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L’actualité éducative du N°400 - Janvier 2002

Faut-il avoir peur des « langues régionales » ?

Par Pierre Madiot


Les Cahiers pédagogiques ont déjà largement abordé la question de l’enseignement des langues régionales. Dans le n° 378, Philippe Martel et Roger Ebion faisaient part de leur amour pour la langue qui fait leur identité. Ce à quoi, Michel Alphand, dans le n° 380 répondait en affirmant son attachement à la nation républicaine avant de dénoncer « l’autonomisme rampant et violent » qu’à ses yeux risquait d’encourager la « charte des langues régionales », contredit en cela point par point par Jean Sibille, dans le n° 382. Enfin, dans le n° 385, Christine Gibon rappelait qu’il est bien question pour tout le monde « d’assurer la sauvegarde du patrimoine ancestral » et qu’il suffit pour y parvenir de faire un projet de loi « qui tienne compte des observations formulées par le Conseil constitutionnel ».

Depuis, Jack Lang est arrivé, le Conseil constitutionnel est repassé et la polémique fait rage avec d’autant plus de passion que si tout le monde s’accorde pour reconnaître la richesse patrimoniale des langues régionales, les arguments pour ou contre leur enseignement, pour ou contre leur reconnaissance, pour ou contre les implications politiques d’un tel enseignement ou d’une telle reconnaissance se croisent sans jamais se rencontrer.

Pour lors, force est de constater que le terrain de ce débat est sérieusement miné. À chaque détour, chaque interlocuteur rend le débat impossible en plaçant les arguments sur un autre terrain que celui de son adversaire :

Si l’on situe le débat au niveau de la légalité constitutionnelle, on invoque l’égalité républicaine, si l’on se situe dans le domaine de la culture, on répond au niveau de la mission de l’école, si l’on dit laïcité, on répond pédagogie, si l’on dit démocratie, on répond séparatisme, si l’on parle d’histoire on répond particularismes...

C’est pourquoi nous proposons de confronter les positions des uns et des autres, soit par le biais d’une prochaine « controverse » que nous organiserons, soit par le moyen de réponses aux points de vue qui seront publiés. Nous essaierons par ailleurs d’apporter l’éclairage de nos voisins européens qui devraient nous aider à relativiser l’importance de la querelle.

Pierre Madiot