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La revue de presse du jeudi 23 avril 2015

Reforme - Programmes - Socle - Trucs en plus


L’actualité du jour tourne, toujours et encore, autour de la réforme du collège et des nouveaux programmes. Le socle nouveau est arrivé au bulletin officiel et fera probablement l’objet de critiques à son tour. Enfin, pour conclure la revue, je vous propose quelques petites bricoles relevées sur la toile.


Réforme

Plus le temps passe, plus je me dis que réformer l’Éducation Nationale relève de la "mission impossible". Je ne parle pas spécialement de la dernière réforme du collège d’ailleurs. Il suffit de se pencher sur les tentatives successives des différents ministres. Pourtant et c’est paradoxal, personne (ne parlons pas des quelques illuminés qui font exception) ne remet en cause la nécessité de réformer un système qui creuse des inégalités et qui ne parvient pas à enrayer le décrochage.

Quoi qu’il en soit, la réforme du collège continue d’alimenter les débats sur la toile.
Ainsi sur le site du Figaro, on peut lire que "la grogne contre les nouveaux programmes s’étend". Une fois encore, c’est par l’entrée de l’enseignement des langues vivantes (ou anciennes et même régionales) que la grogne se propage.
Marie-Estelle Pech rappelle que "si la crainte d’un affaiblissement du latin a rapidement fait son apparition, ce sont aujourd’hui les professeurs des langues vivantes qui s’inquiètent, ceux d’allemand en premier lieu, une préoccupation relayée par l’ex-premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien professeur d’allemand". Elle ajoute que "Najat Vallaud-Belkacem n’a pu faire l’économie de recevoir l’ambassadrice d’Allemagne lundi soir. Sans réussir à convaincre cette dernière du bien-fondé de ses choix". Marie-Estelle Pech passe ensuite en revue les autres points de friction suscités par la réforme.

Toujours à propos de cette délicate question de l’enseignement des langues, on apprend sur Francetvinfo que "le Parti Occitan (autonomiste et écologiste de gauche) reproche à la réforme des collèges d’avoir complètement oublié l’enseignement des langues régionales et de l’occitan en particulier. Au ministère, on rétorque au contraire que la réforme impacte positivement les langues régionales". La même information est d’ailleurs relayée par Tahiti-infos.

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Réclamations contre la réforme du collège, par JiMo

Programmes

Là encore, nombreux sont ceux qui déclaraient il n’y a pas si longtemps que les programmes n’étaient pas adaptés. La réforme repose en partie sur une réécriture de ces fameux programmes et forcément, comme on pouvait s’y attendre, les détracteurs (qui à défaut de se faire attendre) se font entendre.

Les arguments sont divers. Certains pinaillent sur le jargon employé pour certaines disciplines, notamment l’éducation physique et sportive (EPS). J’avoue que ça me soûle aussi ce vocabulaire des sciences de l’éducation. Les plus anciens se souviendront du "fameux référentiel bondissant" pour décrire un ballon ... (Merci au passage à Emilie Kochert pour m’avoir appris que cette histoire du référentiel bondissant était un mythe). Mais quand même, est-ce là le plus important ? Avant de se préoccuper de la forme, ne ferait-on pas mieux de s’intéresser aux contenus ?
Sur le site du Monde, on lira à propos du "jargon" employé : "là où vous diriez « les élèves apprennent à nager », les projets de nouveaux programmes scolaires fixent pour objectif de « traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête » dans un « milieu aquatique profond standardisé »". L’article revient sur la colère des professeurs d’EPS face aux moqueries relayées par différents médias sur les termes employés pour décrire les activités. Ainsi, "Le Snep-FSU pointe « une forme de condescendance et d’ignorance bienséante lorsqu’il s’agit d’EPS et de sport à l’école. Un enseignement se préoccupant du corps (donc considéré comme de bas niveau intellectuel ?) devrait forcément s’écrire dans un langage trivial et non se théoriser », regrette-t-il, avant de justifier les formulations retenues". On pourra s’amuser de la prise de position de la FSU en faveur du jargon employé alors que jusqu’à présent, c’est l’un des syndicats les plus opposés à la réforme (toutes catégories de personnels confondues).
Najat Vallaud-Belkacem a indiqué qu’elle souhaitait "que les programmes soient lisibles par tous et donc écrits dans une langue que tout le monde peut comprendre".

Sur le même sujet, sur le site du Point, Marie-Sandrine Sgherri donne les mêmes informations. Cependant, à propos de l’EPS, à la fin de l’article, elle fait part d’une autre position syndicale : celle de l’UNSA qui déplore "une disparition des compétences méthodologiques et sociales et le retour à une approche purement motrice. Pour le syndicat, l’enseignement centré sur la performance sportive plutôt que sur une éducation physique pour tous mettra en échec les jeunes qui ne sont pas sportifs, les jeunes en surpoids ou les jeunes en situation de handicap".

