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L’actualité éducative du N°421 - février 2004

Comme dans une salle de classe

Nadine Lanneau


Deux débats avec des parents, des profs d’école, les profs du lycée (dont un qui est aussi formateur à l’IUFM et un autre qui enseigne aussi en fac), une personne en contact dans son travail avec des jeunes recherchant une insertion, deux élèves.
Nous étions installés comme dans une salle de classe sauf qu’il n’y avait pas qu’un seul maître sur l’estrade mais cinq personnes, dont trois profs. Un animateur était sur le côté et surveillait le débat.

Question 22 : former, recruter, évaluer les enseignants, évaluer mieux leur carrière
- on a parlé des inspecteurs qui devraient être plutôt des conseillers pédagogiques ;
- beaucoup de critiques sur l’IUFM en particulier venant de profs qui avaient débuté dans des ZEP de banlieue parisienne et avaient attendu en vain de l’aide de l’IUFM. Mais est-ce à l’IUFM d’apporter cette aide (voir les conseillers pédagogiques dans le primaire) ? Une formation professionnelle qui commencerait plus tôt à l’université est demandée : pouvoir se positionner pour le métier d’enseignant dès les premières années pour avoir une formation plus longue. L’actuelle étant trop courte et trop théorique ;
- un parent a posé la question de l’évaluation des enseignants par leurs élèves, ce qui a, semble-t-il, choqué !

Question 06 : comment l’école peut-elle s’adapter à la diversité des élèves ?
- débat entre ceux qui veulent une sélection très tôt et ceux qui défendent une structure unique ;
- le collège unique : problème de l’insertion de jeunes qui ont suivi péniblement toutes ces années de collège en perdant l’estime d’eux-mêmes et sont, à la sortie, incapables de travailler parce qu’ils ne savent pas quoi faire et qu’ils ne veulent pas de travaux du bâtiment, de travaux dévalorisés. Comment construire un vrai collège avec une véritable culture professionnelle valorisante pour tous, une culture technologique pour tous et même une véritable culture artistique pour contrebalancer la suprématie des savoirs abstraits, cause d’échec scolaire ?
- les filières : au lycée, pourquoi cette hiérarchie ? L’institution et les profs ont leur part de responsabilité quand, dans des réunions, il est déclaré publiquement que les meilleurs élèves doivent aller en S pour avoir toutes les chances de choisir ensuite ;
- l’université : pourquoi l’échec en première année ? Débat entre ceux qui veulent une sélection à l’entrée pour casser cet échec (ça fonctionne bien en classes prépas !) et ceux qui pensent que c’est à l’université de se réformer. Problème de l’échec des étudiants venus de STT parce qu’ils n’ont pas eu de place en BTS ni en IUT.

Question 10 : organiser et améliorer l’orientation
- d’abord la question des choix différents selon les sexes ;
- surtout, comment améliorer l’orientation pour entrer dans ce lycée classique de centre-ville ? Certains élèves de cités ne veulent pas franchir une sorte de ligne de partage dans la ville. Instaurer un dialogue, les profs pourraient mettre en valeur la réussite de certains lycéens anciens collégiens de ces zones, revoir la politique de la ville...

Nadine Lanneau