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N° 541 - Les tâches complexes à la loupe

Des MOOC pour former à l’apprentissage autodirigé ?

La chronique de Nipédu


Au cours de l’évènement Adopte un MOOC organisé par France université numérique le 30 septembre dernier, nous avons pu échanger avec des équipes pédagogiques, mais également des participants assidus à ces parcours de formation en ligne ouverts et gratuits, communément connus sous l’acronyme de Massive Open Onlines Courses (ou FLOT, formations en ligne ouvertes à tous).

Après une révolution autoproclamée il y a près de cinq ans par leurs promoteurs, il semblerait, à en croire de récentes publications [1], que les MOOC connaissent aujourd’hui une «  traversée de la désillusion ». En toile de fond de ce constat, l’évolution des modèles économiques des diffuseurs de MOOC, mais également un questionnement sur l’identité, les postures et les compétences des participants.

Ainsi, si on ne peut qu’adhérer à l’idéal philanthropique des MOOC annoncé à leur lancement, proposer gratuitement aux apprenants du monde entier les contenus des plus prestigieuses universités, force est de constater que ces propositions reposent sur la capacité d’autoformation des apprenants et font face, de ce fait, à un certain nombre d’obstacles à la fois pratiques, didactiques et pédagogiques.

Obstacles

Parmi les obstacles pratiques, on peut citer la multiplication des plateformes payantes au détriment de portails gratuits, le caractère finalement non innovant et peu attractif des MOOC, guère différents de ce que peut proposer l’enseignement à distance traditionnel, et surtout l’absence quasi absolue de diplomation universitaire.

Bien plus encore que ces aspects pratiques, il semblerait que les questions relatives aux apprenants et à leur rapport avec l’objet de formation portent l’enjeu de l’avenir de ces nouveaux espaces d’apprentissage. On sait aujourd’hui que la majorité des participants aux MOOC ne sont pas des personnes jusque-là privées d’accès aux études, mais des diplômés de l’université. Ces apprenants, experts, semblent donc tout à la fois disposés à s’engager dans un parcours de formation autodirigé et à accepter les contraintes d’un cours déployé de manière linéaire, descendante et académique.

Voilà peut-être l’une des premières réflexions à mener pour penser l’évolution de ces espaces de formation. Au-delà de la transmission des contenus à la manière d’un cours magistral, ne devraient-ils pas avoir le souci de développer chez le participant ses compétences d’autoformation : définir clairement ses besoins d’apprentissages, identifier ses forces et ses faiblesses, les opportunités et les obstacles inhérents à cette modalité de formation ?

En miroir de ce questionnement tourné vers l’apprenant, quelles pistes pour l’ingénierie de formation ? Peut-être s’agit-il d’offrir un cadre de liberté à la fois structurant et rassurant, pour permettre à l’apprenant le moins autonome de retrouver un guidage qui l’invite à suivre l’intégralité des modules du parcours, tout en lui permettant de développer ses compétences d’apprenant autodirigé. Parallèlement, ces parcours sauront intégrer l’agilité et les expertises diverses des participants les plus familiers (du domaine de connaissance, mais également des stratégies d’autoformation) au service de la dynamique participative du parcours et de la réussite individuelle de chacun des apprenants.


[1Voir «  Les MOOC font pschitt  », Le Monde, article en ligne du 22/10/2017, https://m-url.eu/r-1j4w

Sur la librairie

 

Les tâches complexes à la loupe
Depuis l’instauration du socle commun et l’incitation des enseignants à mettre en œuvre des «  tâches complexes  » dans leurs classes, on assiste à un foisonnement de propositions, personnelles et institutionnelles. Un dossier pour poursuivre la réflexion et nous aider à faire des choix pédagogiques et didactiques plus pertinents.
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