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Formation

L’ESPÉ Clermont Auvergne : pourquoi cela fonctionne-t-il ?

Josiane Morel

26 novembre 2014

La fin du trimestre donne l’occasion de tracer un état des lieux de l’École supérieure du professorat et de l’éducation de la région Auvergne. Elle entame sa deuxième année d’existence et continue des renouvèlements et des travaux qui lui permettent d’avancer.


Contrairement à d’autres ESPÉ confrontées à de grosses difficultés dans leur restructuration, la première phase de réformes des masters de l’enseignement tinte comme une réussite en Auvergne. Grâce à la synergie de tous les acteurs de l’ESPÉ Clermont-Auvergne, les évolutions et les régénérations du défi de la formation des maîtres des premiers et seconds degrés ont pu avoir lieu.

Une question de recherche

La recherche universitaire en sciences de l’éducation tient une place conséquente dans le rouage des facteurs de ce succès. Le laboratoire ACTé dont est dotée l’école permet de cerner les véritables enjeux de notre système d’éducation et de mettre en place des dispositifs pédagogiques et didactiques efficaces. Cette efficacité se construit au fil des observations, des expérimentations, des questionnements des enseignants-chercheurs dont la classe reste le premier objet d’étude. C’est ainsi que l’ESPÉ Clermont-Auvergne occupe un positionnement reconnu dans les champs universitaire, scolaire, social et économique clermontois.

Sens et continuité pragmatique

Le dynamisme de l’ESPÉ Clermont-Auvergne s’écrit dans une mutation culturelle qui fait apparaitre un continuum de formation entre les licences universitaires et l’entrée dans le métier d’éducation par la masterisation. Apparait ainsi une logique de mobilisation générale des acteurs de l’académie pour la formation de ces étudiants. Les professeurs expérimentés de terrain s’inscrivent dans cette dynamique et bénéficient d’une reconnaissance avérée dans le circuit de la professionnalisation enseignante. Ils sont ceux que l’on nomme les PFA, professeurs formateurs académiques, pour le second degré ou les PEMF, professeurs des écoles maîtres formateurs.

Partenariat et ouverture

Ainsi, ce que réussit particulièrement cette École trouve son essence dans la philosophie du partenariat : l’ESPÉ Clermont-Auvergne développe une nouvelle culture du travail collaboratif, qu’elle fait rayonner avec l’université Blaise Pascal, l’université d’Auvergne, le rectorat de l’académie de Clermont-Ferrand et l’inspection académique et même certaines universités étrangères comme celle de Constantine dans le cadre de l’ouverture d’un parcours de formation de formateurs de langue française de l’espace francophone. Cet esprit d’ouverture a permis de construire des temps forts durant l’année écoulée, année scandée par des moments structurants et consacrés par exemple à des journées d’étude réservées à la problématique de la pédagogie universitaire, au vaste sujet de la philosophie pour les enfants et aux grands thèmes d’actualité de la laïcité. Pour l’année 2014-2015, l’ESPÉ Clermont-Auvergne entend s’engager encore plus avant dans la stabilisation de son fonctionnement. Elle se penche notamment sur l’accompagnement de tous ses étudiants dans la construction d’une formation par et pour l’alternance. Les professeurs stagiaires affectés pour moitié dans les établissements scolaires bénéficient d’une formation rigoureuse, suivie et tutorée au métier de l’enseignant selon des dispositifs stabilisés et cohérents qui doivent les conduire à la titularisation. Dans une logique d’unification et de progression permanente l’ESPÉ Clermont-Auvergne se dote également pour la rentrée universitaire 2014 d’un service réservé à la qualité. Dans cette démarche, chaque personnel se sent investi d’une mission qualitative pour l’avancement de la formation des maitres dans la région Auvergne.

