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Bloc-Notes de la semaine du 31 octobre au 6 novembre 2016

- 12 minutes- Harcèlement – Prof à la gomme – Diplômes - Butinages


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Le bloc notes hebdomadaire se concentre en fait sur deux jours ! Non seulement parce que la reprise des cours s’est faite en fin de semaine mais surtout parce que le mercredi 2 et le jeudi 3 novembre ont rassemblé l’essentiel de l’actualité. Le mercredi était la journée de lutte contre le harcèlement et le jeudi concentrait plusieurs sujets. C’était la date choisie pour le deuxième débat de la primaire de la droite. L’éducation aurait du en constituer un thème important et a été bâclée en douze minutes. C’était aussi la diffusion de “Prof à la gomme” un reportage d’Envoyé spécial consacré au recrutement des profs vacataires. Pour faire bonne mesure on évoquera également dans ce bloc-notes, la célébration des 250 ans de l’agrégation et quelques lectures. Bonne reprise ?

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12 minutes
Jeudi 3 novembre : deuxième débat des candidats à la primaire de la Droite. Il a fallu attendre 22h50 pour qu’on parle brièvement pendant douze minutes, de l’Education nationale... Lamentable, tout comme les propositions...
Toutefois avant de détailler celles-ci, il faut quand même dire que si l’éducation, pourtant annoncée comme l’un des trois thèmes majeurs de ce débat, a été si peu (et mal) traitée, cela ne tient pas seulement aux candidats. C’est aussi la responsabilité des journalistes qui s’excitent sur de la politique fiction (vote pour Hollande au 2ème tour) et les querelles de personnes (20 minutes sur le cas Bayrou...) tellement ils sont eux mêmes englués dans le microcosme...
Le constat de la faible place de l’éducation est partagé par les journalistes spécialisées. C’est le cas de Caroline Beyer dans Le Figaro tout comme chez Louise Cunéo qui s’était déjà livrée avant le débat à une analyse des programmes dans Le Point . Trois mots clés traversent ce court moment d’échange sur ce thème pourtant majeur : “autorité”, “fondamentaux” et “sélection”.
Tous les candidats prônent la restauration (ah, bon elle a disparu ?) de l’“autorité” et relie cela à la nécessité d’une autonomie accrue des chefs d’établissements : “pour une école avec davantage d’autorité, il faut, selon eux, que le directeur en ait davantage sur ses enseignants (en pouvant notamment les choisir et les évaluer lui-même), ce qui leur permettra à leur tour d’en avoir davantage sur les élèves.souligne Louise Cunéo.
Sur ce thème de la verticalité et de l’autorité c’est Jean-François Copé qui va le plus loin sur ce terrain. Chant de la Marseillaise, levée de drapeau, port de l’uniforme “comme en Grande-Bretagne”…
L’accent est aussi mis sur les « fondamentaux » - les fameux lire, écrire, compter – dont il faut augmenter les horaires mais dont la maîtrise devient la condition même du passage en classe supérieure. Ainsi, pour Nicolas Sarkozy, pas question de laisser passer dans le niveau supérieur les élèves qui ne maîtrisent pas la lecture à la fin du CP. Ils sont presque tous d’accord pour créer une rupture à la fin du CM2 en instaurant une évaluation empêchant l’entrée au collège d’élèves qui n’auraient pas les prérequis suffisants.
Seule Nathalie Kosciusko-Morizet se démarque en étant la seule à défendre le collège unique, s’opposant au “tri des enfants à l’âge de 11 ans”. À l’opposé on trouve Bruno Le Maire qui, comme il l’avait déjà fait valoir dans son opposition à la réforme du collège, défend “une intelligence de la main qui vaut l’intelligence de l’esprit” et pense que tout le monde n’a pas le talent de faire des études. Quel sort pour les “vaincus” ? Les candidats souhaitent globalement développer l’apprentissage et même le proposer, pour Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé, dès 14 ans. Et pour Sarkozy, les “décrocheurs”, les jeunes entre 18 et 25 ans qui n’auront ni formation ni emploi, seront envoyés au service militaire obligatoire.
On a aussi évoqué brièvement la question des suppressions de postes d’enseignants. Tous les candidats se sont tous déjà prononcés pour des suppressions de postes de fonctionnaires mais il y a toujours, après ce débat, beaucoup de flou sur ce qui est prévu pour l’éducation. Seul Nicolas Sarkozy a réitéré ses déclarations précédentes sur les enseignants : “Qu’ils travaillent plus, que leur nombre soit diminué et qu’ils soient mieux payés.
Résumons... Autonomie des chefs d’établissement qui pourraient recruter et évaluer leurs enseignants, remise en cause du collège unique (sauf NKM et Juppé mais qui n’a rien dit là dessus jeudi soir), sélection à l’entrée en sixième voire dès le CP (Sarkozy), uniforme (Copé), développement du privé (Poisson), apprentissage confié aux entreprises (tous...), augmentation du temps de travail des enseignants, suppression des rythmes scolaires... Et puis ces leitmotivs que sont la supposée "restauration" de l’autorité et les fameux "fondamentaux"...
Ce que je retiendrai pour ma part c’est une indignation et un non-dit. L’idée qui me révolte c’est qu’il y aurait des enfants "doués" et d’autres qui n’auraient pas de "talent" pour les études, et que finalement, si certains sont en échec, ils n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux et à leurs parents... À aucun moment, on a parlé d’inégalités sociales et encore moins de justice sociale. Ce qui se passe aujourd’hui dans ce semblant de débat sur l’école est bien une question de lutte des classes. L’École de la droite c’est l’école de l’inégalité, de la remise en cause du droit à la réussite pour tous les jeunes et de la sélection précoce...

