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Échos du colloque "Travailler par compétences"

28 novembre 2009

« C’était enthousiasmant d’entendre les échanges ». « Je suis revenu gonflé à bloc dans mon collège ». « Ce qui m’a plus c’est qu’on était plus dans l’analyse critique mais tournée vers la mise en oeuvre plus que dans l’optimisme béat sur une "nouvelle mode" ou au contraire l’énumération d’une telle liste de préalables que cela dissuade immédiatement d’expérimenter ! »

Des réactions qui émergent dans notre tout nouveau « forum » suite à la journée Travailler par compétences organisée au lycée Balzac à Paris le 25 novembre. Près de 200 participants, enseignants, chefs d’établissement, formateurs, passionnés par le sujet et désireux de réfléchir collectivement à ce qui peut être une petite hirondelle dans un climat de morosité et de malaise.
Malgré les difficultés, malgré les pesanteurs institutionnelles (entre l’indifférence, voire l’hostilité de Darcos hier quant à la mise en place du socle commun et les risques aujourd’hui de volontarisme contre-productif, notamment autour de l’attestation de fin de troisième), malgré les résistances (l’attachement à la note, à une vision étriquée des « connaissances »...), malgré les accusations souvent très idéologiques, venant de bords bien différents, le travail par compétences autour du socle commun (mais pas seulement) séduit, intéresse, propose de nouvelles façons d’enseigner, d’évaluer, de personnaliser les parcours en se centrant sur les réussites plus que sur les échecs.
Les intervenants d’une première table ronde n’ont pas nié les obstacles et ont lancé des pistes de réflexion autour de la définition impossible des compétences, des écueils à éviter, des tensions qui peuvent devenir des contradictions. L’expérience belge, évoquée de façon nuancée, par Sabine Kahn, les aléas du socle made in France relatés par Julien Maraval, syndicaliste, les points forts sur lesquels s’appuyer si on veut vraiment « travailler » à construire des compétences, tout cela a, semble-t-il, stimulé les participants, d’autant que Nicole Priou a joué un rôle de « poil à gratter » pour faire aller encore plus loin dans la réflexion.

Puis, les relations d’expérience (une école de la Goutte d’Or, à Paris, un collège à Grigny, un lycée à Corbeil et une académie comme champ de formation continue) ont présenté un versant très concret de ce qui peut être fait, parfois très modestement. Et, nourri par son expérience forte du collège Clisthène (télécharger gratuitement notre hors-série numérique sur Clisthène), Vincent Guédé, a relié ces récits à ce qui a été publié dans le dossier des Cahiers pédagogiques qu’il a co-coordonné. Pour lui, l’important est bien le « travail », la pédagogie ; l’entrée par l’évaluation ne doit être qu’une entrée et non une fin en soi. Reste une formule très éclairante : « il faut enseigner ce qu’on évalue. »
Les choses avancent malgré tout. Tant pis si ce genre de manifestation a du mal à avoir un écho médiatique (il vaudrait mieux pour cela parler de tel prof agressé ou des débats sur la fessée, n’est-ce pas ?). En même temps, on constate un fort succès des manifestations diverses sur ce thème, comme en témoigne le récent Colloque organisé par l’INRP à Lyon et auquel avaient participé plusieurs intervenants de la table ronde (on a dû refuser du monde).
La journée sera en tout cas prolongée par d’éventuels autres débats sur le forum, mais aussi et surtout par un hors série numérique début janvier. On pourra y adjoindre des témoignages d’expériences de l’école primaire au lycée sur la mise en place du travail par compétences, dans le cadre du socle commun ou au-delà.


Vous désirez nous faire part d’expériences de l’école primaire au lycée sur la mise en place du travail par compétences, dans le cadre du socle commun ou au-delà.
N’hésitez pas à nous communiquer vos tentatives, même modestes, en prenant contact avec nous.

crap@cahiers-pedagogiques.com



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