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La chronique de Nipédu du n° 531

Destination : exigence scolaire

Nicolas Durupt, Régis Forgione, Fabien Hobart


Lundi matin. Quai de la gare. Smartphone dans la poche, écouteurs vissés dans les oreilles. Podcast. Play.

Et si on commençait la semaine par un débat bien polarisé entre partisans d’une école moderne, enthousiasmante, et fervents défenseurs de cette « vertu scolaire » de premier ordre qu’est l’exigence ? C’est rassurant (tout le monde tient son rôle), parfois exaspérant et, finalement, vient cette question : pour quoi faire ?

Le débat est de qualité. Les arguments des deux camps documentés, construits et incarnés sont aussi convaincants que légitimes. Au cœur de l’échange, engagé et courtois, la réussite semble faire tout de même consensus.

La réussite à l’école tout d’abord. L’élévation intellectuelle, ontologique, grâce à la rencontre savamment orchestrée entre l’enfant adolescent et les éléments de culture qui fondent notre forme scolaire (les connaissances au programme), mais aussi grâce à l’acte d’apprendre qui fait grandir.

Ensuite la réussite de l’école, c’est-à-dire la réalisation du pacte républicain : former ce même élève dans un cadre offrant à chacun la liberté d’une expression mesurée, au sein d’un espace collectif sécurisant et sécurisé. Le droit d’y recevoir un accompagnement attentif à chaque singularité pour garantir l’égalité des chances.

« L’exigence n’est pas l’intransigeance ! » Pas d’objection on dirait.

L’exigence serait donc ce mouvement volontaire, certainement un peu projectif, qui sait inviter (ou pas) l’élève à voyager au-delà de ses propres frontières. L’exigence serait finalement comme ce voyage en train qui commence, là, sur ce quai de gare si familier. Pour son trajet, le sujet exigeant choisit sa place. Voyage en classe attente, en classe espoir, ou non-espoir.

Voyager dans les couloirs

Vous n’aimez pas les voyages en cabine, nous direz-vous. Laissez-vous donc tenter par un voyage dans les couloirs ! Voyager dans les couloirs, c’est sûr, c’est sortir de sa zone de confort. C’est prendre le risque de la rencontre, le risque de trouver ce que vous n’auriez pas pensé à chercher. Autant vous prévenir, les couloirs sont bourrés d’élèves !

Ils sont également peuplés d’enseignants qui prennent des risques en « allant chercher les élèves là où ils sont », pour les amener là où il faut les amener. On y croise par exemple Guillaume Poulain qui enseigne l’interprétation littéraire grâce au cinéma d’animation (https://m-url.eu/r-16wg) ; Bruno Vergne qui travaille la lecture et la composition d’images par le biais d’Instagram (https://m-url.eu/r-16wh) ; Baptiste Melgarejo est là aussi avec son projet en neurosciences éducatives et ses spectaculaires bandes-annonces façon blockbuster (https://m-url.eu/r-16wi) ; Mathias Murbach qui visionne avec ses étudiants de première année de droit un extrait du premier épisode de GOT (Game of thrones) pour construire un dossier juridique (https://m-url.eu/r-16wj). Il y a aussi ces professeurs de sciences de la vie et de la Terre qui utilisent Minecraft (https://m-url.eu/r-16wh et https://m-url.eu/r-16wk), Doctissimo, mais aussi les polémiques sur les réseaux sociaux pour aborder des notions disciplinaires complexes et éminemment exigeantes. Aux dernières nouvelles, tous arpentent encore les couloirs. On monte vérifier par nous-mêmes.

Podcast. Stop. On enlève les écouteurs.

Sur la librairie

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S’embarquer dans les apprentissages
Comment embarquer les élèves dans les apprentissages, pour qu’ils aient l’envie et le plaisir d’apprendre ? Comment développer leur implication et leur engagement dans leurs apprentissages ? Certains dispositifs pédagogiques favorisent-ils la motivation et la mobilisation des élèves ? Pour quelle efficacité et quelles exigences ?