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L’école et les élèves migrants

Dossier coordonné par Jean-Pierre Fournier et Françoise Lorcerie


Les migrations et l’école : ce ne sont pas deux mondes comme il y aurait deux rubriques de journal séparées. Les migrations internationales ne sont pas seulement dans l’actualité et sur les écrans, elles sont le présent de nos écoles et de nos établissements, leur futur aussi. Non qu’il faille donner foi aux images d’invasion qui veulent faire peur. Mais c’est un fait, les individus humains se déplacent, ils cherchent à échapper à la mort ou ils cherchent une vie meilleure ; ils s’imaginent ailleurs et ils y vont à tout prix : à l’échelle de la planète, les migrations humaines à longue distance sont devenues normales et elles le resteront.

Comment faire dans une école qui accueille et accueillera des élèves de toutes origines, de tous âges et de toutes langues maternelles ?

Si le phénomène reste minoritaire dans nos écoles, il n’en est pas moins bien présent dans l’école et alentour. De plus il est instrumentalisé politiquement. C’est pourquoi les Cahiers pédagogiques ont décidé de programmer un dossier sur le sujet. Notre précédent dossier date de dix ans. C’était le numéro 473, intitulé « Enfants d’ailleurs, élèves en France ». Depuis, les flux migratoires se sont sensiblement modifiés. L’immigration familiale en milieu populaire se maintient, les pays d’origine les plus représentés continuant à être les anciennes colonies africaines. Mais les flux de demandeurs d’asile ont beaucoup augmenté et on observe des arrivées de plus en plus nombreuses de mineurs étrangers isolés totalement démunis. Pour ceux-ci, la problématique de l’accueil et de l’adaptation est prioritaire, et elle n’est pas conditionnée à une perspective d’intégration.

Montrer ce nouveau contexte dans sa complexité, dans sa difficulté pour tous – professionnels, jeunes et enfants, familles – mais aussi dans les opportunités qu’il ménage pour la formation : tel est l’objectif du dossier que nous lançons. On n’oubliera pas que dans bien des endroits, soit du fait de la précarité qui force les familles à aller d’un lieu à l’autre, soit à cause des freins institutionnels, la scolarisation a lieu hors institution : ce sont des bénévoles, enseignants ou non, qui prennent le relais.

Le dossier du n°473 insistait sur l’accueil des nouveaux élèves dans le système et sur l’apprentissage du français comme langue de scolarisation, en privilégiant la présentation de dispositifs et d’outils. Dans ce dossier, nous retrouverons bien sûr la question de l’accueil et de l’apprentissage du français, ce sont des incontournables de la scolarisation des jeunes migrants. Mais l’accent sera placé autrement.

D’une part, nous souhaitons insister sur le travail didactique au quotidien en classe de français langue seconde : ces classes, si peu nombreuses qu’elles soient parfois, sont marquées par une très forte hétérogénéité des niveaux et des façons d’être à l’école.

  • Comment procède-t-on dans une pédagogie renouvelée qui tienne compte de ce que sont ces élèves et leurs visées ?
  • Comment mène-t-on l’évaluation des progrès et des résultats ?
  • Fait-on usage des niveaux du cadre européen de référence pour les langues (CECRL) ?
  • Comment travaille-t-on la culture ? Etc.

D’autre part, nous souhaitons consacrer toute une partie du dossier à l’inclusion des élèves migrants dans les classes ordinaires qu’ils suivent en complément du soutien linguistique dont ils bénéficient, ou les classes dans lesquelles ils sont affectés à leur sortie d’UPE2A. Cette inclusion est difficile, on le sait.

  • Quelles solutions ont trouvées celles et ceux qui se sont attachées à répondre professionnellement aux difficultés, ou à les anticiper ?
  • Quelles démarches, quelles techniques, et ici aussi quelles tensions, quels conflits ?

Pour les enfants venant de cultures différentes (où les places de l’éducation, des parents, des conceptions de l’apprendre ne sont pas les mêmes), l’école française innove, la vie créative des classes d’accueil en témoigne. Mais il y a beaucoup à faire pour que partout, dans les classes ordinaires, les enseignants puissent outiller leur empathie afin d’être plus efficaces.

Lumières et ombres des rencontres (où le plus souvent l’enthousiasme de ces élèves fait que les premières l’emportent), blocages institutionnels ou tensions interculturelles, innovations de tous gabarits, expériences étrangères… Nous attendons vos témoignages et vos réflexions !

Envoyez-nous vos propositions d’articles sous la forme d’un résumé de trois ou quatre lignes aussi tôt que possible et au plus tard pour le 20 janvier 2019.
jean-pierre.fournier[at]cahiers-pedagogiques.com
francoise.lorcerie[at]cahiers-pedagogiques.com