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Des propositions pour l’école d’aujourd’hui et de demain

Suite aux Assises de la pédagogie

9 mars 2007

Le samedi 3 février 2007, dans la grande salle de la Mairie du XIII° arr. de Paris et au lycée Jean-Lurçat se sont déroulées les Assises de la pédagogie organisées par le CRAP-Cahiers pédagogiques avec la participation de près de quinze associations amies (mouvements pédagogiques, associations, fédérations de parents).
Près de 400 personnes, un public très hétérogène d’enseignants du premier et second degré, dont certains en formation, de chercheurs, de formateurs... ont assisté aux débats et ont pu largement échanger lors des ateliers de l’après-midi.
L’un des objectifs de la journée était de déboucher sur des propositions concrètes, complétant ou concrétisant le texte-manifeste du CRAP-Cahiers pédagogiques « quelle école pour aujourd’hui ? ».
Ces propositions, adressées aux partis politiques et aux syndicats, sont issues des tables rondes et des ateliers, et représentent une pièce à verser dans le débat sur l’éducation à l’occasion des élections présidentielles et législatives.


Propositions pour une école plus juste et plus efficace

(entre parenthèses, il est indiqué la provenance de la proposition :
atelier animé par telle ou telle organisation)

Le métier d’enseignant

  • Il faut pouvoir faire évoluer le métier et dans un premier temps donner la possibilité à des enseignants volontaires d’organiser un service différent, afin notamment de favoriser le travail d’équipe (CRAP). Dans cette perspective, des établissements innovants doivent pouvoir se créer (avec un suivi évaluatif et une mise en réseau) (OCCE).

La formation des enseignants

  • L’indispensable formation continue doit être d’abord conçue comme un moyen de résoudre des problèmes professionnels et d’échanger sur les pratiques. Elle doit être locale, mais aussi nationale (rétablissement souhaité d’espaces tels que les universités d’été) (CRAP).
  • Il convient de valoriser dans le recrutement, les expériences ouvertes sur l’accompagnement des jeunes (Maison des enseignants).
  • Les mouvements pédagogiques doivent être reconnus comme « formateurs collectifs » (ICEM), ce qui implique une aide pour leur fonctionnement sur la base d’un cahier des charges.

Lutter contre l’exclusion et l’échec des élèves en difficulté

  • Un vrai accompagnement doit se mettre en place dans les zones défavorisées, mettant en synergie les IUFM, les responsables hiérarchiques, les chercheurs.
  • La formation des personnels doit être renforcée pour ces zones (OZP). - aussi bien pour les enseignants que pour les autres personnels.
  • On doit faire appel aux associations et mouvements de jeunesse pour accompagner les élèves dans leur scolarité (Maison des enseignants), tout en se gardant de considérer l’accompagnement comme dispensant d’une réflexion sur les pratiques dans les classes. Accompagnement-complément et non substitut aux transformations pédagogiques.
  • Il faut conjuguer avec discernement des politiques d’excellence et de réussite pour tous, et viser en particulier l’excellence culturelle et pas seulement « scolaire » (Education & Devenir).
  • Les dispositifs-relais doivent se développer, mais pas comme outils de colmatage. Se servir de leur expérience pour une meilleure prise en compte des difficultés dans les classes (Francas).

Prendre davantage en compte les familles

  • Il s’agit de rendre l’école plus « transparente » par davantage d’échanges, avec temps et lieux communs, effort de communication véritable (et non d’information descendante) (FCPE).

Culture et contenus

  • Il faut insister sur la dimension plurielle de la culture (scientifique et technique également) (GFEN et MATh.en.JEANS). La mission culturelle de l’école est fondamentale, mais ne se situe pas dans un « à côté », mais au cœur même des apprentissages scolaires.
  • Le« socle commun de connaissances et compétences » a représenté une avancée, mais il faut maintenant l’envisager de façon dynamique, en insistant sur les parties transversales (Café pédagogique), sur l’articulation compétences/connaissances et en faisant moins un catalogue confus.
  • Il faut continuer à se battre contre les tendances fortement culturelles au partage des rôles garçons-filles, en instituant notamment des temps de parole collectifs pour les élèves (mixtes, mais aussi parfois non-mixtes pour mieux travailler en mixité ) (CEMEA).

Apprentissage de la citoyenneté

  • Il faut développer et former les enseignants à la pédagogie de la discussion pour favoriser la réflexion collective, à partir des propositions individuelles (FOEVEN).

Ces propositions complètent le texte déjà élaboré par le CRAP-Cahiers pédagogiques « Quelle école pour aujourd’hui ? ».


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