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La revue de presse du lundi 4 mai 2015

Réforme - Programmes - Métier


En dehors des polémiques sur la réforme et les programmes (d’histoire notamment), l’actualité éducative est plutôt maigre.


Réforme

Hier, la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem était l’invitée du 12/13 de France3. Entre autres sujets, elle a défendu la réforme du collège, attaquée de tous côtés. Attaquée notamment par Marine Le Pen qui reproche à l’école de ne pas enseigner le "roman national" de l’histoire de France. Rappelons à Mme Le Pen que l’histoire est une science, pas une fiction. La ministre a défendu sa réforme au nom de la défense de l’égalité de tous les élèves.

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"L’histoire par les Le Pen" par JiMo

Cela s’est prolongé hier soir par la publication, via le compte twitter de la ministre, d’une infographie "désintox" sur la réforme.
Et cela continue aujourd’hui sur le site du Monde.fr avec un long plaidoyer pour la réforme.. Mais pourquoi encore cette erreur sur les anciens programmes d’histoire qui ne seraient pas chronologiques ?

Lionel Jeanjeau défend lui aussi la réforme sur son blog, revenant sur les polémiques et les contre-vérités présents dans les médias. A ce sujet, je vous rappelle l’excellent bloc-notes de Philippe Watrelot de samedi. Et aujourd’hui une tribune sur le site des Cahiers de Florence Castincaud. On peut aussi lire avec intérêt les articles d’Aurélie Gascon sur son blog.

Hier, dans Slate, Louise Tourret est revenu sur le sujet, se posant la question de l’interdisciplinarité. "Cette interdisciplinarité, les experts sont contre. Mais le débat sur l’éducation ne se nourrit pas de faits objectifs ni d’études : il se nourrit d’opinions et d’idéologie." Elle s’appuie sur les travaux d’Elisabeth Bautier : « Ce que nous avons observé, depuis quelques années, c’est que les meilleurs élèves tirent un avantage supplémentaire de ce genre de dispositif. Les entrées par thème favorisent les élèves qui savent construire un texte ou une réflexion en cherchant dans différents domaines. Ils naviguent entre les savoirs. C’est une tâche sophistiquée qui laisse les plus faibles sur le bord de la route. Avec la généralisation de telles méthodes les écarts vont se creuser. » Remarquons cependant que d’autres études disent l’inverse, notamment une étude de l’UNESCO, une autre de l’IFE. Difficile dans ces conditions pour le professeur de base (que je suis) de savoir quoi en penser...

Les polémiques naissent dès que l’on cherche à réformer l’école. Claude Lelièvre revient dans le Café pédagogique sur celles qui ont présidé à la réforme Haby qui a créé le collège unique. "Ainsi, le professeur de lettres de Valéry Giscard d’Estaing en classe de troisième – Paul Guth – s’est joint au concert des invectives et des condamnations sans appel dans une « Lettre ouverte aux futurs illettrés » parue en 1980. Il accuse la réforme de « génocide intellectuel et moral », de « lavage de cerveau » première étape d’une « guerre psychologique » qui tend à faire de la France une nation de « taupes amnésiques »."


Programmes

Tous les intellectuels n’ayant pas donné leur avis sur les programmes d’histoire, c’était le tour ce week end de Pierre Nora et Mazarine Pingeot.
Mazarine Pingeot dans Polis, souhaite le retour de l’autorité et du respect. "L’autorité, la discipline et l’exigence doivent être des valeurs de gauche, celle d’un humanisme républicain, qui met au cœur de ses réformes éducatives le respect de « l’élève », en tant qu’élève, et non en tant que noir, blanc, arabe, musulman, juif, catholique, bouddhiste, et que sais-je. C’est ce qu’on appelle l’égalité."
Pierre Nora s’exprime dans LeJDD. Notons que, comme tant d’autres, il s’exprime en s’appuyant sur les déclarations de ses prédécesseurs, affirmant que les programmes rétablissent la chronologie, chronologie qui n’a pourtant jamais disparu.
Erreur que l’on retrouve chez le président de l’APHG Bruno Benoit interviewé par VousNousIls. C’est inquiétant que même le président d’une association censée représenter les professeurs d’histoire ne connaisse pas les programmes actuels du collège. Bruno Benoit remet en cause l’interdisciplinarité et voudrait plus d’heure pour l’histoire.

Henri Rousso, lui, a lu ces programmes. Ce qui lui permet de faire une excellente analyse de la polémique actuelle et des nouveaux programmes dans Huffintonpost. "Et le plus inquiétant, c’est que les professeurs des écoles, collèges ou lycées se retrouvent, un peu comme dans les années trente, les boucs émissaires d’une crise (ou d’une mutation) de l’identité nationale française. Comme si dans l’esprit des contempteurs des programmes, les sentiments d’appartenance à une nation, à un territoire, à une religion ou à une culture pouvaient, devaient se décréter. Comme si l’école ne devait pas être à la fois le lieu d’un apprentissage de l’intégration sociale et culturelle et celui d’un apprentissage de la liberté et de la diversité. C’était pourtant, me semble-t-il, le sens originel de l’école républicaine, objet aujourd’hui de toutes les nostalgies, y compris les plus hypocrites." Merci M. Rousso.

Pour changer, parlons des nouveaux programmes de français. Le Café pédagogique interviewe Jean-Michel Zakhartchouk qui a piloté le groupe de travail. Il explique comment ils ont travaillé et répond aux critiques. "On nous reproche, semble-t-il, de ne pas avoir donné une liste d’œuvres, de ne plus suivre strictement l’ordre chronologique, de nous éloigner d’une culture littéraire pure et dure. En fait, nous redonnons une place majeure à la littérature." "Nous n’avons pas malgré quelques hésitations, voulu donner une liste d’auteurs, les enseignants de français étant capables de l’établir ; d’autant qu’une grande diversité reste possible dès lors qu’on n’oublie pas les incontournables comme La Fontaine ou Hugo. L’ordre chronologique apparaissait souvent comme un carcan."


Le métier

La circulaire sur les "missions et obligations réglementaires de service des enseignants" du second degré est publiée au Bulletin officiel du 30 avril. Le Café pédagogique rappelle ses principes. Un autre article fait le point sur les missions particulières des enseignants. Remarquons que certains points ne sont pas réglés, notamment les heures de vie de classe et les activités à responsabilité académique.

Géraldine Duboz. Demain vous retrouverez Guillaume Caron.


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 521 - Croiser des disciplines, partager des savoirs
Coordonné par Francis Blanquart et Céline Walkowiak
avril 2015

Les pratiques communes, croisées, mises en synergie et en résonance, aident-elles les élèves à entrer dans la complexité des savoirs scolaires et dans les différentes cultures à construire à l’école ? Ce dossier montre à travers différentes pratiques de dispositifs comment entrer dans l’interdisciplinarité sans sacrifier aucunement les disciplines.

Mieux apprendre avec la coopération
Revue n°505 - mai 2013

Lorsque deux enfants, deux élèves ou deux adultes coopèrent, ils apprennent au travers des échanges. En même temps, ils se construisent des valeurs humanistes telles que la solidarité, le partage, le respect. Des témoignages pédagogiques, des repères précis pour oser l’aventure, dépasser les embuches.