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L’actualité éducative du n° 492 - novembre 2011

Hors-série Charlie Hebdo :
« Qui veut la peau de l’école ? »


Compilation « à charge », ce hors-série ne peut évidemment pas faire dans la nuance. Il rassemble, comme son titre le suggère, une vingtaine de dénonciations de dysfonctionnements actuels, de la maternelle au lycée, y compris le trop mal connu lycée technologique et professionnel (une page bienvenue présente les dernières réformes).
Se côtoient ainsi des articles sur la détresse des jeunes enseignants largués sans formation en milieu difficile, d’ironiques (et classiques) compilations d’exemples de « jargon » pédagogique, des critiques attendues sur le management à l’américaine de l’Éducation nationale… le tout bien illustré, entre autres, par Charb, ce qui ne gâte rien, évidemment !
Ce sont en majorité des dénonciations plus que des analyses, c’est la limite du genre, on peut l’accepter. Plus dommageable est le parti pris, sous-jacent, de défense des enseignants contre tous les grands méchants, du ministre aux inspecteurs et aux chefs d’établissement – ces derniers si prompts à participer à la grande mascarade de l’évaluation par compétences qu’on ne donne pas moins de dix exemples de leur propension à valider n’importe comment le fameux « livret » pour satisfaire aux demandes de leur hiérarchie. Réalité du terrain à certains endroits, sans doute… Mais les enseignants, eux, ne sont dans tout cela qu’intègres personnels victimes du « nouveau management »… Faut-il ne jamais reconnaitre chez eux, dans l’histoire de la profession, un rapport difficile aux réformes venues « d’en haut » et la tentation de répondre aux difficultés du métier par une crispation sur les acquis ?
Ces réserves faites, le dossier de Charlie Hebdo participe à la nécessaire mise en lumière de deux grands scandales actuels de l’Éducation nationale, la « casse » de la formation initiale et la dramatique réduction des postes et du vivier de remplaçants. De là des situations au mieux ubuesques, au pire dramatiques pour les enseignants comme pour les élèves. Il est urgent que cela change !

Florence Castincaud