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N° 511 Observer en classe

Différents regards sur et dans la classe

Brigitte Cala et Hélène Eveleigh


Bien des raisons nous ont motivés pour consacrer un dossier complet des Cahiers pédagogiques à ce thème de l’observation dans les classes. Un étudiant ne peut s’improviser professeur, assister à des cours est une part essentielle de la formation initiale des enseignants, renforcée à l’occasion de la mise en place des ESPÉ. Mais observer ses élèves fait constamment partie de l’activité de tous les enseignants, plus ou moins aguerris : même un conférencier ne peut se permettre d’être indifférent à ce qui se passe dans son public ; à fortiori un pédagogue qui prétend susciter une activité intellectuelle autour d’objets d’apprentissage chez des élèves. La représentation de l’enseignant qui referme soigneusement la porte de la classe une fois les élèves rentrés et se sent seul maitre à bord s’efface de plus en plus au profit de démarches de coobservations dont chacun (observateur et observé) tire le plus grand profit. Enfin, il y a tout ce qu’observe, ou n’observe pas, celui qui vient dans la classe pour cela : le formateur, le conseiller pédagogique, l’inspecteur.

Alors, «  observer  », mot clé d’une bonne pratique professionnelle ? Mais observer qui, quoi, comment et dans quel but ?

Qu’observe-t-on dans la classe ? Comment l’enseignant regarde-t-il ses élèves ? Pourquoi est-ce important d’observer leur façon de travailler ou de bâiller ? Que faire de ces observations ? Quelles en sont les limites ? Que peut-on observer de l’apprentissage des élèves ?

De même que l’enseignant observé par un pair ou par un formateur venu le conseiller peut avoir le sentiment que l’observateur n’a pas vu ce qu’il pense avoir fait, de même les élèves peuvent donner l’impression de travailler sans le faire, ou le contraire. Observer n’est jamais neutre et la subjectivité ne peut pas être évacuée, quels que soient les garde-fous que l’on se donne, à l’aide de grilles ou de protocoles. Quant aux élèves eux-mêmes, ils sont souvent de fins observateurs des usages et pratiques de leurs enseignants et nous n’oublierons pas de leur donner la parole.

L’observation n’est jamais qu’une étape d’un processus d’apprentissage ou de formation. Que fait-on de ce que l’on a observé dans l’activité qui s’enchaine, pour évaluer, réguler, ajuster, seul ou à plusieurs ? Et il ressort de nos articles que les observations sont souvent multifonctionnelles, que leur analyse fait apparaitre d’autres intentionnalités que celles qui étaient affichées au départ.

Nous avons modestement retenu un plan organisé en fonction de «  ce que  » l’on observe ou «  qui  » on observe : ses élèves ou les élèves d’un autre ; ses collègues ou soi-même ; un enseignant en formation ; le professeur ou d’autres élèves observés par les élèves.

Nous espérons ainsi aiguiser nos regards pour être plus attentifs à ce qui se joue dans la classe, dont une part restera toujours, quels que soient les dispositifs mis en place, mystérieuse et invisible.

Sur la librairie

 

Observer la classe
N° 511 - février 2014

Dans la classe, pour faire la classe, les enseignants observent sans cesse leurs élèves ; ils sont eux-mêmes observés lorsque les portes des classes s’ouvrent pour accueillir des stagiaires, des collègues, des formateurs, qui observent à leur tour tout ce qui se déroule. Que ressort-il de tous ces regards croisés ?