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L’éducation au développement durable : un mercredi du CRAP sous le signe du questionnement

Le 20 janvier 2010 , le CRAP-Cahiers pédagogiques a organisé un après-midi original autour du dossier du numéro 478 de notre revue : « L’éducation au développement durable : comment faire ? »

22 janvier 2010


Une première partie proposait un « débat–théâtral » avec nos amis de Entrées de jeux, la troupe animée par Bernard Grosjean, que nos lecteurs connaissent bien, à travers un an de chronique dans les Cahiers. Les participants étaient amenés à réagir sur le spectacle mettant en scène une famille confrontée aux questions de développement durable, amenées par la jeune fille fraichement convertie à l’écologie et sensible à la dégradation de l’environnement.

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Les comédiens d’Entrées de jeu durant la
représentation de "Ma planète se meurt".

Contradictions et tensions – qui nous traversent tous - étaient ainsi exposées sous une forme concrète d’où n’était pas absent l’humour. Et les spectateurs, quoique avec timidité, ont joué le jeu et apporté leur contribution au débat sur les chemises à un euro de « véritable artisanat local » tadjiko-sino-maldivien ou sur l’opportunité de l’achat d’un moulin à poivre électrique. Des moments jubilatoires, qui n’excluaient pas la réflexion et déjà des questionnements que la table ronde a ensuite amplifiés, bien sûr.
Dans la seconde partie, plusieurs des auteurs du numéro des Cahiers et sa coordonnatrice, Orane Bischoff, étaient invités à s’exprimer lors d’une table ronde animée par Florence Castincaud. On peut renvoyer aux articles écrits par ceux-ci. Mais on notera quelques moments forts de ce débat et surtout les questions qui ont émergé.
Florence Herrero a présenté un travail de sensibilisation du CP au CM, mené par une « maitresse verte » et appuyé sur la mobilisation d’une équipe d’enseignants. Aurélie Zwang-Steiger a évoqué l’impressionnant travail mené à la cité scolaire Bergson (Paris), en montrant notamment comment on pouvait prendre appui sur les compétences du socle commun pour travailler sur le développement durable. Michel Hagnerelle, inspecteur général, a insisté sur l’importance du questionnement, qui doit être l’axe fort du travail sur l’EDD. Les programmes intègrent de plus en plus cette dimension, ce qui en renforce la légimité. Ce sera le cas par exemple en cinquième et seconde en géographie. Tous les élèves doivent avoir une formation aux questions de développement durable. Mais il faut jouer sur le temps long, à l’échelle d’une dizaine d’années. Et donc il faut compter tout autant sur les programmes que sur les politiques d’établissement, l’un n’allant pas sans l’autre si on veut généraliser.
Marie-Laure Guillaumin et Nadia Miri ont évoqué le travail d’Agenda 21 d’écoles parisiennes, en partenariat fructueux avec la Mairie, et elles aussi parlent de « questionnements » et de façons de faire habituelles bousculées.
Yves Girault, avec vivacité et passion, a montré combien l’EDD remettait en cause bien des habitudes. Les enseignants sont mal à l’aise avec des savoirs encore peu stabilisés, et souvent plus médiatiques que scientifiques, où ils en savent à peine plus que les élèves… Il ne faut pas oublier les « valeurs » qui sont derrière les problèmes d’environnement. Yves Girault déplore que les références aux rapports Nord-Sud soient trop rares. Et il souhaite clarifier les différents niveaux d’éducation. À l’école primaire, pour les plus jeunes, pourquoi ne pas dire simplement qu’on apprend les bons gestes (arrêter le robinet, éteindre la lumière... ) et réserver l’EDD proprement dite aux plus grands ? Et même là, au collège par exemple, ne faut-il pas commencer par l’écoute de l’autre et un travail sur les attitudes ? Et par un contact positif avec la nature, première étape nécessaire si on veut plus loin ensuite ?
Il y a eu aussi des débats sur l’évaluation : peut-on évaluer des attitudes, des « gestes » ou seulement des connaissances ? Ne doit-on pas, comme le dit M. Hagnerelle, évaluer l’évolution du questionnement, de type politique au sens noble du terme ?
L’EDD en tout cas, et tous les participants en étaient bien d’accord, ne doit pas être un « en plus », mais permettre de travailler autrement, nécessite de travailler autrement.

Jean-Michel Zakhartchouk


Deux dossiers des Cahiers pédagogiques

N°478 - janvier 2010
L’éducation au développement durable : comment faire ?


Programmation 2014-2015 La présentation du dossier
N°405 - juin 2002
L’éducation au développement durable


Programmation 2014-2015 La présentation du dossier


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