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L’actualité éducative du n° 507 - septembre 2013

L’Australie, vers une école créative

Par Ange Ansour

29 septembre 2013

La complexité de la société australienne et la diversité de son paysage éducatif vont de pair : 47 % des Australiens sont nés à l’étranger, 29 % des écoles sont privées par exemple. Comment, dans ces conditions, se déploie le système éducatif ?


L’école élémentaire commence à l’âge de 5 ans (foundation year) et se termine à 11-12 ans (year 6) ou 12-13 ans en Australie occidentale et méridionale. L’Australie occidentale intègre les kindergardens dans l’école élémentaire, ailleurs le taux de fréquentation et l’offre sont très variables. La year 12 marque la fin de l’enseignement secondaire.

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Ainslie Primary school-Canberra © Ange Ansour

Les frais d’inscription à l’université sont élevés, mais les étudiants peuvent bénéficier d’un prêt auprès de l’État à rembourser sous forme d’impôt indexé sur le revenu.
Si, à l’aune des classements internationaux, l’Australie se maintient à la sixième place dans les évaluations PISA 2009 [1], le recul enregistré alimente les craintes. De plus, le pays a été profondément ébranlé par les conclusions du rapport Gonski (février 2012) : baisse continue des résultats et écart croissant entre les meilleurs élèves et les moins performants, majoritairement aborigènes ou issus de milieux défavorisés. Ce rapport préconise une hausse des investissements, notamment dans les écoles les moins favorisées. Sa mise en œuvre définitive dépendra des résultats des élections du 7 septembre 2013.

En Australie, les données sur les écoles (résultats des évaluations nationales, composition socioculturelle, budget, personnel, etc.) sont disponibles sur un site gouvernemental http://www.myschool.edu.au/, ce qui relèverait du suicide politique en France !

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L’esprit critique et créatif est l’un des sept piliers du curriculum. Il est incarné par les élèves de l’école élémentaire Hawker à Canberra. Jennifer MacDonald, l’enseignante qui les encadre dans la mise en œuvre d’un dispositif d’éducation au développement durable, ne tarit pas d’éloges : «  Nos élèves ont appris qu’ils pouvaient impacter leur communauté et montrer la voie à d’autres élèves et aux parents. Ils récoltent des données scientifiquement pour définir leur action. Ainsi, grâce aux mesures pratiquées avec un luxmètre, ils ont découvert que l’école était trop éclairée. Ils ont calculé le nombre d’ampoules à retirer du bâtiment et nous avons suivi leurs recommandations. Notre consommation d’énergie ainsi que notre facture d’électricité ont fortement diminué !  »

Paul Francis est astrophysicien à l’ANU (Australian National University). Il mène des recherches sur les quasars, les galaxies et l’éducation ! Selon lui, «  chez 60 % des étudiants, les idées fausses persistent, même après une évaluation réussie  ». Pour maximiser les effets d’apprentissage, le chercheur a mis en place plusieurs stratégies éducatives : des exercices de jeu de rôle ou un système d’apprentissage par les pairs inspiré des travaux d’Eric Mazur.

Ange Ansour


[1Programme for International Student Assessment.