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N°432 - Dossier "L’école en Finlande"

Éléments d’histoire sur l’école finlandaise

Par Päivi Sihvonen


En Finlande, l’âge obligatoire d’entrée à l’école est fixé un an plus tard que celui qui existe en France, à 7 ans, depuis la loi de 1921 qui stipule que tout individu a droit à une éducation gratuite, sans distinction de sexe, de langue maternelle (deux langues, le finnois et le suédois, étant officielles dans ce pays) ou de classe sociale. L’école élémentaire devient vraiment fonctionnelle dans les années trente. C’est au même moment que les premiers instituts de formation de professeurs s’ouvrent aussi aux femmes, pour tendre vers une atmosphère plus « douce ».

1968 est l’année au cours de laquelle apparaît la loi sur le collège obligatoire pour tout le monde, c’est-à-dire neuf années d’enseignement, six au niveau élémentaire et trois au niveau du secondaire, sans aucune sélection pour le passage de la première à la seconde. La scolarité est donc obligatoire de sept à size ans.

Beaucoup de matières optionnelles sont proposées au secondaire, mais les langues finnoise et suédoise sont obligatoires, de même que la religion ou l’éthique, les travaux ménagers, techniques, plastiques, artistiques et manuels. Plus que d’assurer la poursuite de l’égalité des chances dans la société, l’objectif du collège est avant tout de fournir les compétences et les informations nécessaires aux élèves pour arriver à un développement équilibré, afin de leur permettre d’être des membres responsables au sein de la société.

Plus de 60 % des enfants vont jusqu’au lycée, même s’il existe une grande différence entre le nord et le sud du pays, notamment avec la Laponie, où les lycées sont rares. Les lycées professionnels sont peu nombreux. Dans le cas d’un enseignement professionnel, le déroulement des études est davantage individualisé, il est réalisé sur deux ou trois ans. Ces établissements ne semblent pas subir une mauvaise réputation telle que celle que des lycées professionnels ont pu avoir en France.

Le lycée, de manière générale, semble plus « universitaire » que l’université elle-même, « plus scolaire, plus cadrée ». Il prépare au baccalauréat. À ce niveau, les élèves peuvent choisir leurs propres manières d’apprendre, en suivant des enseignements sous la forme de modules, d’options, associés à un auto apprentissage guidé ou intégré.

Après le baccalauréat, il existe deux possibilités : l’accès à l’université, qui s’obtient par un concours assez difficile à obtenir (environ 30 % d’une classe d’âge entre à l’université), et un enseignement professionnel supérieur, d’une durée de trois ou quatre ans, offert dans vingt-neuf écoles.

Dans les années soixante-dix, le développement de l’éducation préscolaire commence, le but étant de créer un environnement d’activités stimulantes, essentiellement à travers des activités ludiques et créatives. Il n’y a pas d’école maternelle, comme en France, mais des jardins d’enfants qui sont municipaux ou privés. 60 à 65 % des enfants suivent une éducation préscolaire, 10 % de cette éducation a lieu dans des écoles. L’apprentissage s’appuie sur les connaissances de l’enfant et sur ses propres expériences.

Les années quatre-vingt et la libéralisation du système économique voient l’arrivée des cultures étrangères, y compris en matière d’éducation, avec une nouvelle ouverture sur les alternatives pédagogiques européennes ou outre-atlantiques.

Chaque établissement scolaire établit son propre plan d’enseignement, à partir des programmes d’enseignement proposés par la direction générale de l’enseignement qui définit les objectifs particuliers et les principaux contenus. Le gouvernement établit la répartition horaire des matières et les objectifs généraux.

Päivi Sihvonen


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