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J’inverse, tu apprends

La chronique d’é.l@b

C’est en juin 2015 que l’association Inversons la classe ! a organisé, au lycée Montaigne à Paris, le premier congrès «  Classe inversée  » : le CLIC 2015.

Inverser la classe consiste à réserver une partie de son enseignement à l’extérieur de la classe, le plus souvent sous forme de capsules vidéos. L’intention est de consacrer ainsi davantage de temps en classe à la mise en activité en groupe et à l’accompagnement individualisé des élèves. Sur deux jours, le CLIC 2015 a réuni plus de 200 participants, pour cinq conférences, dont une donnée par Catherine Becchetti-Bizot, directrice du numérique pour l’éducation au ministère de l’Éducation nationale. Puis les participants se sont répartis dans une quarantaine d’ateliers, pour échanger sur la diversité des pratiques et les questionnements pédagogiques induits. Soledad Messiaen, qui pratique la classe inversée dans une école rurale, a été invitée à présenter avec son collègue Édouard Vincent un retour d’expérience en primaire. Elle a répondu à nos questions.

Dans le premier degré, ces pratiques sont-elles répandues ?
Pas très répandues non, sans doute parce que les classes sont encore insuffisamment équipées et rencontrent des problèmes de débit qui interdisent de se connecter en nombre (j’ai transféré toutes mes capsules vidéos sur le serveur de l’école pour y remédier). Dans mon école, nous avons eu la chance de profiter de douze netbooks, d’un tableau blanc interactif, et de bénéficier d’un plan de récupération d’ordinateurs du collège.

Qu’est-ce qui est neuf dans la classe inversée ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ?
Ce qui est neuf, c’est le support. Ce qui ne l’est pas, c’est la posture : être au milieu de ses élèves, se déplacer, en primaire c’est déjà répandu. Rien de très neuf non plus dans la pédagogie, pédagogie active, coopérative. Si Freinet avait eu des tablettes, il les aurait surement utilisées !

Quels bénéfices sont visibles ?
Il est bon de rappeler d’abord que ce n’est pas magique : les élèves pour qui cela ne marche pas, ce sont ceux qui ne s’investissent, ne s’engagent en rien, ni ici ni ailleurs. Cette année, j’ai eu deux élèves sur trente dans ce cas. Et rappeler aussi que la préparation les deux premières années demande un très gros travail.
Mais des bénéfices, il y en a : le temps que je ne passe pas en cours magistral me permet de m’occuper davantage de ceux qui en ont le plus besoin, ou des plus brillants. Je constate aussi que la coopération, les échanges argumentés sont plus présents. Et puis les élèves les plus en difficulté reprennent confiance : savoir sur quoi on va être évalué, avoir déjà compris une partie de la notion sur laquelle on va revenir, cela donne de l’assurance. Enfin, une remplaçante m’a fait remarquer que la classe était très autonome : les élèves savaient par avance ce qu’ils avaient à faire.

Propos recueillis par é.l@b
Photo : Un atelier lors du CLIC 2015.

Sur la librairie

 

Le climat scolaire
Qu’est-ce qu’un bon climat scolaire ? Est-ce lorsque les élèves répondent à notre fantasme du «  bon élève  » ? On ne peut nier l’impact qu’il a sur les personnels et les élèves. Se sentir bien ou mal à l’école détermine en profondeur le parcours que l’on y mènera.


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