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Bloc-Notes de la semaine du 6 au 12 janvier 2014

- Prestige – ESPÉ rances - Polémiques - Ailleurs -


L’année 2014 commence sur la lancée de 2013. Avec une actualité éducative encore très riche. On revient sur les articles récents consacrés curieusement à une enquête datant d’octobre 2013 sur le prestige des enseignants à travers le monde. Et on s’attarde aussi sur les déclarations d’Antoine Compagnon dans le Figaro qui ont suscité beaucoup de réactions sur ce sujet. Curieusement, alors que c’est un sujet peu traité en général, plusieurs articles s’intéressent à la formation des enseignants et aux ESPÉ. On développe aussi quelques polémiques amorcées cette semaine autour de la question des rigidités syndicales. Et on finit comme on a commencé, c’est-à-dire par des comparaisons internationales.

Prestige
Je n’ai toujours pas compris pourquoi cette enquête de la Varkeys fondation a resurgi en ce début du mois de janvier. Nous en faisions déjà état dans notre bloc-notes de la fin octobre. Elle est donc revenue au cours de cette semaine dans une dépêche avec cette accroche "le salaire des enseignants devrait être moins élevé selon les Français". Plusieurs articles ont recuisiné du réchauffé en se posant une question tout aussi mal formulée : dans quels pays les enseignants sont-ils les plus “respectés” ? Mal formulée car le mot “respect” peut induire en erreur. Il semble être une mauvaise traduction de ce qu’on appellerait en sociologie “statut” ou “prestige social”. L’étude de la Varkeys Gem Foundation se basait sur des enquêtes auprès de 1000 adultes dans chaque pays. Celles-ci ont examiné les attitudes du public envers le statut professionnel, la confiance, la rémunération et les avantages de l’enseignement en tant que carrière professionnelle. Au Royaume-Uni, seul 1 adulte sur 5 croit que les étudiants montrent du respect à leurs professeurs à l’école. Tandis qu’en Chine on compare les enseignants à des médecins, au Royaume Uni ils sont davantage susceptibles d’être rattachés aux infirmières et aux assistantes sociales et aux États Unis comme des bibliothécaires. Le rapport initial indique la place de la France dans ce classement : 11e position. D’ailleurs, si vous pratiquez l’anglais, le rapport est vraiment intéressant à lire. Surtout les graphiques !
Cette réflexion sur la perte de prestige du métier enseignant a connu un développement annexe avec une interview d’Antoine Compagnon au Figaro en accompagnement d’un article présentant l’enquête évoquée plus haut . Ce n’est pas au spécialiste de Montaigne que la journaliste s’adresse mais à celui qui fut membre du Haut Conseil de l’École. On l’interroge sur l’évolution du métier d’enseignant : pour lui, il le déplore, “le métier de professeur est un métier sans aucune évolution. Les seules promotions possibles, c’est le syndicalisme ou l’inspection. ”. A propos de l’enquête internationale sur le prestige perdu des enseignants, il déclare : “Cette déconsidération est liée au déclassement social des professeurs, lui-même lié à la massification de l’enseignement. Environ 20% d’une génération d’élèves obtenaient le bac en 1970, contre 76% en 2012 ! Jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, un professeur était un notable dans sa préfecture, l’instituteur était un notable au même titre que le maire ou le médecin du village. Les métiers de l’enseignement étaient des métiers de promotion sociale. Ils ont cessé de jouer ce rôle. La féminisation massive de ce métier a achevé de le déclasser, c’est d’ailleurs ce qui est en train de se passer pour la magistrature. C’est inéluctable. Un métier ­féminin reste encore souvent un emploi d’appoint dans un couple. L’enseignement est choisi par les femmes en raison de la souplesse de l’emploi du temps et des nombreuses vacances qui leur permettent de bien s’occuper de leurs enfants.”.
