontaine (Isère) a reconnu plusieurs viols d’élèves de sa classe de CP. Il avait déjà été condamné en 2008 pour pédopornographie. Les faits sont rappelés notamment sur le site du Parisien.fr. Se pose bien entendu la question des dysfonctionnements : Comment une personne condamnée pour de tels faits peut-elle continuer à exercer devant des enfants ? "L’Éducation nationale (...) n’a aucun moyen, structurellement, de vérifier régulièrement les casiers de tous ses agents. Les enseignants doivent fournir, à leur entrée dans le métier, un extrait de casier judiciaire. C’est le seul moment où leur situation pénale est systématiquement vérifiée".
De plus, "Le juge qui a condamné l’enseignant en 2008 à six mois de prison avec sursis, avec obligation de soins, n’a pas assorti sa peine d’une « mesure complémentaire » lui interdisant d’entrer en contact avec des mineurs. « Il n’en avait pas l’obligation, c’est son appréciation », relève un avocat, spécialiste de l’Éducation nationale. Si elle avait été informée des faits, l’administration aurait pu de son côté engager une procédure disciplinaire ou un licenciement « si elle considérait que les faits étaient incompatibles avec l’exercice de ses fonctions », précise Valérie Piau, avocate spécialisée dans les droits des élèves".

Un communiqué de presse a été rapidement en ligne hier sur le site du ministère de l’Éducation Nationale.

Semaine de la presse

"La Semaine de la presse et des médias dans l’École® permet aux élèves depuis plus de vingt ans de mieux connaître l’univers des médias et de comprendre ses enjeux culturels et démocratiques. Les écoles, collèges et lycées inscrits participent du lundi 23 au samedi 28 mars 2015 à cette semaine organisée par le Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information (Clemi)" rappelle le Ministère de l’Éducation nationale. "Après les attentats commis en ce début d’année, le thème de cette nouvelle édition de la Semaine de la presse et des médias dans l’école® a été modifié pour "La liberté d’expression, ça s’apprend".

Ce Lundi 23 mars, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, et Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la communication, inauguraient la Semaine de la presse au collège Guy Flavien (Paris 12). Le visionnage de la conférence de rédaction du P’tit Flavien est disponible sur le site du Clemi. Les apprentis rédacteurs et journalistes auront probablement saisi l’occasion pour abonner les 2 ministres interviewées à leur journal.

Une application en téléchargement gratuit est disponible sur le site du Clemi.

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le dessin de Geneviève Brassaud

Trucs en vrac !

Pour finir, j’ai relevé quelques informations intéressantes concernant les élèves et les étudiants.

Une nouvelle note a été publiée le 23 mars sur le site de l’Enseignement supérieur et de la recherche. On y apprend notamment "qu’avec 1 505 600 étudiants inscrits dans les universités françaises en 2013-2014, les effectifs augmentent de 2,5 % par rapport à l’année précédente. Il sont en particulier en hausse en cursus licence (+ 2,5 %) et en cursus master (+ 3,0 %), mais diminuent en cursus doctorat (- 1,2 %).

A propos de doctorat, Adrien de Tricornot pour le Monde nous apprend qu’il serait "menacé par la création de nouveaux diplômes" : "La polémique monte autour des doctorats professionnels, executive doctorate ou doctorats appliqués – des diplômes d’établissements, non reconnus au niveau national. Emboîtant le pas aux écoles de commerce ou à leur consœur Paris-Dauphine, nombre d’universités y réfléchissent". Il précise : "l’arrêté ministériel qui définit les écoles doctorales et le doctorat est en cours d’actualisation. Une large concertation des différents acteurs est en cours. Le ministère de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche attend donc avant de commenter ce sujet délicat".

