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Premières Assises de la pédagogie : Résister et proposer

Cas d’école pour un débat sur l’utilisation des moyens de l’éducation prioritaire

À Paris le 3 février 2007


Dans le débat politique sur l’éducation, les ZEP sont devenues le symbole fort de la volonté sociale des partis politiques et des candidats. Comme preuve de cette volonté, ils annoncent, avec des variantes, un effort massif pour les ZEP qui serait affecté à une diminution massive du nombre d’élèves par classe. La proposition de T.Piketty (dont l’OZP a dénoncé les annonces trompeuses) constitue la référence la plus fréquente et aussi la plus modeste : diminuer les effectifs de 5 élèves par classe.(certain programme a parlé de diviser les effectifs par deux).
Une telle proposition est née dans le monde des statisticiens sans que jamais l’expérience des acteurs de terrain soit interrogée. Sa force, son évidence est d’être facile à comprendre par l’opinion publique et de relayer le discours syndical majoritaire. Et pourtant les enquêtes de terrain le rapport Moisan Simon mettent en avant d’autres besoins qui ne sont jamais relayés : celui d’accompagnement, de temps pour le travail en équipe et l’échanges de pratiques etc.

L’effort budgétaire

Avant la réforme récente, les moyens supplémentaires des ZEP étaient d’environ 4000 postes d’enseignants dans les écoles et 3600 dans les collèges (sans compter les emplois de CPE, d’aides éducateurs, d’éducation spécialisée etc. plus nombreux en ZEP et sans parler des primes). Le tableau suivant indique le nombre de postes nécessaires pour diminuer de 5 le nombre d’élèves par classe selon que cette mesure s’appliqueraient aux seuls RAR (250) ou aux ZEP- non compris les REP - (750.)

Nombre de postes nécessaires pour diminuer le nombre d’élèves par classe de 5 élèves
Collèges Ecoles élémentaires Ecoles Maternelles
250 réseaux 2800 2500 1500
750 réseaux 8400 7500 4500

Notre propos n’est pas de refuser un tel effort, mais d’éviter, si jamais il se réalise, qu’il ne soit gaspillé et de le répartir sur des propositions moins spectaculaires mais plus efficaces.

C’est aussi l’occasion d’affirmer que :
- La complexité des problèmes de l’éducation est telle que les progrès ne peuvent dépendre d’une mesure unique spectaculaire.
- Les responsables politiques et médiatiques ne peuvent se substituer aux acteurs de terrain pour inventer les dispositifs et les pratiques pédagogiques les plus efficaces.
Nous proposons à l’atelier de débattre sur un cas d’école : quelle serait le meilleur usage de ressources importantes affectées à l’éducation prioritaire.

Cas d’école

Raisonnons à l’échelle d’un réseau formé d’un collège et des écoles qui lui sont rattachées, de taille moyenne en zone urbaine (précision importante car l’écart des dotations entre grands et petits collèges est presque aussi important que l’écart ZEP et hors ZEP.)
Prenons comme base un réseau moyen hors ZEP, comparons-le avec un RAR (réseau Ambition Réussite) et débattons de l’utilisation de moyens importants qui seraient affectés à ce réseau : le meilleur usage serait il de diminuer les effectifs par classe ?

Soit un collège de 540 élèves, 4 écoles élémentaires totalisant 675 élèves et 4 écoles maternelles comptant 450 élèves. Hors RAR et hors éducation prioritaire un collège de 540 élèves a une dotation 675 heures hebdomadaires, soit 38 emplois et un rapport (H/E) de 125 heures pour 100 élèves. Les élèves sont répartis en 22 divisions de 24 ou 25 élèves. 595 heures sont utilisées pour l’enseignement en classes entières et 80 heures sont disponibles pour l’enseignement en petits groupes(par dédoublements, TP, soutien, IDD, LV2 à faibles effectifs etc.)ou parfois (mais marginalement) pour des heures hors présence des élèves. Les élèves ont ainsi en moyenne 3 à 4 heures par semaine en petits groupes.
Avec les mêmes effectifs, un collège AR, avait en 2005-2006, une dotation de 772 heures soit 43 postes et un rapport H/E de 143 heures pour 100 élèves. Les élèves sont répartis en 25 divisions de 21 ou 22 élèves par division. Il reste en moyenne 97 heures pour l’enseignement en petit groupes ou pour les heures hors présence des élèves. Il y a en moyenne 3 élèves en moins par division et les élèves ont là aussi 3 à 4 heures d’enseignement en petit groupe.

Pour les 4 écoles élémentaires hors RAR, les 675 élèves sont répartis en 28 classes de 24 élèves et en RAR il y aura 31 classes soit 3 postes en plus ans compter des décharges de Direction un peu plus généreuses. En maternelle, les 450 élèves seront répartis en 17 classes de 26 élèves hors RAR, et en 19 classes de 23 ou 24 élèves en RAR.

Hors Education Prioritaire Réseaux Ambition Réussite
COLLEGES 540 élèves
Heures/100 élèves 125h 143h
Dotation Horaire Globale 675h ou 38 emplois 772h ou 43 emplois
Nombre de divisions 22 divisions 25 divisions
Heures en petits groupes total 80h 97h
Par élève 3 ou 4h 3 ou 4h
Heures déjà affectées à la baisse des effectifs 81
Heures nécessaires pour une baisse de 5 élèves par classe 202 heures ou 11 emplois
Ecoles élémentaires 675 él.
Nombre de classes 28 31
Postes pour une baisse de -5 élèves 1 0
Maternelles 450 élèves
Nombre de classes 17 19
Postes pour une baisse de -5 6

Les RAR disposent depuis la rentrée de 4 postes de professeurs référents que l’on peut partager à égalité entre les écoles et le collège.
Question : comment utiliser au mieux cette ressource de 11 emplois en collège, de 10 emplois dans les écoles élémentaires et de 6 en maternelle ?