Cette déclaration a suscité de très vives réactions accusant ce professeur au collège de France de faire preuve d’un conservatisme doublé d’un machisme inacceptables. On peut citer en particulier une tribune écrite dans un style très enlevé sur Rue89 et intitulée (au départ, le titre a été changé ensuite) : “Profs : si le métier est déclassé c’est à cause des femmes. Sans déconner ? ” ou encore une tribune dans Les Inrocks . Au risque de m’attirer moi aussi les foudres de plusieurs lecteurs, je ne vois pas en quoi ces propos sont condamnables. Certes, Antoine Compagnon n’est pas sociologue et le fait d’être professeur au Collège de France ne vous rend pas omniscient et légitime pour s’exprimer sur tous les sujets. Mais à l’inverse une lecture trop rapide de ses propos ne doit pas aboutir à une confusion entre jugement de valeur et constat de fait, entre le descriptif et le normatif. Et le constat qui est fait est malheureusement assez partagé. Sociologiquement, il faut bien constater que ces trois phénomènes (déclassement, massification, féminisation) sont souvent associés. Il faut y adjoindre aussi la faible rémunérationMais le lien logique n’est pas celui que Compagnon semble énoncer. Ce n’est pas forcément parce qu’un métier se féminise qu’il perd de son "prestige" c’est la relation inverse qui peut être aussi posée : c’est parce qu’un métier perd de son "prestige" associé à une faible rémunération qu’il se féminise. En fait on peut même dire qu’il y a une relation circulaire. C’est parce que le métier de prof se dévalorise (à mesure que baisse sa rémunération réelle et relative) que les hommes le choisissent moins et que donc ils ""laissent la place"" aux femmes. Ensuite on fabrique un discours légitimant l’affaire : "enseignant c’est un métier pratique pour les femmes, peu de travail, beaucoup de temps libre et de nombreuses vacances pour s’occuper de leur foyer etc.”. A noter pour préciser encore l’analyse qu’au sein même des enseignants les femmes sont moins bien payées que les hommes.
Je me répète ce n’est pas faire injure aux femmes que de constater que dans notre société la perte de “prestige" est corrélée à la féminisation. Mais ce n’est pas le seul phénomène à prendre en compte. Par exemple, on peut penser que l’élévation du niveau de diplôme de l’ensemble de la population a joué beaucoup plus dans le déclassement en réduisant l’écart relatif avec l’ensemble de la population Quand les enseignants étaient peu nombreux et détenteurs d’un savoir largement supérieur à celui du reste de la population il étaient des notables. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. C’est aussi ce qui se produit avec les médecins. C’est un constat pas une opinion...
Reste à réfléchir aux moyens de reconsidérer le statut des enseignants. Cela peut passer par une revalorisation salariale mais aussi par la reconnaissance de leur expertise et de leur professionnalité.

Des ESPÉ rances ?
Quelques articles récents s’intéressent à la formation des enseignants. Alors que Vincent Peillon a installé un comité de suivi de la mise en place des ESPÉ , un article du Monde affirme queLes écoles de professeurs apprennent encore peu à enseigner”. Certes, nous dit l’article, il y a eu le rétablissement de la formation en alternance et une professionnalisation des épreuves avec des concours rénovés. Mais cette évolution des concours est très variable selon les disciplines et le temps de formation n’est pas forcément à la hauteur des ambitions. L’article pointe la difficulté à trouver un “nouvel équilibre entre théorie et pratique” et constate que “ce résultat mitigé est le fruit d’un compromis entre les formateurs de l’IUFM et les universitaires. Les premiers défendent une formation professionnelle, les seconds sont plus souvent dans une posture de défense des savoirs.”.
