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Enseigner en classes hétérogènes

Jean-Michel Zakhartchouk

1er septembre 2014

Prendre en compte les différences de niveau ou de culture ? Pas facile, sans doute. Pourtant, de nombreuses réponses existent qui peuvent même transformer la difficulté en une opportunité.


JPEGPour nombre d’enseignants, l’hétérogénéité du niveau scolaire des élèves représente un problème. Comment prendre en compte les différences de niveau ou de culture ? Pas facile, sans doute. Pourtant, de nombreuses réponses existent qui peuvent même transformer la difficulté en une opportunité : celle de pouvoir donner plus de sens au métier d’enseignant, d’innover et d’être imaginatif. Dans cet ouvrage, constitué de contributions variées d’acteurs du terrain du premier et du second degré, de nombreuses pistes sont explorées, telles : varier et différencier les approches pédagogiques, les rythmes, l’organisation de la classe, accompagner les élèves les plus fragiles tout en gardant des exigences fortes pour tous.

Le lecteur trouvera ici du concret et du pragmatique, ainsi que des convictions étayées par des résultats de recherches et surtout par les effets produits sur les exemples analysés. Bref, loin de regretter une uniformité illusoire et, d’ailleurs, dangereuse, ce livre fait le pari réaliste d’une réussite maximale pour tous.

Sommaire

  • L’hétérogénéité peut être une chance !
  • Savoir où on va et où on veut faire aller !
  • Face à la diversité, varier la pédagogie
  • Tenir compte de besoins différents
  • Choisir les bons tempos
  • Organiser la classe autrement
  • Evaluer les progrès de chacun
  • La classe qui intègre et inclut tout le monde
  • Etre un passeur culturel
  • Accompagner dans et hors de la classe
  • Faire avec l’hétérogénéité, ça s’apprend

Des enseignants qui ont contribué à l’ouvrage s’expriment sur le sujet :

Pourquoi l’hétérogénéité d’une classe peut être autre chose qu’un inconvénient ?
Caroline Rousseau : La diversité des élèves, de leurs profils d’apprentissage, de leurs places et relations au sein de la classe, de leurs rythmes... nous obligent, nous enseignants, à nous poser des questions sur les activités que l’on met en place pour leurs apprentissages. Si on pratique avec eux de la métacognition ne serait-ce que de temps en temps, on s’aperçoit que nous avons perdu la moitié de la classe, qu’il nous faut nous adapter, que ce que nous avions prévu ne va pas fonctionner pour tel et tel autre élève. Comme notre métier ne peut évidemment pas se borner à enseigner à ceux qui ont déjà tout compris et peuvent se débrouiller sans nous, les conséquences de nos remises en question et de nos innovations dans les pratiques pour trouver des solutions rejaillissent positivement sur nos élèves et leurs apprentissages.

Anne-Marie Sanchez : La diversité des élèves est une richesse sur laquelle je m’appuie pour enseigner, y compris les différences de niveaux : les travaux de groupes pour aboutir à un cours commun par exemple.

Sylvain Connac : Elle peut dynamiser l’activité des élèves, en y donnant davantage de sens : être aidé en cas de difficulté résiduelle, apporter son aide par la valorisation des compétences manifestées, se sentir concerné par ce qui se passe lors des temps de cours ou de classe, participer et ne pas se contenter que les savoirs soient déversés par les enseignants, prendre des initiatives pour soi et pour les autres...
 
Pouvez-vous citer un levier pour bien enseigner en classe hétérogène ?
Caroline Rousseau : Il faut accepter de différencier les méthodes, les supports, la gestion du temps, des aides... tout en gardant le même objectif d’apprentissage pour tous. Lorsqu’on est au clair avec nous-mêmes et avec la classe, lorsqu’on ose mettre en place des dispositifs qui rompent avec ce qu’on nous a toujours seriné, même un peu, de temps en temps, cela permet de constater des progrès, de ressentir des satisfactions et d’être encouragé à poursuivre dans cette voie.

Anne-Marie Sanchez : Sans doute le plus important pour moi a été de m’autoriser à ne pas donner la même chose à faire à tous les élèves. Une fois ce cap passé, j’ai pu essayer des dispositifs et faire apprendre plus de mes élèves.

Sylvain Connac : Organiser la classe de manière personnalisée, c’est-à-dire structurée pour les progrès individuels de chaque élève, quels que soient ses profils. Par exemple : une organisation de la coopération entre élèves, se déclinant selon les besoins par de l’aide, de l’entraide, du tutorat ou du travail de groupe. L’enseignant n’est donc plus le seul à être disponible pour expliquer et les difficultés pour apprendre peuvent trouver des leviers à travers l’esprit altruiste ainsi généré au sein des groupes d’élèves.

Sur la librairie

http://librairie.cahiers-pedagogiques.com/631-enseigner-en-classes-h%C3%A9t%C3%A9rog%C3%A8nes.html