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Parution du n° 548 des Cahiers pédagogiques, « Des collectifs enseignants connectés »

« De la “collection de professionnels” à l’ “organisation apprenante” avec toutes les nuances intermédiaires »

Entretien avec les coordonnateurs du dossier, Régis Forgione, Fabien Hobart et Jean-Philippe Maitre

9 novembre 2018

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Comment est né le projet de ce dossier ? Comment vous êtes-vous retrouvés à coordonner un dossier pour les Cahiers pédagogiques ?

Disons que ça fait un certain moment que la question des collectifs enseignants connectés nous travaille, ou que nous travaillons la question, pour le dire autrement ; que ce soit via nos projets personnels ou professionnels touchant de près ou de loin à l’éducation et au numérique. Prosaïquement, c’est la sortie du dossier N°537 des Cahiers sur les Classes inversées qui a été déclencheur. On s’est dit que les collectifs enseignants connectés méritaient d’être décortiqués, analysés, passés au crible des regards croisés entre praticiens, formateurs, chercheurs et observateurs extérieurs et institutionnels. D’autant qu’on s’est rendu compte que, dans notre trio, nous n’en avions pas forcément la même vision, ni la même analyse.
Nous voilà donc à proposer le thème aux Cahiers pédagogiques qui nous faisaient déjà confiance pour une chronique mensuelle de Nipédu. Même si ce n’est pas le process habituel - où ce sont les Cahiers qui initient les thématiques de leurs dossiers - le thème croisait leurs réflexions sur la formation informelle et horizontale entre pairs et ils ont cru au potentiel de ce dossier. Et nous nous sommes embarqués dès la fin de l’année scolaire 2017-2018 dans la coordination de cette aventure aussi passionnante que formatrice.

Qu’est-ce que c’est, des « collectifs enseignants connectés » ?

C’est toute la question et l’ambition du dossier que de tenter de les définir et de les appréhender ! Bien sûr, au départ, nous avions chacun plus ou moins une représentation de ce que pouvait-être un collectif enseignant connecté, que ce soit avec nos casquettes d’enseignant, d’ingénieur pédagogique ou d’universitaire, que nous soyons actifs dans un collectif enseignant connecté ou pas. La question serait : suite à ce dossier, est-ce que l’image est plus nette ou a t-elle changé pour nous en tant que coordinateurs ? Oui et non !
Disons que les communs d’un collectif enseignant connecté sont posés : c’est un groupe d’enseignants qui travaillent de manière plus ou moins collaborative et collective via des outils numériques. Le dossier montre au final une mosaïque de propositions selon les objectifs, l’organisation, les finalités, les principes de fonctionnement ou encore la durée de vie de ces collectifs. Pour dire la complexité du sujet et tenter de répondre à la question, on peut renvoyer à l’article de Clémence Jacq et Luc Ria, qui propose une grille de positionnement des collectifs professionnels tout à fait éclairante. Cette grille de lecture permet à la fois d’identifier ce qui relève du collectif enseignant connecté mais aussi ses étapes de transformation entre simple « collection de professionnels » et « organisation apprenante » avec toutes les nuances intermédiaires. On serait bien curieux de lire la variété des réponses à cette question lancée sur les réseaux, tiens : pour vous qu’est-ce qu’un collectif enseignant connecté ?

Qu’est-ce qui ressort plus particulièrement dans ce dossier ?

C’est typiquement les angles de chaque article mais aussi la façon dont ils se répondent et croisent leurs regards qui nous paraissent faire le sel de ce dossier. Nous espérons que les lecteurs apprécieront de découvrir « de l’intérieur » les propositions, le fonctionnement et comment se vivent les collectifs tels que Nos Ceintures de Compétences 2.0, Twoulipo, EMCPartageons, la SuperTeamCP ou encore Twictée, qui ont joué le jeu de l’ouverture. Ces collectifs, comme d’autres expérimentations, qu’elles soient institutionnelles ou issues du terrain, mis en perspective et passés à l’aune de la recherche par Françoise Cros, André Tricot ou Georges Ferone, voilà qui nous a semblé nourrir le débat sur les enjeux, défis, forces, faiblesses ou malentendus auxquels sont confrontés ces collectifs aujourd’hui.

Un manque, un regret ?

Sur l’expérience en tant que telle, pas le moindre regret ! Ce fut une année entière de passionnant travail, entre l’identification et le choix des auteurs, l’accompagnement à la rédaction de leurs textes, les temps forts comme les réunions avec le comité de rédaction au local du CRAP-Cahiers pédagogiques et, bien sûr, toujours avec l’accompagnement bienveillant de l’équipe des Cahiers. Sur le contenu du dossier, on aurait peut-être aimé avoir plus de voix dissonantes « qui grattent » parmi les praticiens. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Est-ce le signe que ces collectif font consensus dans l’état actuel des choses ? Pas si sûr !
Enfin un regret pour les quelques textes qui n’ont pas passé le final cut du comité de rédaction des Cahiers. La règle était claire et énoncée à tous depuis les débuts, bien sûr, mais on est forcément un peu frustrés. Après tout le processus d’accompagnement et de coordination avec les auteurs, pour nous chacun des textes était important et avait sa place. Peut-être aurons-nous la chance de voir ces textes publiés ailleurs !

Propos recueillis par Cécile Blanchard

Sur la librairie

 

Des collectifs enseignants connectés
De nombreux champs d’actions du métier enseignant ont été transformés à mesure que l’informatique a envahi les lieux professionnels et personnels des enseignants. Comment définir aujourd’hui ce qu’est un collectif d’enseignants connectés et comment le numérique prend place dans son fonctionnement ?
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