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L’art de l’audace. Boostez votre transformation !

Jean-Michel Platier et Thierry Vautrin, Éditions Marie B., 2018

19 octobre 2018

Les livres de développement personnel fleurissent sur les étals des librairies, alors pourquoi signaler celui-ci ? Une réponse toute simple : écrit pour le grand public et au-delà d’une lecture personnelle, il peut parler à nos tripes de profs. Vous savez, la petite voix qui nous dit : « C’est vraiment dommage pour cet élève qu’il n’ait pas assez d’ambition, qu’il ne soit pas assez soutenu par sa famille, voire obligé à ou se sentant obligé à … » Ah ! déterminisme quand tu nous tiens … Et moi, prof, que puis-je faire ? Même avec la meilleure volonté du monde, je peux creuser les inégalités et être un vecteur d’empêchement, comme le montrent le rapport du CNESCO ou les écrits de Stéphane Beaud et d’autres sociologues.

Alors, une fois passée la répétition lassante des formules style mantra, ce livre peut être un appui pour former nos élèves au choix, à la prise de risque, à l’ambition, à passer du « C’est pas pour moi ! » à « Comment je fais ? ». Nous pouvons y glaner de quoi accompagner cette prise de risque mesurée, anticipée et outillée.

Accompagnement, le grand mot est lâché. On le retrouve personnalisé, éducatif, à l’orientation, … dans les textes officiels de ces dernières années. Mais qui peut affirmer qu’il sait accompagner un ou des élèves sans avoir construit une posture et ni connaître quelques bases ? En reprenant les mots de Michel Vial lors d’une conférence. Accompagner ce n’est « ni piloter, ni conseiller, ni diriger, ni tutorer, ni mentorer, ni animer, ni modeler, ni montrer l’exemple, ni conduire, ni protéger, ni assurer, ni escorter, ni dévoiler, ni aiguiller, ni aider, ni supporter, ni guérir, ni corriger, ni remédier… » Combien d’entre nous font ces différences ? Ce n’est évident pour personne me semble-t-il, particulièrement en actes.

Pour les chercheurs, accompagner, c’est se joindre à quelqu’un pour aller là où il va, en même temps que lui ; il s’agit pour nous de comprendre que, pour tel ou tel élève, la situation est problématique et de le soutenir dans une dynamique de résolution de problème. Ils ajoutent le rejet de toute attitude prescriptive. Cet ouvrage, sans éviter pourtant toujours cet écueil, a le mérite de nous faire nous poser la question de la formation l’accompagnement et en particulier ce qui touche à la prise de risque, à l’audace dans les questions touchant à l’orientation.

Nous ne sommes pas coaches ni psys, mais nous pouvons résolument trouver dans ce livre quelques pistes pour nous inscrire dans une démarche d’accompagnement de nos élèves. Tout d’abord les faire chercher ce qu’ils voudraient pour de vrai, en essayant de ne penser qu’à eux : « Qu’est-ce qui vous fait rêver … ». Puis qu’ils comprennent mieux ce qui les bloque et qu’ils ont des marges de manœuvre : « Qu’est-ce qui t’empêcherait de … ? » le temps, l’espace, la peur, le manque de … Mais aussi, y puiser des outils permettant d’affronter le grand vide et qui pourraient être proposés à l’avancée dans la réflexion. L’écoute empathique et la reformulation permettent d’éviter de donner nos propres solutions, mais pouvoir envisager différentes hypothèses, rechercher les talents et points d’appui, proposer des choix de stratégies, de manière méthodique peut être plus rassurant pour chacun.

Et si chaque élève du primaire, du collège ou du lycée, général ou pro, ou encore étudiant avait le choix de vivre ou du moins de tenter son ambition ? Qu’il s’autorise à ce choix, à tout faire ensuite pour l’atteindre... Les profs devenant les facilitateurs de ces choix et ambitions... Une utopie ?

Anne-Marie Sanchez