La laïcité au cœur de la formation de tous les enseignants

Le 2  juin 2014, tous les acteurs académiques de la formation ont assisté à la conférence d’Abdennour Bidar et Jean-Louis Bianco sur la laïcité. Lors de ce temps de réflexion et de concertation a été rappelée toute l’importance de la loi de 1905, une loi plus que jamais adaptée à notre société française pour aider la République à dépasser ses doutes et ses différences. Symbolisant avant tout la liberté dans un esprit de neutralité absolue du service public, la laïcité trouve sa place au cœur de la pédagogie, une pédagogie pour apprendre le respect de l’autre et construire l’autonomie des élèves. En cela, les futurs enseignants ont été sensibilisés à leur mission permanente : transformer le petit d’homme en citoyen responsable, respectueux d’une véritable cohésion nationale et de valeurs partagées. L’exercice de la citoyenneté dans la fraternité et l’intérêt général s’acquiert à l’École, aussi tous les futurs maîtres ont-ils à relever le défi d’une pédagogie émancipatrice, pour conduire chaque écolier, chaque collégien, chaque lycéen, du « je » au « nous » en conciliant liberté individuelle et intérêt collectif. Pour pérenniser et concrétiser l’intérêt d’une pareille action de formation, l’ESPÉ Clermont-Auvergne a construit «  un escalier de la laïcité  » qui remémore à chacun les articles de la Charte de la laïcité à l’école, laïcité qui garantit à chaque élève l’accès à une culture commune et partagée.

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Paroles d’étudiants

«  J’ai choisi de préparer mon concours de professeur des écoles à l’ESPÉ Clermont-Auvergne, parce que les équipes de formateurs travaillent en étroite association les unes avec les autres. Le chef d’orchestre de cette belle harmonie est la directrice des études. Elle est notre interlocutrice directe, celle qui sait tout et répond tout de suite !  »
Pauline, admise au CRPE

«  Moi, j’ai voulu m’inscrire au CAPLP, le certificat d’aptitude au professorat en lycée professionnel Lettres histoire, en raison du taux de réussite très élevé de ce parcours. Nous sommes un petit groupe, très motivé, issu d’une licence d’histoire, de géographie, de lettres modernes, de psychologie ou d’italien. Nos formateurs sont toujours présents à nos côtés, ils répondent à toutes nos interrogations, ne laissent jamais aucun courriel sans réponse. Ils partagent avec nous leur propre satisfaction à nous préparer au concours et à nous professionnaliser. Nous baignons dans une atmosphère très motivante, même si parfois le travail à fournir nous parait insurmontable et lourd. Les encouragements nous permettent de passer les caps difficiles, comme celui de l’attente des résultats d’admissibilité  ».
Fabien admis au CAPLP LH et au CAPES d’histoire

«  Bien que je sois titulaire d’un master de recherche, j’ai préféré poursuivre mon parcours de master 2 Lettres-histoire dans un souci de professionnalisation. Je suis donc stagiaire, PLP lettres-histoire et je passe deux jours de la semaine à l’ESPÉ pour suivre une formation appropriée à mon métier. J’apprécie les moments d’échanges sur nos pratiques : on est obligés de prendre de la distance, d’analyser et c’est grâce à cette analyse que l’on peut rectifier les pratiques didactiques maladroites et progresser. Quand je reviens dans l’établissement où je suis affectée, je transpose ce que j’ai appris. Ce va-et-vient entre l’ESPÉ et la classe me permet de construire mes compétences d’enseignante et de consolider peu à peu ma confiance professionnelle. On ne nait pas enseignant, chacun a besoin d’être formé pour entrer dignement dans ce métier.  »
Charlotte, admise au CAPLP LH

Josiane Morel
Formatrice
http://josianemorel9.e-monsite.com/

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Quelle pédagogie dans le supérieur ?
Dans ce numéro, des témoignages, des articles de fond, des comptes rendus d’expériences, des « coups de gueule », qui dessinent un panorama de l’enseignement supérieur et ouvrent à la réflexion et à la discussion : comment améliorer la pédagogie universitaire ?