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Editorial du n° 544 - Les écrits de travail des élèves

Du printemps et de l’hirondelle

Cécile Blanchard


Où en serons-nous dans cinquante ans ? Y aura-t-il encore de la glace aux pôles ? Les orangs-outans auront-ils disparu pour faire place aux palmiers à huile (de palme) ? Les robots auront-ils pris la place des humains dans nombre d’emplois, jusqu’à écrire eux-mêmes des articles de presse ? Aurons-nous conquis de nouvelles planètes et serons-nous des êtres « augmentés » ? Y aura-t-il encore des élèves ? Que leur ferons-nous apprendre et comment ? Sortez vos boules de cristal, vous avez deux heures.

Retour en arrière. Il y a cinquante ans, le colloque d’Amiens avait à peu près déjà tout mis sur la table. Au cours de ce colloque, qui s’est tenu à la mi-mars 1968, tous les participants, enseignants, syndicalistes, hauts fonctionnaires, journalistes, personnalités diverses, dénonçaient « l’inadaptation d’un système éducatif hérité du XIXe siècle » face aux bouleversements en cours dans la société d’alors. Dans leur déclaration finale, ils soulignaient ainsi « l’urgence d’une rénovation éducative aussi bien que pédagogique ». Et « les grandes lignes d’une rénovation pédagogique » étaient identifiées : renoncer au principe du classement des élèves, développer les travaux de groupe, substituer à la note traditionnelle une appréciation qualitative et une indication de niveau, etc.

Des questions qui restent posées aujourd’hui, et qui donnent le sentiment que rien n’a changé, ou pas grand-chose. Pourquoi ?

Mai 2018 arrive, et malgré le réchauffement climatique, on n’a aujourd’hui guère de signes qu’il sera aussi chaud que celui d’il y a cinquante ans, en tout cas sur le plan de la pédagogie. La fin de la glaciation pédagogique, si l’on peut oser cette image un brin excessive, n’est sans doute pas encore pour demain. Quand donc viendra le printemps pour l’école ?

En l’attendant, poursuivons ensemble la réflexion et la recherche des moyens de faire réussir tous les élèves, par exemple en les faisant écrire, des écrits intermédiaires, au brouillon, non évalués, pour fixer les idées, pour apprendre. « J’apprends donc j’écris », en quelque sorte. Ou « j’écris donc j’apprends », c’est réversible.

Tiens, j’ai vu passer une hirondelle !

Sur la librairie

 

Les écrits de travail des élèves
À l’école, on n’écrit pas toujours beaucoup, car on est trop souvent dans la logique de production d’un écrit bien fait, qui sera évalué ou communiqué. Or, le langage écrit est aussi un instrument intellectuel, au service du travail quotidien des élèves. Comment les faire écrire davantage ?
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