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Recension parue dans le N°459 de janvier 2008

L’approche orientante : une nécessité

Jean-Marie Quiesse, Danielle Ferré, Alain Rufino, éditions Qui plus est, 2007.

5 janvier 2008

Tome I : oser l’approche orientante, pourquoi ?
Tome II : oser l’approche orientante, comment ?

C’est peu dire que l’ouvrage de Danielle Ferré, Jean-Marie Quiesse et Alain Rufino arrive à point nommé.
L’amélioration de l’orientation et de l’information des publics scolaires (et de l’enseignement supérieur) est une problématique émergente de ces dernières années, mise en avant dans différents textes : commission du débat national
sur l’avenir de l’école, rapport annexé à la dernière loi d’orientation, rapports du Haut conseil de l’évaluation et de l’inspection générale, schéma du délégué interministériel à l’orientation...
La mise en place du service public de l’orientation a été confiée au ministre de l’Éducation nationale. Interviews et communications récentes ne laissent aucun doute : les missions des enseignants concernant l’orientation et l’information des élèves et des étudiants vont être renforcées. Mais quelle information pour quelle orientation ?
Le concept d’approche orientante est né au Québec et prend appui sur la dernière réforme du système éducatif : il s’agit de dépasser les cloisonnements entre les
disciplines et d’aider l’élève à construire des compétences transversales. La totalité des programmes est centrée sur la construction de compétences dont celle à s’orienter est la clé de voûte.
Le premier tome présente de façon claire les présupposés de cette nouvelle philosophie. On ne se réfère plus à une logique linéaire de l’orientation par laquelle il s’agirait que l’élève fasse « le bon choix », mais on cherche à organiser le milieu d’apprentissage de telle façon qu’il
devienne dynamique pour lui. Des cadres d’analyse sont mis à sa disposition, lui permettant de se mettre en mouvement,
et d’être actif par rapport à son trajet de vie : construire ses savoirs et ses compétences c’est aussi prendre en main son parcours. Les enseignants sont accompagnateurs de la construction des parcours de leurs élèves, et les Cop sont moteurs dans les processus mis en place.
Le second tome nourrit cette conception en présentant des démarches et des projets conçus à partir d’une ingénierie de la démarche orientante : travaux sur l’écrit, mise au point d’un webfolio orientant, construction d’un plan annuel d’information pour l’orientation en Éplé, exemples
de pratiques en collège, lycée, LP, IUT...
L’orientation tout au long de la vie est une condition préalable à un apprentissage efficace tout au long de la vie. À une époque où il est de bon ton d’affirmer que les élèves sont « mal informés sur les métiers », il faut enfoncer le clou. Il n’y a pas de miracle de l’information, aussi précise soit-elle, comme simple message ; il ne s’agit pas simplement d’en augmenter le flux. À ce titre, les compétences du pilier 7 du socle commun sont suffisamment explicites : il s’agit d’offrir aux élèves
les outils cognitifs leur permettant d’acquérir les connaissances critiques nécessaires à la construction autonome de leur projet.
C’est une véritable pédagogie de l’information qu’il faut mettre en place.
L’enjeu est de taille pour les années à venir, si on ne veut pas tomber à nouveau dans le mirage adéquationniste, affirmant qu’il suffit d’une « bonne information » pour que chaque élève trouve sa place...

Dominique Odry