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Pratique d’établissement

Classes sans notes : l’émergence d’une autonomie

Geoffroy Merlot, principal du collège de Nogent-sur-Oise

25 février 2014

Passer de l’évaluation avec des notes au travail par compétences, voilà qui entre dans les pratiques et rencontre un écho favorable. C’est ce que nous montre l’exemple d’un collège de Nogent-sur-Oise, près de Paris, décrit par son principal.


Dans votre collège, les élèves de 6e travaillent sans notes, c’est bien cela ?

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Geoffroy Merlot

Le collège Berthelot a, depuis plusieurs années, proposé des expérimentations sur l’évaluation par compétences. Pour cette rentrée scolaire, il a été décidé, dans la concertation, de proposer pour toutes les classes de 6ème une évaluation par compétences pour le 1er trimestre. Ainsi, les équipes ont élaboré pour leur matière une grille de compétences. La totalité des items a été centralisée sur un logiciel, ce qui a permis d’élaborer un bulletin pour chaque élève. Si certains ont parallèlement évalué avec des notes, seul le bulletin de compétences a été diffusé aux élèves et à leurs responsables.

Quels sont les facteurs aidant à la mise en place dans un établissement et facilitant le changement entraîné auprès des élèves, des parents ?
La première condition pour impulser une telle initiative est la nécessité d’une concertation au sein du collège. Argumenter, dégager les avantages, anticiper les points de blocage, d’où l’intérêt d’intégrer à la réflexion les moins convaincus. Après avoir défini le cadre du dispositif, il a fallu préparer l’outil informatique, ce qui n’a pas été sans difficulté.
L’idée était également d’expérimenter sur un unique trimestre, en vue d’une évaluation permettant la reconduction future du projet, après améliorations. Ainsi, un questionnaire en ligne a été proposé aux collègues de 6ème (http://goo.gl/ffzyc8 ). Puis un groupe de travail « Compétences » a été mis en place pour peaufiner le dispositif de la rentrée prochaine.
La principale difficulté réside dans la communication aux parents et élèves, très attachés aux notes.

Quelles retombées positives voyez-vous actuellement ? Quelles sont les difficultés ou risques à prendre en compte pour la suite ?

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Remise du bulletin

Force est de constater que ce dispositif, s’il revêt quelques points névralgiques (difficulté à se positionner au sein du groupe par faute de notes et de moyennes générales, réticence de certains élèves et parents), a eu un impact positif sur des élèves intégrant le collège avec des difficultés certaines. En effet, la note, aisément vécue comme une sanction, est facteur de démotivation, voire de décrochage précoce.
Le travail par compétences a permis à ces élèves en difficulté de vivre positivement leur adaptation à cette nouvelle structure et a favorisé l’émergence d’une autonomie par la valorisation des réussites de chacun. Ainsi, les problèmes de comportement ont fortement diminué comparativement aux années précédentes. De même, le nombre de mentions négatives aux conseils de classe a été divisé par deux. En conclusion, des élèves, qui pourraient déjà être en perdition, s’accrochent et n’ont pas le prétexte de mauvaises notes pour se démotiver. De plus, le travail par compétences permet de recenser les besoins des élèves et surtout d’apporter des conseils et de formuler des objectifs concrets pour progresser.
Ainsi, dès la rentrée prochaine, ce travail par compétences sera généralisé à l’ensemble de l’année scolaire, en espérant qu’il s’élargira progressivement à tous les niveaux.

Geoffroy Merlot


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Pour prolonger la discussion sur le travail sans notes,
le cercle sur les compétences est ouvert

Sur la librairie

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N° 491 - Évaluer à l’heure des compétences

Quoi de neuf du côté de l’évaluation ? Au-delà de la question inévitable des notes, une idée forte émerge des récits de pratiques rassemblés dans ce dossier : évaluer les apprentissages des élèves dans le cadre d’une approche par compétences amène à reconsidérer bien des dimensions du métier, dans la mise en activité des élèves, les dispositifs d’aide, les relations avec leurs parents, le travail en équipes.
Ni martingale, ni épouvantail : un outil pour mieux faire apprendre.