On trouve une tonalité assez voisine chez André Ouzoulias, un des principaux animateurs du GRFDE (Groupe “reconstruire la formation des enseignants”) . Il est interrogé par Luc Cédelle sur son blog. Il s’agit en fait d’une série de quatre billets. On ne peut lire pour l’instant que la première et la deuxième partie de l’entretien . Dans cette première partie, Ouzoulias considère comme “une grave erreur” le fait de vouloir donner une coloration professionnelle aux concours. On pêche selon lui par excès de simplicité et de naïveté. Excès de simplicité car, selon lui, on confond concours et recrutement alors qu’un concours placé en fin de licence aurait permis de dissocier les deux et de garantir une formation délivrée du conformisme et du bachotage associée au concours. Car, dit notre collègue, “les défenseurs du « concours professionnel » font également preuve de naïveté : ils pensent que des épreuves écrites et orales bien conçues peuvent donner à voir les premières capacités professionnelles des candidats. On ne comprend pas comment ces capacités peuvent se développer dans l’année précédant le concours alors même que celle-ci ne comporte pas de stages pratiques conséquents. […] Ce n’est pas la même chose de dire ce qu’il faut faire et de pouvoir le faire dans des conditions réelles. Enfin, le candidat doit dire ce qu’il croit que le jury attend de lui, laissant éventuellement place à l’hypocrisie… Le jury observe-t-il un futur enseignant ou un candidat qui n’a qu’une idée en tête : réussir le concours en tenant du mieux possible le rôle auquel il s’est préparé ? À tous points de vue, le « concours professionnel » est l’exemple même de la fausse bonne idée.
On retrouve aussi une tonalité assez critique chez Antoine Prost. L’historien de l’éducation était auditionné par une Mission du Sénat le 7 janvier dernier et l’on en trouve le compte rendu dans le Café Pédagogique . Il y a défendu le bilan des IUFM et énuméré les difficultés des Espé : budget insuffisant, gestion difficile entre les deux ministères, vivier de formateurs vidé par les politiques précédentes, dépeçage des moyens par les UFR, millefeuille administratif avec les Communautés d’universités… L’historien fait aussi des recommandations concrètes. Il invite à définir nationalement le service des formateurs des Espé et à établir des règles nationales de comptabilité des heures réalisées par les UFR pour la formation des enseignants. Et il propose aussi que " les formateurs des Espé aient une obligation de retour sur le terrain", pour gagner en crédibilité auprès des étudiants.
Comme vous le savez, j’ai consacré plusieurs billets à ce sujet de la formation où je disais mon inquiétude et où je faisais mon propre bilan d’étape Je me réjouis que ce sujet apparaisse dans les médias et qu’on sorte enfin d’un discours officiel d’auto-persuasion pour vraiment faire évoluer ce levier majeur de l’évolution de l’École. Il n’est pas trop tard…

Polémiques
Le ton est à la polémique en ce moment et plusieurs personnalités du monde éducatif ne mâchent pas leurs mots.
A commencer par Christian Forestier, ancien recteur et membre de plusieurs cabinets ministériels, ancien président du Haut conseil d’évaluation de l’École. Dans un entretien à l’Express, il règle ses comptes et se livre à une analyse en forme de bilan d’une carrière à tous les postes clés de l’Education nationale. Il y fustige le modèle des classes préparatoires qu’il juge "malthusien, élitiste, infantilisant". Quand on lui demande de tirer un bilan de la refondation, il répond “On ne répètera jamais assez que le temps de l’école n’est pas le temps du politique. Tirer aujourd’hui un bilan de la réforme Peillon n’a pas grand sens ; au risque de décevoir beaucoup de monde je dirai que nous saurons au plus tôt dans le PISA 2021 si la réforme a permis une réelle inversion de tendance ; d’ici là il est à craindre que les évaluations internationales de 2015 et 2018 continuent à montrer l’excessif déterminisme social de notre école. Tout va se jouer sur la priorité qui est donnée à l’école primaire et surtout à la qualité de la formation des maîtres dans les nouvelles ESPE. ”. Comme d’autres, il s’insurge contre les inégalités renforcées par l’école et demande à faire “de la lutte contre l’échec scolaire lourd une grande cause nationale,”. Il dénonce aussi les rigidités syndicales et s’attaque frontalement à la FSU et en particulier au SNES : “Il faut d’abord rappeler qu’il existe des syndicats vraiment réformateurs qui prennent autant en compte la réussite des élèves que les intérêts de leurs mandants. Il faut aussi se souvenir qu’il existe des mouvements pédagogiques