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La revue de presse du lundi 08 février 2016

Orthographe (suite) - Apprentissage (suite) - Enseignement supérieur - Alertes à la bombe


Pour cette revue du jour, je vous propose de revenir (un tout petit peu) sur la polémique de l’orthographe mais aussi sur l’apprentissage à 14 ans, puis de continuer avec quelques nouvelles de l’enseignement supérieur et de conclure avec des alertes à la bombe dans les établissements scolaires.


Orthographe

Le « taulier » de la revue de presse, Philippe Watrelot, est largement revenu, dans son bloc-note, sur ce marronnier de l’évolution de la langue et de l’orthographe. Sur la toile et dans quelques médias, on trouve encore quelques articles sur le sujet.

Marie-Hélène Drivaud, lexicographe et directrice éditoriale du dictionnaire Le Robert, interrogée vendredi 5 février par Benoît Rouzaud pour La Dépêche déclare : « Trop d’exceptions, ce n’est pas souhaitable ». A la question du « charme » de ces exceptions ; elle répond : « Passer des heures et des heures à apprendre par cœur ces particularités, je ne vois pas de charme à cela. Jadis, on s’entraînait pour d’exigeants concours de dictée. Il fallait en baver parce que les générations précédentes avaient également souffert lors de cet apprentissage. Mais aujourd’hui, les enfants ont tellement de choses à apprendre dans différents domaines qu’on pourrait leur épargner certaines subtilités. »

De son côté, La Croix a retrouvé « les entretiens de deux célèbres linguistiques (aujourd’hui disparues) Nina Catach et Josette Rey. Elles faisaient partie du comité d’experts chargé de l’établissement de ce rapport sur les rectifications de l’orthographe française, commandé en 1989 par Michel Rocard, et dont l’application fait toujours polémique ». Preuve s’il en fallait que certaines polémiques ne demandent qu’à être relancées.

Toujours pour La Croix, mais dans son édition « papier », Emmanuelle Réju recueille les propos de Jean Pruvost, Professeur en sciences du langage, auteur du Dico des dictionnaires (Éd. Lattès). L’article est intéressant et permet de replacer cette histoire d’orthographe dans son contexte ... historique. Je vous en livre un court extrait : « Écrire sans fautes, c’est le défi de toute une vie, un formidable moteur d’effort sur soi-même ». Je ne suis pas loin de penser exactement la même chose.

Pour en savoir plus sur cette « mini-réforme orthographique », je vous conseille la lecture du toujours très pointu Claude Lelièvre sur son blog hébergé par Educpro.fr.

Pour clore (temporairement, c’est évident) ce sujet essentiel, je vous propose de lire le billet de Florence Castincaud sur le site des Cahiers Pédagogiques : elle y illustre bien tout le ridicule de cette polémique.


Apprentissage à 14 ans

Non, non, ça ne passe décidément pas ! L’apprentissage à 14 ans (proposition de personnes qui le plus souvent n’ont pas vu un ado de cet âge depuis bien longtemps) continue d’alimenter différents débats.

La Fédération des Conseils des Parents d’Élèves (FCPE) « s’oppose fermement à ce que l’apprentissage puisse commencer dès 14 ans tel que le préconise Christian Estrosi pour « relancer » l’emploi en France. La FCPE milite pour que tous les enfants de la République aient accès à une culture commune et que toutes les classes d’âge puissent valider le socle commun de compétences et de connaissances : travailler à 14 ans ne le permet pas ! Les dispositions qui ont été prises par le passé en la matière (pré-apprentissage) ont démontré leur inefficacité tant pour lutter contre le décrochage scolaire qu’en matière d’insertion professionnelle ».

Et pour enfoncer le clou, Olivier Le Creurer de France 3 se fait l’écho du rejet par les députés de la proposition de Christian Estrosi.


Enseignement supérieur

Le harcèlement à l’université est un phénomène dont on parle de plus en plus.

