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Premières Assises de la pédagogie : Résister et proposer

De solides « assises » pour la pédagogie...


Le samedi 3 février 2007, dans la grande salle de la Mairie du XIII° arrondissement de Paris et au lycée Jean-Lurçat se sont déroulées les premières Assises de la pédagogie organisées par le CRAP-Cahiers pédagogiques avec la participation de près de quinze associations amies (mouvements pédagogiques, associations, fédérations de parents).

Près de 400 personnes, un public très hétérogène d’enseignants du premier et second degré, dont certains en formation, de chercheurs, de formateurs... ont assisté aux débats et ont pu largement échanger lors des ateliers de l’après-midi.
L’un des objectifs de la journée était de déboucher sur des propositions concrètes, complétant ou concrétisant le texte-manifeste du CRAP-Cahiers pédagogiques « quelle école pour aujourd’hui ? ». Ces propositions désormais publiées sur le site du CRAP et envoyées aux candidats aux présidentielles (hors extrême-droite).
Parmi les axes forts qui ont émergé aussi bien des ateliers que des deux tables rondes (l’une avec des chercheurs : Philippe Meirieu, Jean-Yves Rochex, Samuel Josuah et Françoise Lorcerie ; l’autre avec des praticiens et un inspecteur général engagé), nous pouvons dores et déjà énoncer quelques points forts.
- Il faut affirmer plus que jamais le droit à l’éducation pour tous, contre la formule réductrice et manquant singulièrement d’ambition d’ « égalité des chances », contre la simple recherche d’un élargissement de l’élite par la « méritocratie »
- On doit promouvoir dans les établissements un vrai travail collectif, celui-ci bénéficiant cependant d’un accompagnement et d’un pilotage de l’institution. Il ne s’agit pas d’abandonner les équipes à la « débrouillardise » ni de leur imposer des carcans. Philippe Meirieu résume cela en une formule : « plus d’Etat, plus de pilotage, moins de bureaucratie » Un atelier a réfléchi à de nouveaux services dans le secondaire, qui ne peuvent être imposées brutalement.
- Un équilibre est à rechercher en permanence entre l’indispensable liberté pédagogique et l’esprit de responsabilité, comme l’a exprimé Françoise Lorcerie, ce qui est à mettre aussi en rapport avec le pilotage, y compris des innovations
- Le chantier sur les contenus doit être vraiment mis en route, pour aller bien au-delà de ce qui a été esquissé autour du socle commun. Samuel Josuah a insisté notamment sur la place presque inexistante consacrée à l’école au travail sur les relations sociales
- La formation de l’esprit critique reste à faire, alors même qu’on voudrait, nous dit-on, restaurer l’autorité absolue du maître, l’autorité de la « parole révélée » quand il s’agirait de mettre au centre l’autorité des « savoirs », autorité qui ne va jamais de soi et qui s’apprend, dans la construction d’une citoyenneté éclairée. Comme le dit Jean-Yves Rochex, « il faut mettre au centre la question de la démocratisation de l’accès aux savoirs et à l’exercice critique de ces savoirs ».
- La formation des enseignants reste centrale. Là encore, le pilotage est indispensable, mais les modalités doivent être diversifiées et faire appel à la créativité des acteurs

On le voit, il s’agit d’engager de vrais débats, loin de la logique binaire chère à certains médias, loin de solutions simples, qui ne peuvent être que simplistes. Les témoignages de praticiens montrent à la fois une passion pédagogique qui reste intacte et un risque de découragement devant les difficultés que rencontrent ceux qui innovent et le manque de reconnaissance de leur travail.
Le CRAP-Cahiers pédagogiques, à travers ses prochaines activités dont la publication de numéros sur des sujets tels que « faire avec les classes hétérogènes » ou « travailler en équipe », poursuit sa réflexion, en affirmant sa volonté à la fois de résister au renoncement, au manque d’ambition pour l’école, à l’abandon des valeurs fondamentales de la démocratie, et de proposer, d’avancer des solutions, même si toutes ne sont pas pédagogiques et scolaires.