Accueil > L’actualité vue par le CRAP > L’actualité éducative > Éditorial > La ligne de crête


Éditorial du n° 557 - L’autorité éducative

La ligne de crête

Cécile Blanchard

28 novembre 2019

J’ai vécu en moins de deux semaines deux moments forts et collectifs, pleins d’enseignants et d’enseignements, pendant la Biennale internationale de l’éducation nouvelle et l’assemblée générale du CRAP-Cahiers pédagogiques. Tables rondes, débats, ateliers, conférences, on y rencontre et écoute beaucoup de gens et on y prend le risque de dire ce qui nous tient à cœur.

Le collectif, ça réchauffe et ça conforte. La fréquentation sur plusieurs jours de dizaines de personnes, différentes mais avec lesquelles on partage valeurs, convictions, analyses, fait du bien à l’âme. Un moment de rassurance nécessaire et réconfortant en ces temps de perte de repères politiques, de doutes, de tensions sociales, voire de souffrance au travail.

Et pourtant, le collectif, ça questionne et ça bouscule. Parce que, c’est une évidence, partager des valeurs sur l’essentiel ne veut pas dire être d’accord sur tout. Avec cette interrogation fondamentale : peut-on être d’accord sur tant de choses, et pourtant connaitre des désaccords profonds, parfois même irréconciliables, sur tel ou tel sujet ? Un tel collectif, on y affute son esprit critique, précisément parce qu’on est d’accord sur l’essentiel, en confiance, et qu’on peut, alors, s’aventurer hors des convictions communes pour dire, ou entendre les autres dire, ce qui fâche ou sépare, ce qui dérange. Et y trouver aussi des choses à prendre, matière à nourrir sa propre réflexion et finalement, ses pratiques.

Alors, d’un «  collectif  » perçu comme source de réunions fastidieuses et perte de temps on peut aussi passer à la chance d’un échange et un partage d’idées, de solutions et d’exemples à s’approprier plus qu’à suivre.

Sur la ligne de crête, lors de l’assemblée générale du CRAP-Cahiers pédagogiques, nous nous sommes précisément interpellés sur le rôle de notre collectif, entre groupe de soutien face à la souffrance, groupe de lutte contre la société et la politique telles qu’elles vont, groupe d’impulsion pour sortir de la morosité et trouver du positif. Avec plus ou moins de l’un ou de l’autre selon les moments et les personnes. Un groupe précieux, en tout cas.

Il faut prendre soin des collectifs pour qu’ils prennent soin des individus !

Sur la librairie

 

L’autorité éducative
Dans une société dominée par l’individualisme et l’immédiateté, dans une école affectée par la contestation des savoirs, l’exercice de l’autorité est mis à l’épreuve. Comment tenir le cadre nécessaire à des apprentissages exigeants et instaurer une relation d’autorité qui émancipe ?

Voir le sommaire et les articles en ligne