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Le CRAP au congrès de l’UNL

De l’intérêt d’écouter les lycéens

10 février 2015

Le 7 février, l’Union Nationale Lycéenne (UNL), première organisation lycéenne de France, a organisé à Nanterre son 11e congrès national des élus lycéens.
Le CRAP était invité à intervenir dans l’atelier «  Quelle pédagogie pour garantir la réussite de tous ?  » Qui avait pour but de revenir sur les méthodes pédagogiques actuelles et les perspectives d’évolution. Émilie Kochert représentait le mouvement. Elle nous fait part de ses impressions.


Tout d’abord, bien sûr, ils étaient déjà hors horaires, un congrès normal donc.
Très vite, les interventions des lycéens ont fusé !

Il a été question de l’emploi du temps : beaucoup d’avis différents, mais le souci de pouvoir concilier horaires de base, options choisies (parfois abandonnées de fait) et vie ailleurs : loisirs, amour (pas dit mais bon, c’était implicite) vie sociale… J’ai évoqué la classe inversée, ils sont intrigués mais sont d’accord sur le fait qu’on ne peut pas le pratiquer tout le temps chez soi, pour cause d’amplitude des horaires et de devoirs. Réflexion contradictoire sur la durée des vacances d’été : les raccourcir, oui, non, pour certains on pourrait supprimer les petites vacances de Toussaint ou février… Quant à la journée, certains parlent des travaux des chronobiologistes, tandis que d’autres évoquent des journées de 10 heures sans pause, juste un déjeuner rapide, voire pas le temps.

J’ai aussi essayé de développer quelques aperçus sur les contraintes du temps à l’école. J’ai évoqué des horaires d’ouverture qui ne devraient peut-être pas se limiter aux heures de cours (ils sont plus que partants, ils trouvent l’idée géniale, surtout quand j’ai mentionné le temps de préparation des C.A., des TPE…).

Sur la notation, beaucoup de critiques sur l’opacité des notes, et des échos de pratiques pas toujours à l’honneur des enseignants : copies sans appréciations car «  au bac tu n’en auras pas  », « je n’ai pas à justifier mes notes  », « il n’y aura pas de bac blanc car c’est trop long à corriger  »… J’ai parlé des leviers à leur disposition, dit qu’ils ne devaient pas se résigner à la note-souffrance-humiliation, j’ai rappelé ce qu’était l’évaluation, évoqué l’évaluation sans note. Et là, miracle, un élève a parlé de ses profs de SVT et physique qui notent à partir d’un barème lié aux compétences. Ils ont tous écouté attentivement, ça les tente beaucoup, ils ont demandé comment on pratiquait, j’ai expliqué, évoqué la possibilité de remédiation en Accompagnement personnalisé (de toute évidence l’AP n’est bien souvent qu’un prolongement du cours, notamment en maths où si j’ai bien compris ils (re) font des exercices).

Sur la parole lycéenne, l’un d’eux a profité de l’ouverture sur les instances pour demander pourquoi ils n’étaient pas représentés au conseil pédagogique, et a exprimé le sentiment qu’on prenait des décisions dans leur dos. Ils voudraient être écouté, c’est beaucoup revenu.
Mais on avait dépassé l’heure.

Ensuite, plusieurs sont venus me parler, ont apprécié mon écoute et la discussion. Bref, après-midi passionnant, quoiqu’un peu épuisant. Et si on écoutait davantage les lycéens ?

Emilie Kochert