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L’innovation développe-t-elle des compétences nouvelles ?

Roxane Caty-Leslé, Cardie Lyon

On le sait, l’article 34 reconnait et facilite les innovations dans les établissements ou les écoles. Mais lorsqu’une expérimentation intègre une auto-évaluation accompagnée par les Cardie (centre académique recherche-développement innovation et expérimentation), qu’est-ce que cela apporte ? Pour le préciser, le CRDP de Lyon organisait en mai 2012 une journée de l’innovation prolongeant celle, nationale, qui avait eu lieu les 28 et 29 mars sous l’égide de l’Unesco.

Une fois n’est pas coutume, cette journée s’est ouverte avec trois ateliers : en quoi l’innovation permet-elle de développer les compétences des élèves ? Quels effets a-t-elle sur les compétences des enseignants ? En quoi agit-elle sur les compétences collectives ? « Le fait de programmer les ateliers avant la conférence est intéressant. Il place les participants en situation d’éveil », dira un participant. Des experts, Régis Dupré, IA-IPR (inspecteur académique et inspecteur pédagogique régional) en EPS, Romuald Normand, maitre de conférences et Françoise Clerc, professeure en sciences de l’éducation avaient pour tâche d’engranger ce qui était dit, tout en restant muets. À l’aune de leur expertise, mais aussi comme rapporteurs, ils ont ensuite participé à une table ronde dont voici la teneur.

L’innovation et les compétences

« Innover, c’est aller vers quelque chose qu’on ne connait pas, mais dont on subodore meilleur que ce que l’on connait. L’innovation, c’est le changement de règles dont on n’a pas la maitrise », dira Françoise Clerc. L’innovation dont il était question dans ce forum fut surtout celle de la mise en projet. Le projet ou l’expérimentation permettent de combiner « « un ensemble de compétences individuelles, celles des adultes ou des élèves, pour créer une dynamique et ainsi des compétences collectives qui ne sont pas la somme des compétences individuelles » », dit un participant. « L’innovation doit aussi se comprendre en termes de pilotage, de mise en réseaux, de mutualisation, de partage, avec des lignes directrices cohérentes », ajoute un autre.

Ces compétences collectives ne peuvent être mises en œuvre qu’avec un pilote, qui souvent est le chef d’établissement. « Sans lui rien n’est possible ! Ce ne sont pas les idées qui manquent pour l’innovation, mais plutôt le temps de concertation nécessaire à leur mise en œuvre. » Un pilote est certainement nécessaire, mais « quelque chose de catalyseur doit aussi exister, sinon toutes les compétences individuelles ne suffiront pas. S’il n’y a pas synergie provoquée par un catalyseur extérieur, rien ne se passe ». C’est bien ce rôle de catalyseur que peut tenir un témoin extérieur tel que le Cardie.

Affiches, travaux d’élèves, livres, diaporamas, site internet, vidéos ou témoignages d’élèves : pour que cette journée soit un vrai lieu de témoignages et d’échanges de pratiques, les équipes innovantes, suivies par le Cardie, avaient préparé la présentation de leur expérimentation. Elles l’ont ainsi décrite aux visiteurs, de même que les effets observés sur leurs élèves, sur leurs pratiques enseignantes et sur l’établissement. L’innovation doit-elle être toujours accompagnée ? Il semblerait que ce soit la demande de beaucoup d’entre les enseignants présents ce jour-là. Porte-t-elle des fruits ? Preuve en étaient les travaux présentés et leurs auteurs enthousiastes.

www.cardie-lyon.org