qui font un travail remarquable et à qui on ne donne pas suffisamment la parole. S’agissant de certains syndicats, il est inutile de chercher à les associer à un quelconque projet éducatif, figés qu’ils sont dans leur corporatisme. […] . Il faut d’abord ne pas être dupe du double langage souvent pratiqué, ouvert en privé, fermé en public, et surtout savoir que cette fédération [la FSU], majoritaire, n’est pas aussi unifiée qu’on le croit. Jusqu’à la période récente il existait des différences intéressantes et visibles entre le monde du premier degré et celui du secondaire, il serait dommage que cela disparaisse. Il faut aussi savoir qu’en allant sur le terrain on rencontre souvent des enseignants de base, syndiqués, ayant une véritable volonté de changement. Enfin quand on a compris que le Snes défend toujours, systématiquement, tout ce qui est acquis, même lorsqu’il s’y était opposé au départ, par exemple les travaux personnels encadrés, on comprend l’utilité d’une plus grande détermination puisque toute bonne réforme imposée sera ensuite défendue.
Alors qu’il est habituellement très modéré dans ses propos, Jean-Michel Zakhartchouk, membre du bureau du CRAP s’élève lui aussi contre certaines déclarations récentes du SNES. En effet la direction de ce syndicat dans un communiqué s’inquiète de la «  logique curriculaire » qui prévaudrait pour la construction des programmes, logique impliquant une marge d’autonomie locale des équipes  ». Dans un billet sur son blog , Jean-Michel Zakhartchouk le regrette : “Le SNES s’oppose donc à ce qui serait une avancée énorme pour notre école. Concevoir les contenus scolaires du point de vue de ce qui est appris réellement et non de ce qui est enseigné. Pouvoir substituer à ces listes de notions qu’il faut avoir « vues » et qu’en fait on n’a jamais le temps de traiter sinon par le survol, une autre logique, plus réaliste mais aussi plus impliquante pour les professeurs comme pour les élèves. Refuser le quantitatif qui conduit à s’indigner dès qu’un chapitre est supprimé ou à rajouter sans cesse des savoirs nouveaux sans en retrancher aucun au profit du qualitatif, de l’appropriation réelle, en incluant de manière autre que marginale les méthodes de travail par exemple. ”. Pour lui, la logique curriculaire serait une évolution majeure à la fois pour les enseignants et pour les élèves . D’abord parce qu’elle permet de “donner de l’autonomie aux acteurs, oui, en leur faisant un peu confiance. Disons d’ailleurs que ce serait reconnaitre officiellement une autonomie qui existe dans les faits, mais de manière sauvage et brouillonne. ”. Et pour les élèves, la logique curriculaire préparerait mieux les élèves “à affronter les défis de demain en leur permettant de se confronter à ces fameuses situations complexes, où il faut mobiliser des savoirs divers sans entrer forcément sous les fiches caudines des progressions soi-disant raisonnées et rationnelles des « programmes ». Bien sûr que des cadres sont nécessaires, mais il faut les limiter au maximum à ce qui est vraiment indispensable. Des systèmes qui sont dans cette logique ne s’en sortent pas si mal… ”. Mais selon lui, malgré ces crispations, il y a de l’espoir “Heureusement, beaucoup d’enseignants se rendent bien compte qu’ils sont dans une logique schizophrène, que les « programmes » tels qu’ils sont, surtout dans les années de scolarité obligatoire sont plus des contraintes absurdes que de vraies aides à l’enseignement, comme le montre la consultation sur les programmes de l’école primaire. Mais en même temps, il y a cet attachement ancestral à cette logique magistrale, à un dérisoire totem, mais désormais la question du crépuscule des Saintes Écritures n’est plus taboue ! Resteront des cadres, des repères, des référentiels utiles, avec quelques notions-clés, quelques points incontournables, mais pas cette logique folle qui met au second plan ce qui est à apprendre et au premier ce qui est à enseigner…

Ailleurs
"Pour que Gove enseigne pendant un semestre", c’est le titre de la pétition lancée en Grande Bretagne pour que le ministre de l’Éducation (Michael Gove) retourne à l’École, nous apprend le site d’information myeurop.info . "Nous aimerions que vous enseigniez à une classe d’école primaire pendant au moins un demi-semestre, afin que qu’il vous soit possible d’apprécier et de respecter le travail difficile que nous faisons réellement. Il est inepte que le ministre de l’éducation, qui a le pouvoir de faire des changements importants, n’ait aucune connaissance du système éducatif et du travail des professeurs." dit le texte de cette pétition qui vient de passer les 100 000 signataires.