Harcèlement
Mercredi 2 novembre : journée nationale de lutte contre le harcèlement
C’était la deuxième journée dédiée à la l’action contre ce fléau bien plus important et destructeur qu’on ne le croit. Elle était surtout consacrée au cyber-harcèlement avec notamment la diffusion d’un clip destiné à sensibiliser jeunes et parents.
Que disent les chiffres ? Globalement, le harcèlement touche 12 % des élèves du primaire et 10 % des collégiens. Mais selon l’enquête internationale HBSC (Health behaviour in school-aged children), il aurait diminué au collège de 15% entre 2010 et 2014. En ce qui concerne le cyber-harcèlement, un collégien sur cinq y est confronté, selon une enquête 2013 de la Depp. "Près de 40 % des élèves de 11 à 16 ans disent avoir déjà été victimes de cyberviolences", rapporte quant à elle Catherine Blaya, chercheuse en sociologie de l’éducation et présidente de l’Observatoire international de la violence à l’école, interviewée par Le Jdd. Les filles sont davantage exposées à ce que l’on nomme le « cybersexisme » : 20% des collégiennes et lycéennes des établissements franciliens sont insultées sur la toile en raison de leur apparence physique, contre 13% pour les garçons, constate une étude de l’Observatoire universitaire international éducation et prévention (Ouiep-Université Paris Est) menée en 2016. Elles font également davantage l’objet de rumeurs sur les réseaux sociaux (13 % contre 6%). Selon une enquête francilienne du centre Hubertine-Auclert menée sur les 12-15 ans, une fille sur 11 et un garçon sur 15 ont déjà vu des photos ou des vidéos d’eux modifiées et/ou diffusées sans leur accord.
La couverture médiatique de cet évènement a, semble t-il, été assez efficace avec de nombreux articles fondés pour l’essentiel sur des témoignages et des reportages. Beaucoup de victimes de harcèlement racontent ce qu’elles ont enduré. Plus rare, on pourra lire aussi dans Libération des témoignages de “harceleurs” . Sur ce point, on pourra compléter la réflexion par un entretien avec Frédéric Kochman, pédopsychiatre, dans L’Obs . Il dresse notamment un portrait des cyber-harceleurs : “Il existe deux "modèles" : le prédateur masculin, le "lion", qui recherche la gazelle vulnérable pour le repas du soir, peut avoir été un garçon victime de harcèlement, ex-enfant roi, à qui on a fixé peu de limites, et éprouve peu d’empathie et de compassion. Et pour poursuivre la métaphore, la bande de tigresses, qui opèrent en groupe. Trois copines narquoises et dominatrices s’attaquent à une seule, à une petite jeune plus faible, peut-être parce qu’elle est hyper timide ou hyper émotive. Ou parce qu’elle a déjà connu une telle situation.”. Pour la pédopsychiatre Nicole Catheline, interrogée par Libération, le harcèlement scolaire est avant tout un phénomène de groupe. “Le harceleur est seul au départ puis il fédère très vite autour de lui des copains. Cette situation ne se maintient que parce que les autres le soutiennent ou l’encouragent, soulagés de ne pas être à la place de la victime. Ensuite, il y a une émulation à l’intérieur du groupe : c’est à celui qui trouvera l’action la plus « gore » pour se faire remarquer et trouver sa place.” Car les jeunes ont besoin d’être “reconnus par leurs pairs et de se sentir exister aux yeux des autres pour se doter d’une identité”, estime le psychiatre Xavier Pommereau, toujours dans Libération. L’agresseur est aussi entretenu dans sa mauvaise action par des spectateurs, “d’autres élèves qui rient : c’est son audimat”. Mais Nicole Catheline rappelle aussi que la majorité des harceleurs sont des enfants en souffrance qui réagissent à leur mal-être en s’en prenant à quelqu’un d’autre. Il ne faut donc pas oublier que, pour reprendre la métaphore de Frédéric Kochman, les “gazelles” d’aujourd’hui peuvent être les “lions” de demain et inversement...

