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La réforme ou l’immobilisme : il y a d’autres choix !


Les enseignants et leurs syndicats sont pour ne rien changer, les « pédagogistes » veulent perpétuer un système qui a montré son échec (PISA), ce n’est pas ringard que de vouloir revenir aux « fondamentaux » et d’aider les élèves en difficulté. Voilà ce qu’on entend beaucoup en ce moment, dans un brouillage complet qui ne permet guère à la réflexion d’émerger. Les « idées simples », le « bon sens » contre la complexité...
Nous ne laisserons pas piéger. La « réforme », ça ne veut rien dire. Pas plus que l’expression « pédagogiste » ou que les « fondamentaux ».
Dans un beau texte, Le rétablissement de la vérité (Ecrits sur la politique et la société, l’Arche), Bertolt Brecht écrivait : « dans les époques exigeant la tromperie et favorisant l’erreur, le penseur s’efforce de rectifier ce qu’il lit et ce qu’il entend. Phrase après phrase, il substitue la vérité à la contre-vérité. »
Plus que jamais, il est important de se battre pour rompre avec la rhétorique populiste d’un côté et la langue de bois qu’elle peut susciter en réaction. Oui, nous sommes pour les changements en profondeur ; non, nous ne sommes nullement « conservateurs », bien au contraire ! Oui, nous appelons à une autre école, plus efficace, plus juste. Mais justement celle qu’on nous propose, fondée sur la concurrence, sur une évaluation superficielle et à trop court terme, sur des idées simplistes, ne permettra nullement des progrès.
Prenons un sujet comme l’orientation, thème du récent dossier des Cahiers pédagogiques. On ne peut se contenter de l’existant, il faut que l’orientation soit davantage l’affaire de tous, qu’elle fonctionne mieux. Mais cela ne passe par la liquidation du système actuel et par une soumission sans réserve au monde de l’entreprise. Mais il est tellement plus simple de rester à la logique binaire : ou on ne change rien ou on abandonne des acquis importants, illustrés dans ce dossier par le travail fructueux de nombre de CIO par exemple.
Plus que jamais, en cette période de célébration de l’anniversaire de mai 68, il est essentiel de mettre « l’imagination au pouvoir ». Ne serait-ce d’ailleurs qu’en retrouvant l’esprit de vrais réformateurs de l’école, avant et après mai, dont on peut lire les écrits, parfois étonnants d’actualité, dans notre hors série numérique. On est loin, bien loin de cette école qui sent le rance et le frelaté qu’on veut rétablir et qui accentuera l’échec et les inégalités. Et si on veut réfléchir aux vraies marches en avant, pourquoi ne pas venir dans le Doubs cet été, aux Rencontres du CRAP ?!