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N°494 - L’erreur pour apprendre

C’est la faute à…

Par Christine Vallin


Conduire une voiture, il parait que ça consiste à corriger des erreurs de trajectoire, de vitesse. Il parait aussi que la perception est largement inconsciente et prend le relais de l’attention. Reste à ne pas négliger un certain nombre d’erreurs qui couteraient bien trop cher.

Mais quand on est auteur, rédacteur en chef, lecteur des Cahiers pédagogiques, ça ressemblerait à quoi une erreur qui ferait finir bravement dans le mur ?

Joie est mon caractère, c’est la faute à Voltaire.

Pour un auteur des Cahiers, c’est quoi l’erreur ? C’est plutôt le penchant qui pousse à écrire avec tellement de tripes, de temps et d’ego que le texte devient un bout de soi et qu’une virgule retirée défigure ? Ou à le prendre comme un objet extérieur qui voudrait ressembler à l’étoile d’un brillant aîné ? Ou à ne pas écrire parce qu’on pense qu’on ne saura pas, ou n’aura pas le temps ?

Misère est mon trousseau, c’est la faute à Rousseau.

Et les rédacteurs en chef, est-ce qu’ils ont droit à l’erreur ? L’intention bonne y est et ils le répètent : « Les Cahiers sont écrits pour les lecteurs et leur intérêt doit primer. » Et puis parfois patatras, à éviter obstinément le fossé de droite ils se prennent le fossé de gauche. Ou l’inverse. Mais arrive le courrier d’un auteur qui a apprécié le travail autour de son texte, ou d’un nouveau lecteur qui les remercie. Ca suffit à leur redonner le goût des pistes et des erreurs à vivre.

Je suis tombé par terre, c’est la faute à Voltaire.

Et vous, lecteur, est-ce que vous devez craindre vous aussi de vous écraser contre un arbre pédagogique ? Vous pourrez bien sûr lire sans tout comprendre, ou en faisant la grimace devant un texte que vous allez trouver trop sec, trop long, trop irrévérencieux. Vous pourrez aussi juger le sujet à côté de vos préoccupations.

Le nez dans le ruisseau…

Les risques ne sont pourtant pas bien grands. La seule erreur, ce serait de ne pas nous lire.

…c’est la faute à Rousseau.