Prof à la gomme
Jeudi 3 novembre, le soir, à la télé on avait le choix. On pouvait déprimer avec le deuxième débat de la primaire de la droite retransmis sur les chaînes info ou pester avec le reportage d’Envoyé spécial de France2 sur le recrutement des profs. Cela dit, vu l’horaire tardif auquel les candidats ont parlé de l’éducation on pouvait s’infliger la double peine...
Le magazine Envoyé Spécial a donc proposé un reportage (qu’on peut revoir sur le site de France TV Info ou le journaliste Paul Sanfourche a choisi de se faire embaucher en tant que contractuel. En tout, il va postuler dans douze académies pour quatre matières dans lesquelles il n’a pas les compétences requises. Il aurait pu enseigner le français dans l’académie de Créteil, la plus déficitaire − même s’il ne sait plus ce qu’est une proposition subordonnée relative. Il ne restait plus qu’à remplir un dossier mais le journaliste ne va pas donner suite… Poussant l’expérience plus loin, le journaliste s’est inventé un MBA de finance décerné par une école bidon pour postuler à un poste de prof de maths, une des matières les plus déficitaires. Paul Sanfourche donne cinq réponses fausses sur six questions posées lors d’un "entretien d’embauche" de huit minutes et connaît tout juste le théorème de Pythagore. Il n’a aucune expérience de la pédagogie ? Cela ne l’empêchera pas d’enseigner les maths.
L’enquête est impressionnante et a suscité des réactions contrastées sur les réseaux sociaux.
La plupart des enseignants reconnaissent que ce reportage met en lumière une réalité qui est celle du recrutement des vacataires et de la pénurie d’enseignants dans certaines matières. Et beaucoup trouvent aussi que ce n’est pas mal que les parents (et donc les électeurs) comprennent à quoi mène (et mènerait) une politique de réduction des postes de fonctionnaires...
D’autres s’étonnent cependant des méthodes employées. Car le journaliste passe quand même par la falsification d’un diplôme. On déplore aussi qu’il filme les élèves en caméra cachée. La fin justifie-t-elle les moyens ? Et pour un certain nombre d’enseignants, ce reportage est ressenti comme une énième attaque contre l’École et in fine comme une remise en cause des enseignants...
On peut s’étonner que l’on s’indigne davantage du projecteur que du problème qu’il éclaire. C’est une réalité qu’un certain nombre de contractuels n’ont pas les formations disciplinaire et pédagogique pour enseigner. Mais beaucoup d’entre eux font un travail admirable, compte tenu, en plus, de la situation de précarité dans laquelle ils se trouvent. Si le reportage montre une réalité qu’on ne peut nier, il aurait donc gagné à être plus nuancé au risque d’être moins “spectaculaire” et de jeter le trouble sur la compétence de tous.
Il aurait aussi mérité qu’on remette cette question en perspective en rappelant la difficile reconstruction d’un vivier de remplaçants après la suppression de 80.000 postes par Sarkozy. On pourrait aussi traiter plus globalement de la question du recrutement de tous les enseignants et donc aussi de leur formation et de leur rémunération. Car, en le démontrant par l’absurde, le reportage a aussi une vertu : celle de réaffirmer, outre la nécessité d’un effectif suffisant d’enseignants, l’utilité de la formation auprès de politiques qui parfois en doutent au delà du raisonnable !

Diplômes
Le samedi 5 novembre, la société des agrégés (de l’université) organise la “nuit de l’agrégation” (de 19h à 23h) à Paris à la cité de la Mode. Cette manifestation est organisée pour célébrer les 250 ans de ce diplôme et ce concours.
Cette annonce a suscité des moqueries sur les réseaux sociaux et réveillé de vieilles rancœurs. C’est surtout la société des agrégés avec la volonté de regrouper les gens porteurs de la même distinction avec la présentation du grade d’agrégé comme une aristocratie qui fait l’objet de propos satiriques. Cette dimension se heurte à une culture égalitariste des enseignants qui ne voient pas forcément ainsi le collectif enseignant. Et qui ne voient pas pourquoi avec un travail égal on se retrouve avec un salaire et un horaire différents. D’autant plus que ce diplôme est supposé valider une “excellence académique”, il ne dit rien des qualités pédagogiques de son détenteur.
Dans un article paru cette semaine sur Slate.fr, Louise Tourret s’interroge : “Pourquoi tant de haine envers l’agrégation ?”. Selon elle, cette polémique donne une idée de toutes les tensions au sein de l’Éducation nationale. Et elle suggère : “cet anniversaire pourrait être l’occasion de s’interroger collectivement sur la conséquence des concours (réussis ou ratés) et de leur logique (réussir ou échouer) sur la psyché nationale, et particulièrement celle des enseignants, mais aussi sur le poids du diplôme initial dans le destin des individus.
Ce questionnement fait écho à un texte plus ancien. C’est Lucien Marbœuf sur son blog en décembre 2015 qui parle de “condescendance pyramidale” à propos du monde enseignant et en déplore le cloisonnement et la division. Un texte dont je conseille la (re)lecture.
Pour prendre plus de recul et réfléchir plus largement sur les diplômes et la méritocratie, on pourra aller lire l’interview au journal Le Monde à propos de la sortie de son livre “Course aux diplômes : qui sont les perdants ?” de la sociologue Séverine Chauvel qui rappelle (après d’autres) l’emprise du diplôme qu’elle qualifie de “fétiche” dans la société française. Elle propose également une réflexion intéressante sur la massification et sur les inégalités face à l’accès et aux usages de ces diplômes.