Le Monde y consacrait en décembre un article instructif dans lequel on pouvait lire : « Un certain nombre d’indicateurs montrent cependant que le harcèlement sexuel n’est pas un phénomène marginal. Nous recevons beaucoup de témoignages de personnes harcelées à l’université, même si nous avons du mal à les quantifier, car nous ne suivons pas les dossiers d’un bout à l’autre. Il est frappant de voir que quand une victime parle, cela déclenche une réaction en chaîne : tout le monde se met à parler et donc tout le monde savait. Ces pratiques font partie de la vie courante à l’université et ne sont presque jamais dénoncées. »

The Conversation nous propose « un cas concret et des questions sur la responsabilité organisationnelle » à propos du harcèlement à l’université. L’analyse des facteurs qui favorisent ce harcèlement est pertinente et pose la question : « quels sont les moyens organisationnels nécessaires visant à limiter l’inertie, l’autisme institutionnel et à protéger les étudiants, comme la mise à disposition d’un numéro d’appel et d’écoute, la création d’une fonction de « défenseur » des étudiants qui constituerait l’interlocuteur privilégié des victimes et la structuration d’un comité d’éthique chargé d’organiser le traitement de ces questions et de ces cas ». « Le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a diffusé largement un guide pratique : Le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur et la recherche ».

Dans un tout autre registre, vendredi, sur le site Village-justice.com, on pouvait lire que « le Conservatoire National des Arts et des Métiers (CNAM) organisait en janvier 2016 un passionnant colloque sur le thème "Enseignement et formation en ligne des professionnels du droit : vers une profonde mutation des études de droit ?" ». Lors de ce colloque, il s’agissait de répondre aux questions suivantes : « Quelles sont les diverses pratiques innovantes d’enseignement et comment construire un enseignement en ligne ? Ces enseignements incorporent-ils les nouvelles pratiques professionnelles des juristes, qui utilisent déjà les technologies de l’information et de la communication (Tic) dans la recherche des informations juridiques en ligne ou le contentieux ? » La vidéo en fin d’article est intéressante et vaut le visionnage.


Alertes à la bombe

Ces dernières semaines, il ne vous aura pas échappé que des abrutis déclenchaient des alertes à la bombe dans les établissements scolaires.

L’Express nous apprend ce jour que Le lycée Raoul Follereau de Belfort puis le collège de Montreux-Château en début d’après-midi ont a dû être évacués après des alertes à la bombe à la suite d’appels malveillants. Ce qui a retenu mon attention c’est qu’un jeune « homme a été interpellé à Dijon » dans le cadre de l’enquête concernant ces appels malveillants (comme le relaient aujourd’hui plusieurs sites dont l’Express).

Le jeune en question est pleinement conscient de sa connerie puisque « les enquêteurs sont remontés [à lui] grâce à son adresse IP (le numéro d’identité de son ordinateur). Celui-ci est suspecté d’avoir rendu anonyme les appels. En effet, les coups de fil anonyme étaient localisés dans un premier temps aux Etats-Unis en raison d’une fausse domiciliation. Du matériel informatique a d’ailleurs été saisi ». Il aura du mal à prétendre le contraire.

Espérons que cette interpellation dissuade d’autres guignols dans son genre de faire pareil.


Ah et puis j’allais oublier l’info principale : C’est les vacances ! ... pour la zone B. Pour les autres zones, il faudra patienter encore un peu. On pourra tenter de se consoler en pensant à un découpage des vacances qui correspondrait enfin aux rythmes des enfants. On a toujours le droit de rêver : c’est gratuit et ça ne fait de tort à personne !

Demain, c’est Super Bernard Desclaux qui devrait vous livrer la revue de presse.

Pascal Thomas


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Neurosciences et pédagogie

Revue n°527 - février 2016
Les neurosciences provoquent des polémiques. Pour certains, elles représentent une menace pour une vision humaniste de la pédagogie. Pour d’autres, elles produisent des résultats évaluables qui feraient office de preuves. Est-on condamné à cette logique binaire ?

Inclure tous les élèves
Revue n°526 - janvier 2016
Pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, l’écart est parfois grand entre ce qui est prescrit et la réalité de leur scolarisation. Ce dossier vise à en pointer les freins et à proposer des leviers à même de faire vivre l’école inclusive refondée.