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Recension parue dans le N° 411 de février 2003

L’école des ego. Contre les gourous du pédagogiquement correct

Elisabeth Altschull, Albin Michel, 2002.

6 février 2003


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Parmi les désormais classiques essais de rentrée sur l’école, le livre d’Elisabeth Altschull retient tout d’abord l’attention par le fait qu’il se présente d’emblée comme une réflexion appuyée sur des expériences et des exemples concrets, cas trop rare dans les ouvrages de la mouvance « anti-pédago », qui cultivent avec une application soutenue la déconnexion d’avec les réalités de terrain.
Le principal intérêt de L’école des ego réside en effet dans l’expérience de l’auteur, qui a fui l’école américaine dans sa jeunesse pour faire ses études secondaires et supérieures en France. Mais au-delà de l’actualisation de l’avertissement déjà lancé par Hannah Arendt dans les années 50, avertissement qui mettait le doigt sur les dérives possibles d’une école qui se soucierait exagérément de la mise en activité des élèves au détriment de leurs acquisitions effectives, le combat mené par ce livre vise le « pédagogisme » et manie les simplifications avec zèle. La pauvreté de l’analyse de ce « pédagogisme » (bien mal défini) voisine avec des déformations affligeantes (« Mettre l’élève au centre du système éducatif » devient « mettre l’enfant au centre », le chapitre sur la promotion sociale par l’école confond ouvriers et immigrés...) et des interprétations qui révèlent surtout l’indigence de l’information de l’auteur. Compte tenu de la réceptivité d’une opinion, elle aussi mal informée, aux pamphlets de ce genre, la caution apportée par un éditeur sérieux à de telles contrevérités est particulièrement irresponsable.
On reconnaîtra au moins au livre d’Elisabeth Altschull le mérite d’affirmer sans se cacher que le combat contre les pédagogies actives conduit nécessairement à prôner la sélection précoce et à postuler l’essentielle incapacité des deux tiers d’une classe d’âge à suivre des études longues (p. 143). Gageons que tous ses alliés ne la suivront pas sur ce point. Si ce désaccord pouvait les amener à faire enfin des propositions concrètes pour « sauver l’école », cet ouvrage n’aurait pas servi à rien.

Suzanne Bauer

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