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Élèves à problèmes, écoles à solutions ?

Cécile Delannoy, ESF éditeur, 1999

12 janvier 2001


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Dans cette période d’interrogation sur les innovations et les réformes, il faut lire ce livre qui pose ces questions après avoir cherché, et trouvé, des établissements qui offrent des solutions aux élèves en échec scolaire. À la question du titre Élèves à problèmes, écoles à solutions ? L’auteur, Cécile Delannoy (qui a été longtemps rédactrice en chef des Cahiers), répond oui et sa réponse est détaillée, argumentée. Elle s’est déplacée, a visité des établissements qui aident les élèves en difficulté. Elle a observé et interrogé tant le fonctionnement que ses effets avant de conclure en affirmant que ces écoles différentes sont un véritable recours pour les élèves en difficulté.

Ces écoles sont à la marge du système éducatif, le plus souvent elles n’appartiennent pas à l’Éducation nationale. Qu’ont-elles en commun ? Les solutions qu’elles proposent sont-elles généralisables ?

Dans la deuxième partie, l’auteur détaille sept points essentiels au fonctionnement de ces écoles différentes : elles sont de petite taille et le directeur connaît personnellement les jeunes et les adultes de son établissement, il les rencontre tous les jours ; ces établissements ont une dimension familiale, les élèves y vivent ensemble autre chose que l’école (mangent, font la cuisine, rangent...) ; l’alternance stage/enseignement y est pratiquée, les élèves sont aussi acteurs, producteurs ; une véritable marge de manœuvre existe, une liberté d’innovation ; les élèves sont accompagnés de manière personnelle, ils se sentent accueillis, la qualité de la relation est essentielle ; il y a un effet de rupture, de changement d’identité et un sentiment d’appartenance à un groupe (esprit maison) qui valorise les élèves ; les adultes s’investissent fortement et collectivement dans leur fonction ce qui donne plus de cohérence et une meilleure pérennité à leur travail.

Ces modes de fonctionnement sont questionnés : s’agit-il de totalitarisme éducatif ? S’occupe-t-on des problèmes scolaires ou des problèmes de comportement ? Faut-il combler des lacunes ou remotiver ? Plus fortement encore : ces établissements font-ils réellement réussir ? Réussite aux examens, insertion professionnelle et sociale, degré de satisfaction et calcul des coûts, tout converge, ça marche !

Alors, que pourrait-on généraliser : la démassification des collèges (au moins dans les quartiers difficiles) ; l’introduction de l’alternance ; l’action sur le recrutement, la formation et l’accompagnement des enseignants ; la capacité à faire évoluer les structures. Mais, n’oublions pas que les solutions de ces écoles sont provisoires et que leur manière d’inventer des solutions est plus importante que les solutions elles-mêmes. À nous de réfléchir, dans toutes nos écoles, à des pistes de solutions possibles en nous interrogeant dans ces deux directions, stratégique et psychologique. C’est urgent.

Françoise Carraud


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