Toujours à propos des programmes plusieurs critiques émergent et concernent l’enseignement de l’histoire. Louis Manaranche, agrégé d’histoire et président du laboratoire d’idées "Fonder demain" estime dans une tribune pour le Figaro que "les nouveaux programmes privilégient la balade thématique à un enseignement continu et logique de l’histoire". (Il y a une très jolie faute d’orthographe sur le site ...). L’auteur précise : "éclater l’enseignement de l’histoire en une myriade de rapides incursions ici ou là, c’est empêcher que l’on rentre dans l’intelligence d’une époque, condition préalable à l’exercice de l’esprit critique".
Dans une autre tribune, sur le même site, Madeleine Bazin de Jessey, agrégée de lettres classiques, secrétaire nationale en charge des programmes de formation à l’UMP, "s’interroge sur la pertinence des nouveaux programmes d’histoire et craint que ces derniers n’enferment les élèves dans une logique de repentance". Elle déplore que "l’étude de l’Islam" devienne "obligatoire", "mais celle du christianisme médiéval facultative - Elle ajoute : "ceux qui choisiront de l’enseigner devront le faire uniquement sous l’angle de l’ « emprise de l’Eglise sur les mentalités rurales ». Dans une société en mal d’intégration et de cohésion nationale, on ne manquera pas de s’étonner d’une curiosité si grande pour les religions venues d’ailleurs, et d’une révulsion si manifeste pour nos racines judéo-chrétiennes". Certains arguments supposent que les enseignants d’histoire ne sont pas en mesure de concevoir et d’organiser leurs progressions comme ils l’entendent. Ce qui, bien entendu, n’est pas le cas. D’autant que, pour le coup, les nouveaux programmes permettent une liberté pédagogique accrue.
Enfin, je laisse le soin, à celles et ceux que ça intéresse, de lire les commentaires, en bas de page, dans lesquels certains "décomplexés" affirment que les choix du contenu des programmes en ce qui concerne l’Islam ne sont que le résultat de la double nationalité de la ministre.

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La réforme, toujours, par Geneviève Brassaud

Socle

Histoire d’en remettre une couche : le socle nouveau est paru au bulletin officiel.
Il "entre en vigueur à compter de la rentrée scolaire de septembre 2016".
Je n’entre pas dans le détail. La bonne nouvelle, c’est que plusieurs formats sont disponibles (en ligne, PDF mais aussi au format DOCX ou ODT). C’est pratique pour travailler.


Trucs en plus

Une autre réforme est en cours : celle qui concerne les territoires. Sur le site de l’Esen, on peut lire que "neuf recteurs coordonnateurs sont désignés dans les sept nouvelles régions (respectivement les recteurs de Nancy-Metz, Bordeaux, Lyon, Besançon, Toulouse, Caen, Lille) ainsi que dans les régions d’Ile-de-France et de Provence-Alpes-Côte-d’Azur (recteurs des académies de Paris et d’Aix-Marseille). Chacun d’entre eux mène, en lien avec le préfet préfigurateur et les autres recteurs concernés, la concertation avec les organisations syndicales pour élaborer un projet d’organisation inter-académique, pouvant aller de dispositifs de coopération renforcée à une intégration conduisant à une fusion d’académies. Ces projets de convergence sans alignement sur les nouvelles régions feront également l’objet de décisions en juillet 2015". Plus d’infos sont disponibles sur le site du ministère.

Parmi les brèves, Bernard Desclaux a relevé celle de La Nouvelle République qui nous apprend que 5 centres d’information et d’orientation (CIO) vont être fermés dans la Vienne. Plusieurs CIO ont été fermés ces dernières années. Les directeurs de ces établissements et les conseillers d’orientation psychologues sont peu représentés. Ces fermetures ne provoquent donc que peu d’émoi.

Enfin, le site du Ciep nous informe que "la collection complète des numéros de la Revue internationale d’éducation de Sèvres est désormais accessible en ligne sur la plateforme en sciences humaines et sociales OpenEdition revues.org. Un libre accès à ses archives est offert à la communauté des chercheurs, des étudiants, des acteurs de l’éducation, ainsi qu’à tous ceux qui veulent en savoir plus sur l’éducation dans le monde. La mise à disposition de tous les numéros au format numérique conclut un projet commencé il y a quatre ans. Des index détaillés par mots-clés, par pays et par auteurs facilitent les recherches".

Demain c’est Géraldine Duboz qui sera à la manœuvre de la revue de presse.

Pascal Thomas
(et toutes les petites mains qui ont œuvré discrètement dans l’arrière-salle de la revue)


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