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Recension parue dans le N° 383 d’avril 2000

Connaître le handicap, reconnaître la personne

Charles Gardou (et collectif), Erès, 1999

12 avril 2000


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Comment permettre à ceux que le hasard de la naissance ou de la vie a stigmatisés, d’être reconnus comme sujets et de jouer pleinement leur rôle dans la communauté humaine ?

Ainsi Charles Gardou introduisait-il la problématique introductive à un colloque international que le CRHES (Collectif de recherches sur le handicap et l’éducation spécialisée) organisait à Lyon en septembre 1998 sur le thème « La personne handicapée : d’objet à sujet, de l’intention à l’acte ». Un ouvrage paraît un an après, avec pour titre : Connaître le handicap, reconnaître la personne. Il reprend les contributions de près d’une cinquantaine de participants selon deux grands axes.

Il y est d’abord question de « la personne handicapée : d’objet à sujet ». D’objet tant la personne handicapée devient souvent malgré elle un laisser pour compte donnant lieu à une prise en charge davantage qu’à un accompagnement, restant « exilée sur le seuil », privée de la plus élémentaire dignité qui est la reconnaissance à défaut de la connaissance, spoliée même parfois du droit au travail, condition d’une citoyenneté solidaire. Lorsque le droit à l’éducation et à la formation, à une vie professionnelle, à l’information, à la culture, aux loisirs et aux activités sportives, à une vie familiale, affective et sexuelle sont considérés comme des dus par les personnes provisoirement non handicapées, il paraît juste, exigible et sans restriction que les mêmes possibilités, que les mêmes prérogatives existent en actes pour les personnes handicapées.

« Des intentions aux actes » scrute dans une seconde partie les mesures et les pratiques existantes en faveur du handicap. Sont ainsi interrogées les catégorisations qui enferment, une école parfois frileuse à l’égard des enfants handicapés, la nécessité d’un renouvellement des pratiques culturelles, la possibilité de mettre en place des réseaux d’accompagnement professionnel, la capacité à faciliter la vie quotidienne, l’importance à vivre l’amour dans sa double dimension physique et affective.

La conclusion de ce beau livre, qui donne à méditer pourrait se retrouver dans cette belle phrase mise en exergue par Charles Gardou : « refuser enfin d’aliéner la personne à sa différence et lutter sans faillir contre toutes les formes de mépris ».

Michel Develay


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