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Dewey penseur de l’éducation

2013, Henri Louis Go (dir), PUN-éditions universitaires de Lorraine

5 octobre 2013

Un ouvrage collectif qui nous aide à connaitre l’œuvre importante d’un penseur majeur de l’éducation, adepte du « learning by doing » et de l’implication de l’élève. Un auteur qui a inspiré l’éducation nouvelle, y compris notre revue dont il est question dans une des contributions.


On ne connait sans doute pas assez en France l’œuvre du philosophe américain John Dewey, y compris dans les milieux de l’éducation nouvelle, alors que l’on peut largement s’appuyer sur ses conceptions pour bâtir une pédagogie active, ayant pour objectif l’empowerment de chacun, dans le cadre d’une société démocratique. D’où l’intérêt de cet ouvrage collectif, issu d’un travail coopératif au sein d’une équipe universitaire lorraine qui a choisi de nommer son laboratoire « Normes et valeurs » (tout un programme !)

Si toutes les contributions n’intéresseront pas directement le pédagogue, on retiendra tout particulièrement celle de Xavier Riondet qui étudie les « traces » de l’œuvre de Dewey dans notre revue Les Cahiers pédagogiques dans les premières années de son existence, traces explicites, mais aussi implicites à travers par exemple la mise en avant de l’étude du milieu ou la mise en œuvre de cette affirmation de Dewey : « le problème actuel consiste à déterminer la relation, à l’intérieur de l’expérience, entre les oeuvres du passé et les événements du présent ».

Henri Louis Go, coordonnateur de l’ouvrage, montre, lui, les correspondances entre la pensée de Dewey et le travail de Célestin Freinet, dans sa contribution La question de la reconstruction chez Dewey et le chapitre « Dewey en fantôme de Freinet ».

Eirik Prairat examine la « question des valeurs » chez un penseur qui met en avant l’implication du sujet et combat tout positivisme.

On appréciera à la fin du volume l’amusant vrai-faux débat entre Dewey et un pédagogue suisse qui a vécu bien avant lui , autour notamment de l’œuvre de Pestalozzi. Dewey montre l’importance du social, contre un naturalisme post-rousseauiste. « Il y a comme une continuité biologique entre l’individu et la société, comme il y a une continuité naturelle entre l’État et l’école ».

Même si certains articles sont davantage philosophiques et parfois ardus, ce livre est une invitation à mieux connaitre ce penseur dont l’une des devises « learning by doing » continue à avoir une force subversive face à la domination, quoiqu’on dise, du cours magistral et du savoir tombant d’en haut...

Jean-Michel Zakhartchouk