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Recension parue dans le N°434 de juin 2005

L’école de la dernière chance - Un an en classe-relais

Cypora Petitjean, Cerf éditions Stock 2005

27 mai 2005

Ce livre est un journal de bord. La classe-relais est à l’écart de tout, face à un squat. Le ménage n’y est pas fait, pour des raisons administratives incontournables. Les élèves qui y sont nommés ne correspondent pas aux « définitions » des classe-relais. Ce ne sont pas seulement des élèves « absentéistes », en « rupture scolaire » à réconcilier avec l’école. Ce sont des élèves violents, rebelles, dont les collèges se débarrassent. Il faut dire que la frontière est mince.

Ces élèves savent qu’ils sont des « cassos » des cas sociaux et en rient. Ils ont bien compris cette société dans laquelle ils n’arrivent pas à fonctionner : « J’lui dis c’qu’elle veut entendre, comme ça, elle me laisse tranquille », dit Ahmed parlant de sa psy. Ce qui ne les empêche pas d’être jouets de ces passions. Par exemple, la classe visionne un film le mercredi matin, pour débattre et réfléchir. Les élèves n’arrivent pas à regarder ces films trop loin d’eux... Les professeurs sont d’accord pour qu’ils apportent leurs films. Plus tard, ça ne va plus : « À quoi ça sert de regarder des films en classe, M’dame ? »

Chaque jour a ainsi sa petite anecdote. Il manque un peu une question centrale, l’effort poursuivi, la tension vers un but. Les jours s’accumulent, les faits narrés sont touchants souvent. Mais on ne sent pas trop la problématique.

Roland Petit