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La revue de presse du mardi 08 septembre 2015

EMC - Enseignement catholique - Supérieur - Numérique (encore !) - Insolite


Dans cette revue de presse, il sera question essentiellement de l’Enseignement Moral et Civique (EMC), de l’enseignement catholique, de l’enseignement supérieur, du numérique à l’école et de quelques infos insolites ou étonnantes.

EMC

« Depuis la rentrée, un cours d’enseignement moral et civique est dispensé du CP à la terminale ». Corinne Garay, pour la Voix de l’Ain, recueille les propos de Joël Janiaud, professeur de philosophie et formateur des enseignants du primaire au sein de l’école supérieure du professorat et de l’éducation, référent sur la laïcité au sein de l’académie de Lyon, sur cet « enseignement "plus structuré et cohérent" de la morale et du civisme ». Selon lui, « parmi les nouveautés, sont introduites les notions de sensibilité, d’émotions et l’empathie. C’est intéressant, car c’est un domaine où il y a besoin de formation intellectuelle, mais pas seulement. Éduquer une sensibilité c’est très sensible ».

De son côté, Claude Lelièvre, grand gardien de l’histoire de l’éducation, revient sur son blog d’Educpros.fr sur « les atteintes à la personne d’autrui et l’École ». Il indique notamment que ces « atteintes (le racisme, l’antisémitisme, le sexisme, la xénophobie, l’homophobie, le harcèlement) sont désormais désignées comme un problème à résoudre durant toute la scolarité obligatoire ». Il précise : « pour la première fois, dans le cadre du « programme d’enseignement moral et civique » arrêté en juin 2015, elles font partie du programme d’enseignement des cycles 2, 3 et 4 (du cours préparatoire à la classe de troisième), en continu ».


Enseignement catholique

Marie-Estelle Pech, pour Le Figaro, nous apprend que « l’enseignement catholique a décidé cet été de se saisir de la question de la laïcité à sa façon, celle qui respecte son "caractère propre". Le comité national de l’enseignement catholique a adopté en juillet un texte intitulé "Projet éducatif et éthique républicaine" pour faire contrepoint à la charte de la laïcité affichée dans les établissements publics depuis deux ans. Ce dernier constitue "l’une des contributions importantes de l’enseignement catholique à la mobilisation en faveur des valeurs de la République depuis les attentats de janvier 2015", explique-t-on au secrétariat général de l’enseignement catholique ».

Denis Peiron signait hier un article pour La Croix dans lequel on pouvait lire ceci : « l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre (Apel) est désormais engagée dans des établissements catholiques dispensant des formations du supérieur ».« En complément des associations étudiantes, elle s’investit dans l’orientation, l’insertion professionnelle et l’aide au logement ».

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L’APEL investit l’enseignement catholique supérieur par JiMo

Enseignement supérieur

« Avoir son bac, la fin des galères avant la fac ? Pas vraiment. Comme l’a rappelé Yann Barthès dans la nouvelle formule du Petit Journal, lundi 7 septembre 2015 sur Canal Plus, près de 8000 bacheliers sont toujours sans fac, alors même que le code de l’Éducation Nationale garantit l’accès en fac pour tous les lycéens qui ont décroché leur bac. En cause ? Des facs de plus en plus nombreuses à sélectionner les étudiants sur dossiers et sur critères... en tout illégalité ». Le site Purebreak.com cite, de plus, l’intervention d’un jeune bachelier sans fac auquel Yann Barthès a donné la parole : « Adrien n’a eu que des refus et ne sait toujours pas dans quelle université il sera cette année. Sur le plateau, il en a profité pour passer un message à Najat Vallaud Belkacem : Est-ce que je perds un an ou est-ce que j’accepte une filière qui ne correspond pas du tout à mes envies ? ».

Rappelons « qu’il existe une quatrième phase d’inscription, baptisée « procédure complémentaire », qui permet [aux lycéens] de formuler douze vœux supplémentaires, entre le 26 juin et le 15 septembre. En cas d’échec, les rectorats analyseront individuellement chacune des demandes pour leur trouver une place au niveau de l’académie ». Caroline Piquet, pour Le Figaro, ficelait, durant l’été, un article assez instructif sur « cette situation qui tend à s’installer depuis deux à trois ans ».

Adrien de Tricornot pour Le Monde, dans son édition réservée aux abonnés, commente les « quarante propositions pour démocratiser l’accès à l’enseignement supérieur » qui figurent « dans le rapport pour la Stratégie nationale de l’enseignement supérieur (StraNES), remis mardi 8 septembre à François Hollande ». La StraNES « se fixe comme objectif de franchir une étape significative dans la démocratisation de l’enseignement supérieur. Excluant en principe la sélection, elle fait néanmoins le pari d’une orientation renforcée, et parfois contraignante ».

