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Recension parue dans le N° 392 de mars 2001

L’École, l’état des savoirs

Sous la direction d’Agnès Van Zanten. Éditions la découverte, Textes à l’appui, 2000

12 mars 2001


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Il n’est pas aisé de rendre compte d’un ouvrage qui est une somme de contributions visant à faire le point sur « ce qu’on sait » du fonctionnement de l’école aujourd’hui, aussi bien sur le plan de l’organisation que sur celui des pratiques réelles ou des enjeux qu’elle représente dans la société française. Mais il est essentiel de signaler l’existence de cette nouvelle pièce d’une collection fort utile (après « immigration et intégration » ou « la ville »). Agnès Van Zanten a rassemblé ici plus de quarante chercheurs, dans une perspective pluraliste (puisqu’on y trouve des « sensibilités » souvent fort différentes), dont le point commun est qu’ils sont souvent d’éminents spécialistes de la question qu’ils traitent et qu’ils savent donc « de quoi ils parlent ». On pourrait d’ailleurs imaginer à l’inverse un autre ouvrage qui s’intitulerait « l’état des ignorances sur l’école » où l’on regrouperait d’autres discours sur l’école, ceux qui ont, hélas, trop souvent, l’oreille des médias, malgré leur méconnaissance de la réalité !

Des bilans provisoires et nuancés sont tirés par exemple des politiques de discrimination positive, de la décentralisation, de la rénovation des différents niveaux d’enseignement. Des chercheurs comme B. Charlot, F. Dubet, B. Lahire, E. Debarbieux ou J.-L. Derouet reprennent de manière synthétique quelques-uns de leurs thèmes favoris, invitant au prolongement par d’autres lectures.

On notera, parmi les contributions :
- L’étude de L.-A. Vallet et J.-P. Caille sur la scolarité des enfants immigrés, qui va bien à l’encontre d’idées reçues
- La stimulante réflexion de F. de Singly sur l’école et la famille
- Et la vigoureuse mise au point de J.-M. de Queiroz « pédagogie et pédagogues contre le savoir ? »

Mais ce n’est qu’un choix subjectif dans un ensemble riche, lisible par le plus grand nombre et qui constitue désormais un ouvrage de référence.

Un regret peut-être : pourquoi aucune place n’est donnée, dans la partie « acteurs », au rôle aujourd’hui des « innovateurs », dont les mouvements pédagogiques ?

Jean-Michel Zakhartchouk


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