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Evènements en régions

Devoirs à la maison

Rencontre avec Séverine Kakpo, sociologue, organisée par l’ADEP

Organisée par l’ADEP, la soirée a apporté aux familles présentes à la fois de la réflexion sur ce sujet qui déchaine aisément les esprits, et des éléments concrets pour mieux l’appréhender.

“La maman : Bah, aller à la ferme, aller leur salir...
L’enquêtrice : Il y a des séjours à la ferme ?
La maman : Oui, oui. Une semaine !
L’enquêtrice : A la ferme, à ton avis, qu’est-ce qu’ils peuvent apprendre d’utile pour la scolarité ?
La maman : Je ne vois rien. Qu’est-ce qu’ils vont apprendre à la ferme ! Aller voir les cochons, les machins. Il n’y a rien à apprendre. Tout ça, ça sert à rien, ça sert à rien de les apprendre à faire le jardinage”

Cet extrait montre bien que les familles, (populaires en particulier), ne comprennent pas ce que l’école a de nouveau ou mieux, en quoi les évolutions de la pédagogie peuvent être pertinentes. Il y a donc lieu de parler d’école et de pédagogie aux familles, de leur expliquer ce qui se passe et ce qui a changé. C’est une des conditions pour sortir du conservatisme éducatif des citoyens.

A ce sujet, les devoirs restent le lien tangible entre les familles et l’école. Ils résument, (trop souvent), ce que l’école donne à voir aux familles de ce que fait leur enfant. C’est aussi une des raisons pour lesquelles les familles demeurent si attachées aux devoirs à la maison, puisqu’ils sont la manifestation au domicile “que ça bosse”.

Devant les questions innombrables que se posent les familles à ce sujet, l’ADEP a organisé une rencontre avec Séverine KAKPO, sociologue, maître de conférence à Paris-8 et auteur du remarquable “Devoirs à la maison - Mobilisation et désorientation des familles populaires”. Un pari après la venue il y a deux ans de Dominique Glasman sur un thème similaire. Un pari parce qu’il n’est pas évident de parvenir à intéresser les gens, enseignants ou parents, sur ces rencontres en soirée. Pari réussi, avec une grosse quarantaine de présents, et une Séverine Kakpo qui s’est avérée excellente oratrice.

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Article du Dauphiné libéré

Ce que nous avons appris

Aujourd’hui, il n’y a plus de différence statistique entre les cadres et les ouvriers sur le désir de diplômes supérieurs pour leurs enfants. Cet impératif de réussite scolaire s’impose donc dans les aspirations, mais aussi dans les pratiques ! Les maisons des familles populaires sont devenues de véritables lieux de sous-traitance pédagogique mais aussi des terres de mission des pédagogies traditionnelles ! En effet, les familles populaires ont tendance à s’affranchir des prescriptions de l’Institution et à proposer des livres et des méthodes “traditionnels”, (cf. le succès chaque année renouvelé de la méthode Boscher en lecture syllabique !)

Ce qu’il faut changer

Au final, l’enjeu est bel et bien que l’école publique se ressaisisse, mette à nouveau en situation de réussite les enfants des familles populaires pour que se restaure la confiance. Les enquêtes internationales le montrent : l’école en France est de celles qui corrigent le moins bien les inégalités sociales au départ. L’institution doit se saisir de ces questions : il va de soi qu’il est pertinent que les enseignants, expliquent la pédagogie, ce qu’ils font, seuls ou par l’intermédiaire de structures comme l’ADEP. Néanmoins, ce qui est indispensable, c’est de faire réussir les
enfants, de les rendre autonomes. Il faut que l’institution permette aux enfants de rentrer chez eux avec les moyens d’être autonomes.

François Méroth

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