Camille Stromboni de L’Etudiant.fr indique, sur le même sujet, que « la StraNES écarte toute augmentation des droits d’inscription » tout en précisant : « si l’augmentation de droits d’inscription est écartée, les rapporteurs défendent un investissement plus fort de l’État dans l’enseignement supérieur, mais également un financement des entreprises ». Le lien vers le rapport de la StraNES est disponible en bas de l’article de Camille Stromboni. On y trouve notamment « plusieurs propositions sur la question de l’orientation des bacheliers dans l’enseignement supérieur. Le rapport défend la mise en place de "comités d’orientation dans le supérieur", qui réuniraient l’ensemble des acteurs des différentes filières d’enseignement supérieur public pour accompagner le lycéen dans le choix de sa poursuite d’études ». Bertrand Monthubert, l’un des rapporteurs précise : « Les bacheliers ont un droit d’accès à l’enseignement supérieur, mais ce droit doit être porté par l’ensemble des filières publiques, et non pas seulement par l’université. Ce qui nécessite une organisation permettant à chacun de prendre ses responsabilités »


Le numérique à l’école et dans l’enseignement supérieur

Morgane Taquet, toujours pour l’Etudiant.fr et Educpros.fr décortique elle-aussi ce rapport de la StraNES et aborde la stratégie de développement de la pédagogie numérique préconisée par les auteurs.

Dans l’expresso du jour de nos voisins du Café pédagogique, on pouvait lire à propos du numérique à l’Ecole : « Que va devenir l’éducation dans une société numérique ?" La question est posée par la revue Administration & Education (2015/2) dans un numéro piloté par Marie-Françoise Crouzier et Michel Reverchon Billot. Il convoque de nombreux spécialistes pour tenter de concevoir l’impact sur l’Ecole de ce qui est bien perçu comme un phénomène global. Il ne s’agira pas de faire "la même chose autrement mais autre chose autrement" comme le marquent plusieurs auteurs. L’éducation sera-t-elle meilleure, mieux adaptée aux élèves ? Plus que l’évolution structurelle liée au numérique, qui était au centre du livre de Davidenkoff, plus que les inégalités sociales, qui sont le défi numéro 1 de l’école, l’ouvrage s’attache aux impacts éthiques de l’irruption numérique. Il invite à construire un humanisme numérique ».

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l’enseignement numérique par Geneviève Brassaud

Insolite ou étonnant

« Un ouvrage primé et encensé par la critique est soudainement interdit après deux ans de diffusion. Cru et réaliste, il évoque notamment le sexe, la drogue et le racisme ». Thomas Laborde pour Libération.fr, décrypte cette curieuse histoire de censure en Nouvelle-Zélande. Dans l’article, on peut lire que « s’il est toujours légal de posséder le livre, il est strictement interdit de le vendre ou le distribuer. Un libraire qui continue de vendre "Into the River" se retrouvera sous l’eau, exposé à une amende allant jusqu’à 10 000 dollars néo-zélandais, soit 5 600 euros. Un particulier, lui, a le droit de posséder le bouquin mais il lui est interdit de le diffuser. Il risquerait le cas échéant, 3000 dollars d’amende (1680 euros) ». J’ai soudain une furieuse envie de me procurer ce bouquin ... Pas vous ?

Dans les infos un peu étranges, j’ai aussi relevé cette façon très originale d’excuser les retards des élèves à Armentières. Les faits sont rapportés par Ouest-France : « Murat, patron d’un kebab d’Armentières, est devenu une star du web en rédigeant un mot d’excuse à chacun des élèves qu’il avait servi avec beaucoup de retard. Il avait sûrement oublié l’affluence des jours de rentrée. Murat, propriétaire d’un kebab situé près de deux lycées d’Armentières (Nord), s’est donc laissé déborder, vendredi, par des hordes de lycéens affamés. Alors afin d’éviter à sa jeune clientèle de se faire sanctionner pour son retour tardif en classe, le restaurateur a gentiment rédigé un mot d’excuse à chacun des lycéens concernés ». J’ose à peine imaginer la tête des CPE et des assistants d’éducation destinataires des mots d’excuse.


Merci aux petites mains qui remplissent le nid d’actus et à nos deux dessinateurs JiMo et Geneviève Brassaud.
Demain vous retrouverez Bernard Desclaux aux commandes de la revue de presse.

Pascal Thomas


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Quelle pédagogie dans le supérieur ?
Hors-série n°25 - avril 2012
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.

Dans ce numéro, des témoignages, des articles de fond, des comptes rendus d’expériences, des « coups de gueule », qui dessinent un panorama de l’enseignement supérieur et ouvrent à la réflexion et à la discussion : comment améliorer la pédagogie universitaire ?

Le lycée, entre collège et supérieur
Revue n° 493 - décembre 2011

Comment transformer le collégien en lycéen ? Accompagner la démarche d’orientation et le projet de l’élève, pour préparer à l’enseignement supérieur ? Comment les enseignants se débrouillent-ils pour prendre en compte dans leur pratique ce nouveau positionnement du lycée ?