Butinages
C’est donc logiquement qu’on en arrive à la dernière rubrique de ce bloc-notes avec quelques conseils de lectures butinés au cours de cette semaine.

Le jeudi 3 novembre c’était aussi la journée de la gentillesse . On a pu craindre un chômage technique sur les réseaux sociaux (!) et de toutes façons elle s’est arrêtée vers 20h30 salle Wagram. Plus sérieusement, à l’occasion de cette journée, on pourra lire sur le Huffington Post un article qui nous apprend que les cours d’empathie et de gentillesse font leur entrée dans les écoles primaires d’un certain nombre de pays. Le Danemark propose désormais des cours d’empathie obligatoires pour les enfants de 6 à 16 ans. Et dans d’autres pays, ces enseignements existent depuis un bon moment.

Dans L’Humanité, on se pose la question : L’école doit-elle enseigner la morale ?”. Pour répondre à cette question, on pourra lire les contributions de Catherine Kintzler, philosophe, Laurence De Cock, professeure en lycée et Grégory Chambat, enseignant en collège.

Pour ceux qui ont envie de réfléchir à l’évolution de la pédagogie, on pourra lire une intéressante synthèse sur les pédagogies libertaires et émancipatrices sur le site d’Alternative Libertaire. On pourra aussi visionner la vidéo des entretiens Jean Zay organisés par le MEN et consacrés au cinquantenaire de la disparition de Célestin Freinet.

On finit cette revue de presse avec le dernier dossier des Cahiers Pédagogiques consacré à “Justice et injustices à l’école”. Si tout le numéro est évidemment à lire, c’est surtout par l’éditorial de la rédactrice en chef Cécile Blanchard que je voudrais conclure en lui laissant la parole : Il parait que des « pédagogistes » malveillants ont décidé d’assassiner l’école ! Comme ça, un beau matin, ils se sont levés, se sont concertés, et ils ont décidé la mise à mort de notre glorieuse et immaculée Éducation nationale, par overdose de bienveillance et de refus des bonnes vieilles méthodes qui ont fait leurs preuves, puisqu’elles ont réussi aux élites d’aujourd’hui. Un véritable complot, vous dit-on ! Les mêmes, on le suppose, ont parait-il réussi à imposer dans les manuels scolaires de collège pour enfants de 10 ans une théorie du genre qui ne figure nulle part dans les programmes. Si ce n’est pas la preuve d’un complot, ça ! Le monde est devenu fou.[…]
À moins qu’il ne s’agisse d’un phénomène répétitif, selon une périodicité avoisinant le quinquennat, où, dans une sorte d’affolement général, ressortent les délires paranoïdes de ceux qui veulent se bâtir un destin électoral sur l’angoisse. Ainsi, certains attisent la peur du migrant pour pousser la population au refus des centres d’accueil dans leur commune ou leur région ; d’autres, ou les mêmes, attisent la peur de l’échec scolaire des enfants, du déclassement, du chômage, pour pousser l’opinion publique à réclamer le retour aux fondamentaux et à la sélection précoce. Le monde est injuste, pourquoi l’école échapperait-elle à la règle ? Mais au fond, qu’en pense vraiment la majorité très silencieuse, quand elle n’est pas tenue de prendre parti pour ou contre un slogan simplificateur et biaisé ? Que veut l’opinion publique, de plus en plus demandeuse d’écoles et de pédagogies alternatives et qui plébiscite le livre de Céline Alvarez (pas exempt de critiques par ailleurs), à rebours de l’exigence d’un retour à des méthodes pédagogiques autoritaristes d’un autre temps ? Faudra-t-il décider des politiques éducatives en fonction des palmarès de vente de livres ? Le monde est fou, vous dit-on ! Allons, doublez-moi la dose d’antidote  !

Bonne Lecture...

Philippe Watrelot

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