Le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), notamment par le biais de son compte twitter @lecese, présentait aujourd’hui plusieurs données alarmantes concernant les jeunes dans le cadre de son projet d’avis sur la "garantie jeunes". Vous pouvez retrouver le diaporama ici. Néanmoins, des progrès ont été réalisés. L’Express revient sur ce dispositif dans un article intitulé "Garantie jeunes : la moitié des jeunes en emploi ou formation après un an de suivi". Rappelons qu’environ 140 000 jeunes sortent du système scolaire chaque année sans diplôme et que le taux de chômage des moins de 25 ans s’élève à 23,8%.

Dans un tout autre registre, on pouvait lire, hier, sur le site du Café pédagogique que les assistants de service social en faveur des élèves seraient en grève le 2 avril 2015. C’est suffisamment rare pour être souligné : "Pendant de trop nombreuses années, les services sociaux du ministère de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Supérieur ont souffert de redéploiements voire de suppressions de postes", annonce une intersyndicale Fsu, Cgt, Fo, Sud. "Dans ce contexte, le ministère envisage dans la circulaire de missions du service social des élèves mise en négociation de prioriser l’affectation des assistants sociaux dans les 350 réseaux REP+ comprenant le collège et les écoles rattachés (soit une augmentation d’environ 1 000 élèves en moyenne par réseau élémentaire REP +). Le ministère valide par ailleurs le fait qu’un assistant social puisse intervenir sur un nombre indéfini d’établissements dans les zones déclarées non prioritaires". L’intersyndicale estime que la coupe est pleine et invite le service social du ministère à la grève. Elle demande le remboursement des frais de déplacement, une revalorisation et des embauches pour faire face aux besoins". Ces collègues se considèrent souvent comme des "oubliés" du système. Cadres B (alors qu’ils ont un niveau d’études égal à celui des infirmiers scolaires), les assistants sociaux sont souvent les seuls à pouvoir renouer un contact avec les enfants les plus éloignés de nos considérations scolaires.

Finissons sur deux petites notes positives :
L’éclipse ... la récompense. Laurent Brice, professeur de sciences physiques nous raconte sa journée du 20 mars sur le site des Cahiers pédagogiques.
Et puis "Ça paraît loufoque, mais ça fonctionne !" De quoi peut bien parler cette enseignante ? Je vous laisse découvrir le récit, dans cet article du Parisien, de l’expérience menée au collège privé Notre-Dame, à Bressuire (Deux-Sèvres). "Cet établissement accueille des enfants précoces ou en difficulté d’apprentissage et des sections sportives à horaires aménagés et a introduit, il y a trois ans, un projet pédagogique inspiré des neurosciences et des intelligences multiples".

Demain vous retrouverez Emilie Kochert aux commandes de la revue de presse.

Pascal Thomas


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Réussir l’école du socle - En faisant dialoguer et coopérer les disciplines
Ouvrage - 2013
Francis Blanquart, Céline Walkowiak - ESF, 2013
Organisé de manière très concrète autour des pratiques scolaires de classe au collège et en 2de de lycée, cet ouvrage s’attache à tous les aspects de la pédagogie ouverte et innovante nécessaire à la réussite de « l’école du socle commun ».

L’organisation du travail, clé de toute pédagogie différenciée
Ouvrage 2012
Philippe Perrenoud, ESF, 2012.

En matière pédagogique, l’injonction est à l’ordre du jour ! Il faut, nous dit-on, faire une « école sur mesure » afin de garantir la réussite de tous. Chacun et chacune doit accéder aux « fondamentaux de la culture et de la citoyenneté », mais à son propre rythme et selon un « parcours individualisé ». Il faut que tout le monde maitrise le « socle commun », mais dans le « respect des différences » ! Face à ces exigences, la pédagogie différenciée apparait comme une perspective particulièrement prometteuse, mais elle reste, trop souvent, de l’ordre de l’intention généreuse. C’est que « différencier sa pédagogie » nécessite une autre organisation du travail scolaire, une autre manière de préparer, d’animer, de guider, d’évaluer les situations d’apprentissage. Ce n’est pas forcément plus complexe ou plus difficile que ce qui est requis dans l’enseignement traditionnel, c’est autre chose !