En préconisant des vacances plus courtes et des jours d’école plus longs, et en critiquant le système actuel qu’il qualifie de dépassé, il s’était déjà attiré les foudres de certains professeurs. Plus récemment, le ministre anglais de l’éducation a encore fait parler de lui en déclenchant une polémique. Le 2 janvier dernier, il déclarait en effet que les historiens et les programmes télé comme Blackadder, une série sur la Première Guerre Mondiale, dénigraient le patriotisme et le courage britannique en dépeignant ce conflit comme une "pagaille illégitime". La faute, selon lui, aux historiens de gauche et aux "mythes" qu’ils ont construits... L’année dernière, Michael Gove avait déjà fait faire d’importants changements dans les programmes scolaires notamment en Histoire. On lui avait reproché de trop se concentrer sur l’histoire britannique, au détriment d’une vue d’ensemble historique plus large.
Pour ceux qu’une approche comparatiste intéresse, je signale aussi une émission de la série Learning wordl sur EuroNews qui pose la question “Redoubler pour quoi faire ? Le reportage nous emmène en Uruguay, en Hongrie, en Thaïlande et en France.
Mais ce qu’il faut surtout retenir de ce rapide tour du Monde c’est cette interview trouvée sur un site intitulé “visa japon” et signalé par un journaliste de France Info. Il s’agit d’un entretien très intéressant avec une Japonaise qui compare le lycée français où elle s’est trouvée avec le système japonais. Tout pour elle est sujet d’étonnement et cet entretien nous invite à réfléchir sur le fonctionnement de notre système éducatif. Elle est surprise, par exemple, par l’absence de « rituels » et de cérémonies dans les établissements français, par la saleté des toilettes ou par l’absence de proximité avec les enseignants. Un de ses constats est terrible : “Les élèves japonais aiment bien aller à l’école, et ce quels que soient leurs résultats et leurs capacités académiques. J’ai été très étonnée en arrivant en France de découvrir que les jeunes Français n’aimaient pas aller à l’école et surtout qu’ils n’aimaient pas leur école. Dès qu’un élève français a fini ses cours, il file à la maison. Pour lui, l’école est comme une prison ; et son but est de s’en échapper.”. Pourtant elle aime bien la France, malgré ses défauts qu’elle analyse de manière très fine : “Ce qui est très appréciable dans votre pays, c’est la dimension critique. Vous critiquez sans cesse. Pour le meilleur et pour le pire. C’est par exemple la force de votre école ; vous y apprenez à argumenter, à discuter, à remettre en cause. Mais en même temps, c’est une faiblesse. Je crois que c’est cela qui fait que vous ne respectez pas toujours les règles et que vous détournez le système. Je suis parfois choquée de voir comment les élèves remettent en cause les professeurs, au point souvent de ne pas les respecter. Et choquée aussi du comportement des professeurs qui ne respectent pas toujours les élèves, qui mélangent leur compétence (leur travail, leurs résultats) et leur être. Il suffit de lire un bulletin scolaire pour s’en rendre compte. On ne cherche pas assez en France à valoriser l’élève et à travailler sur ses compétences.

Bonne Lecture...

Philippe Watrelot