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Actualité de janvier 2004

La formation tout au long de la vie : faux consensus et vrais défis

11e « Journée du Sénat » - Mardi 3 février 2004

13 janvier 2004

La 11e « Journée du Sénat » d’Éducation & Devenir, organisée en partenariat avec les CEMEA, le CRAP-Cahiers pédagogiques, la FCPE, la PEEP, la Ligue de l’Enseignement, l’AEF aura lieu le mardi 3 février 2004 au Palais du Luxembourg, sur le thème : « La formation tout au long de la vie : faux consensus et vrais défis »

Tous les partenaires sociaux, syndicaux et patronaux, ont signé à l’automne 2003 l’ANI, l’accord national interprofessionnel, qui refonde la formation continue. Tous les parlementaires ont voté, en 2002, la partie du texte de loi « de modernisation sociale » qui créait la VAE, la validation des acquis de l’expérience.

Deux points à propos de ces textes nous obligent à nous interroger. Tout le monde approuve mais les unanimités sont parfois suspectes et personne n’a demandé leur avis aux acteurs de la formation initiale. D’ailleurs ni Luc Ferry ni son prédécesseur Jack Lang n’ont publié le moindre communiqué. Or les deux dispositifs « impactent », comme on le dit vilainement, l’École.

Dominique de Calan, délégué général adjoint de l’UIMM (union des industries et des métiers de la métallurgie), juge cet accord national interprofessionnel « révolutionnaire », notamment parce qu’il consacre le fait que « tout le monde est désormais convaincu qu’on ne peut pas former quelqu’un contre son gré ». L’employeur et le salarié doivent en effet s’entendre sur la formation. Voilà qui pourrait donner des idées aux lycéens.

Accessoirement l’ANI condamne les contrats de qualification, qui ressortissent officiellement à la formation continue, mais qui étaient devenus une voie de formation pour beaucoup de jeunes, et que les GRETA de l’Éducation nationale connaissent bien.

Quant à la VAE, elle induit un renversement de perspective. Un jury peut accorder un diplôme au seul vu d’un CV. Il est vrai que ce n’est pas un CV classique, mais un véritable dossier, dont la constitution est longue. Il n’empêche. Ce n’est plus l’enseignant qui détient le savoir, le transmet (à un groupe classe, un groupe de stagiaires, un amphi d’étudiants), et en contrôle l’acquisition, vérifiant la capacité de chacun à reproduire les termes et les gestes. C’est l’individu qui devient le porteur du savoir qu’il a acquis par des moyens qui lui sont propres. Cela ne remet-il pas en cause à la fois la position du maître et le caractère collectif du savoir ?

Enfin, si l’on peut acquérir un diplôme tout en gagnant sa vie dans une entreprise, certaines universités, certains lycées même, n’ont-ils pas du souci à se faire ?

Pascal Bouchard


Programme prévisionnel

- 9 h 30 : Ouverture, José Fouque, Président d’E & D.
- 10 h : Conférence, Paul Olry, professeur au CNAM
- 11 h : Table ronde et débat avec la salle, animée par Pascal Bouchard avec :

  • M. Aribaud, Chargé de mission sur la VAE au Ministère de l’Éducation nationale,
  • Robert Baron, la ligue de l’enseignement,
  • Bernard Pradat, CEMEA.
  • Deux témoins : Nicole Cruselar, diplômée par validation des acquis de l’expérience, un membre de jury de VAE
  • Dominique de Calan, délégué général adjoint de l’UIMM,
  • Régis Regnault, représentant de la CGT.

- 14 h 15 : Débat entre deux personnalités politiques, animé par Pascal Bouchard. (Personnalités pressenties Marie-Noëlle Lienemann, Parti socialiste et René-Paul Victoria, UMP).
- 15 h 30 : Conférence, Jean-Pierre Boutinet, professeur à l’université catholique de l’ouest. (Sous réserve)
- 16 h 30 : Clôture des travaux, José Fouque.