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La fragmentation des systèmes scolaires nationaux

Revue internationale d’éducation, n° 76, décembre 2017

16 mars 2018

La revue du CIEP a confié à deux sociologues, Anne Barrère et Bernard Delvaux, un dossier très prospectif, qui va au-delà d’un état des lieux sur ce que sont aujourd’hui la plupart des systèmes scolaires dans le monde. Un phénomène domine : la fragmentation. Celle-ci se manifeste de deux manières : une différenciation croissante de l’offre scolaire à l’intérieur de chaque pays et la création de réseaux internationaux d’écoles de natures très diverses. Marie-Laure Viaud par exemple analyse le cas Montessori : 22 000 écoles dans le monde, une progression constante, mais aussi un grand écart entre des établissement hyperélitistes fort coûteux et d’autres au service des plus défavorisés (qui peuvent en France travailler avec ATD Quart monde).

Parmi les articles, notons celui sur la territorialisation des politiques en France de Daniel Franji qui étudie deux réformes importantes du précédent quinquennat : celle de l’éducation prioritaire (qui est ici valorisée) et celle des rythmes scolaires, jugée plutôt sévèrement (injustement ?).

La fragmentation touche en tout cas les systèmes que l’on pensait les plus unifiés et centralisés, et traverse les clivages public/privé. On voit dans le cas du Sénégal une forte différenciation à l’intérieur même des écoles confessionnelles. Les cas des écoles privées scandinaves (à vrai dire fort minoritaires) et des évolutions en cours ou souhaitées en Corée du Sud sont également à lire pour dépasser les idées reçues. A lire aussi la contribution sur l’évolution du bac international.

Quelle va être le scénario d’avenir pour les deux coordonnateurs ? Le plus probable est sans doute une extension de la fragmentation, mais un scénario plus optimiste existe, qui nécessiterait de réfléchir davantage aux finalités d’un système qui doit alors s’élargir à l’éducatif et dépasser la forme scolaire. Et nos deux chercheurs d’interpeller leurs collègues, les invitant à s’intéresser davantage à ces questions au lieu de rester trop dans le technicisme.
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Jean-Michel Zakhartchouk