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Recension parue dans le N°460 de février 2008

L’Écuyer d’Henri le Navigateur

Arkan Simaan, L’Harmattan, 2007.

5 février 2008

Le thème des grandes découvertes est particulièrement fécond pour un travail interdisciplinaire. Des ouvrages jeunesse existent qui permettent de rendre vivant ce grand moment de rencontres entre civilisations, dans tous leurs aspects (échanges et destructions). Il est à signaler par exemple la publication de ce roman historique dû à un enseignant dont nous avons déjà évoqué ici les travaux en histoire des sciences. On connaît mal le personnage d’Henri le Navigateur et ce récit apporte une pièce supplémentaire à un ensemble constitué de romans d’auteurs divers, de Christian Grenier à Jean-Marc Soyez ou Brigitte Coppin.
Une collègue, Joëlle Fontaine, nous présente ainsi ce roman : « L’aventure commence en 1415, avec la prise de Ceuta, cité musulmane du détroit de Gibraltar. Les Portugais y entendent parler de l’opulence de l’empereur du Mali et le prince Henri va alors tout mettre en œuvre pour atteindre ce pays sans passer par le territoire des Maures. Ce qui est intéressant à savoir, c’est que le prince Henri n’a jamais navigué : il tire son surnom de « Navigateur » de l’école qu’il a fondée à Sagres, au sud du Portugal, afin de préparer « scientifiquement » les voyages qu’il projette. Le roman d’Arkan Simaan nous décrit dans le détail les prouesses extraordinaires pour l’époque que sont les premières découvertes des îles de l’Atlantique (Porto Santo, Madère, Açores) et le franchissement du cap Bojador. Moment extraordinaire de l’histoire, où les chrétiens d’Occident se trouvent face à face avec les peuplades païennes ou fraîchement islamisées d’Afrique. Moment dramatique aussi car ces peuples vont être rapidement victimes de razzias et servir de main-d’œuvre aux Portugais pour mettre en valeur les îles nouvellement découvertes. Le livre d’Arkan Simaan nous révèle ainsi que le premier marché d’esclaves africains tenu par des Européens eut lieu à Lagos, au sud du Portugal, en 1444, donc bien avant la découverte des Amériques. »

Jean-Michel Zakhartchouk