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N°491 - Évaluer à l’heure des compétences

L’école en couleurs

Par Patrice Bride


Imaginons une autre école, c’est d’actualité en cette période pré-électorale. Une école où les enseignants utilisent de façon coutumière des critères d’évaluation pour indiquer aux élèves leur degré de maitrise des notions ou des activités travaillées en classe ; une école où les parents sont familiers de documents bigarrés, inquiets lorsque la palette de couleurs tire vers le rouge, rassurés lorsque le vert est dominant ; une école où les élèves s’entraident selon ce qu’ils savent faire ou bien avoir besoin de travailler. La routine, on n’y fait même plus attention.

Mais certains pédagogues, férus d’innovations, ne se satisfont pas de ces outils trop impressionnistes, qui émiettent les apprentissages au détriment d’une approche globale de ce que sait l’élève. Et pourquoi pas une évaluation chiffrée (certains parlent même de « notes », curieusement puisqu’il ne s’agit justement pas de texte), ouvrant d’infinies possibilités de barèmes, de moyennes pondérées, de classements ? Un grand pas vers une pédagogie enfin plus scientifique ! Certes, cela entraine l’école du côté du monde de l’entreprise, avec ses courbes, ses ratios et ses indices qui réduisent les êtres humains à des variables statistiques ; mais fi des grincheux, l’intérêt de l’élève avant tout !... Que croyez-vous qu’il arriva ?...

Revenons au monde réel. Les Cahiers s’intéressent de longue date à la question des compétences, avec leur pondération légendaire : ni martingale, ni épouvantail, comment user de cet outil pour mieux faire apprendre ? Pas de modèle, guère de certitudes, beaucoup de questions dans le dossier de ce numéro. Mais un constat : se lancer dans ces nouvelles pratiques d’évaluation amène à reconsidérer bien des dimensions de notre métier.

Oui, « compétences » fait partie du vocabulaire des manageurs. Certes, le livret actuel est mal fichu, certains items du socle abracadabrants. Reste qu’il y a dans la mise en œuvre et la validation du socle commun de réelles opportunités pour faire évoluer l’école. Aux politiques de s’emparer de la question et de l’intégrer dans leurs projets éducatifs.