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Note de Terra nova

Comment les établissements scolaires gèrent l’hétérogénéité des élèves

Michèle Amiel

8 octobre 2014

Dans le cadre d’une note pour Terra Nova parue le 18 septembre 2014, Caroline Veltcheff, Jean-Pierre Obin et Maya Akkari font une étude comparative des différents modèles existants de gestion de l’hétérogénéité des élèves dans les établissements scolaires


Ils étudient d’abord la manière dont les établissements de l’OCDE gèrent la carte scolaire et la manière dont les élèves sont répartis dans les classes et les groupes. Ils analysent ensuite les réponses pédagogiques à la diversité du public scolaire. Ils décrivent enfin ce que serait une politique nationale déclinée au niveau central, académique et local qui permettrait la réussite du plus grand nombre.

Le système éducatif français se révèle parmi les plus inégalitaires des pays développés : on y observe une dégradation des résultats entre 2003 et 2012, avec une élévation légère des élèves très performants et une augmentation importante des élèves en grande difficulté. A l’opposé, dans les systèmes éducatifs performants, une élite large émerge et peu d’élèves éprouvent de grandes difficultés.

Les conditions de leur réussite : la sélection se fait à la fin du collège et le redoublement n’est pas autorisé. Les classes sont hétérogènes avec un recours important à l’individualisation des apprentissages à l’intérieur de la classe (pédagogies coopératives et tutorat des enseignants). Le pilotage pédagogique est attentif, avec des bilans très réguliers dans l’équipe de classe, des adaptations continuelles aux difficultés et aux progrès des élèves.

Les modalités de recrutement et d’affectation des élèves donnent accès à plusieurs établissements de proximité dans la limite de quotas de niveaux scolaires permettant de répartir l’hétérogénéité. Ce modèle réduit les inégalités et tient compte du contexte local.

Pour répondre aux difficultés de publics scolaires très divers, les écoles performantes favorisent les pratiques inclusives dans la classe : les pédagogies de coopération, l’attention au climat de classe, les regroupements de courte durée en groupe de compétences, une temporalité adaptée au rythme d’apprentissage des élèves.

Pour réformer en profondeur le système, on attend la mise en place d’une politique déclinée d’abord au niveau national avec des objectifs clairs, la mise à disposition de ressources, des outils de suivi et d’évaluation, puis la sanction de ces évaluations. Le niveau académique est le plus pertinent pour assurer le suivi de la mise en œuvre de cette politique (mobilisation, formation et évaluation des chefs d’établissement et des autres personnels d’encadrement, formation et accompagnement des enseignants à la gestion des classes hétérogènes, repérage et diffusion des innovations, encouragements des expérimentations).

Enfin, les établissements doivent disposer d’une réelle autonomie dans l’utilisation de leurs moyens comme dans le pilotage de leur projet avec un diagnostic élaboré localement, la formation de nouvelles compétences pour des équipes largement informées des facteurs favorables et défavorables à la diversité et à la réussite. Le rôle des personnels sera en effet crucial pour définir, impulser et suivre ces politiques d’établissement.

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