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Bloc-Notes de la semaine du 28 novembre au 4 décembre 2016

Sans Lui – Coucou Robert – pas les boss des maths – Pisa Rapido – Butinages


Le renoncement c’est maintenant... Et cette annonce est le point de départ d’une période de bilans et de rétrospectives où l’éducation aura toute sa part. L’autre mot clé du bloc notes est “palmarès”. La parution cette semaine de l’enquête TIMSS sur les mathématiques conduit les élèves français au fond du classement. Ce ne sont pas les boss des maths...En attendant la parution le 6 décembre des résultats de l’enquête PISA...

Sans lui
Le renoncement c’est maintenant…
Jeudi 1er décembre, 20h00. À l’issue d’une déclaration où il énumère les réalisations de son quinquennat, le Président de la République, François Hollande annonce qu’il renonce à se représenter pour briguer un second mandat. Dans cette courte déclaration (8 minutes) il évoque l’éducation avec cette phrase : “J’ai voulu aussi que l’école dispose des moyens indispensables, ceux-là même qui lui avaient été ôtés dans la période précédente parce que l’école, c’est le pilier de la République. ” Et il ajoute plus loin avant la phrase fatidique “Voilà ce que j’ai fait. Voilà ce que j’assume devant vous en revendiquant les avancées, en reconnaissant les retards et même en admettant certaines erreurs parce que je porte un bilan et j’en assume toute la responsabilité.”. C’est, bien sûr, un évènement politique majeur. Il ne concerne évidemment pas uniquement le domaine de l’éducation. Mais comme ce sujet avait été un thème fort de la campagne de 2012, c’est une partie importante des bilans et rétrospectives qui commencent dès maintenant dans la presse et le débat politique.
L’éducation fait partie de ces domaines où l’on ne pourra pas faire à la gauche, au terme du quinquennat, un procès en immobilisme. Mais un procès en illisibilité, beaucoup le lui ont déjà intenté : d’un bout à l’autre du mandat de François Hollande, qui avait fait en 2012 de la jeunesse et de l’école ses « priorités », les réformes se sont enchaînées à un rythme tel que la cohérence d’ensemble du projet, pourtant gravé dans le marbre de la « loi Peillon » (2013), échappe aujourd’hui à une frange de l’opinion. ” C’est l’analyse en forme de bilan de Mattea Battaglia dans un article du Monde intitulé “François Hollande et l’école : le grand malentendu”. Un titre qu’elle explique : “Ces cinq dernières années, la communauté éducative a accueilli au mieux avec réserve, parfois avec une franche hostilité, des mesures qui, sur le papier, semblaient pourtant être attendues – voire acquises. C’est l’un des enseignements de ce quinquennat : en matière d’éducation, le consensus n’existe pas. ”. Le bilan de l’action en matière d’éducation est en effet contrasté. Je m’étais risqué à en proposer un en avril dernier quelques jours avant la réunion organisée au Palais Brongniart par le Ministère. J’y pointais le manque de lisibilité des réformes qui n’ont pas toujours été mises en cohérence et auxquelles il a manqué un slogan . On peut craindre que dans les mois qui viennent, le bilan ne se limite pour beaucoup à la seule question des postes. C’est ce qui est le moins difficile à mesurer même si là aussi les polémiques existent : comment compter les stagiaires ? bruts ou nets ? créés ou pourvus ?… Mais, dans le domaine de l’éducation, il est très difficile d’évaluer rapidement les effets des mesures mises en œuvre. Le temps de l’éducation n’est pas celui du politique...
C’est en substance, ce que rappelle Adrien Sénécat dans Le Monde en soulignant qu’on ne dispose pas ou très peu d’indicateurs pour juger les effets (positifs ou négatifs) de la politique menée depuis 2012. L’école française était mal classée dans la dernière enquête Pisa publiée en 2013, mais cette dernière avait été réalisée en 2012 – difficile, donc d’incriminer le gouvernement actuel. La prochaine enquête Pisa, celle de 2015, doit être publiée le 6 décembre prochain. Et elle a donc été réalisée en 2014 sur des élèves de 15 ans révolus et qui ont donc fait l’essentiel de leur scolarité entre 2005 et 2014. Ils étaient en 6ème en 2010 et au CP en 2005. Les enfants qui sont rentrés au cours préparatoire en 2012 seront évalués dans l’année 2021 par le système PISA. ... Les deux autres études récentes sur le niveau des élèves en dictée ou en mathématiques et en sciences (voir plus bas le chapitre sur TIMMS) ont également de quoi inquiéter. Mais comme elles ont été réalisées en 2015, elles ne prennent pas en compte certaines réformes comme les nouveaux programmes instaurés à la rentrée 2016.
La question de la visibilité se pose aussi pour les enseignants eux mêmes. Question de timing et aussi de masse... La moitié des postes créées concerne des enseignants en formation. Et on ne voit donc pas encore les effets à long terme de ces nouveaux postes. D’autant plus que cela se combine avec la hausse démographique des dernières années. Par ailleurs les créations se sont faites surtout dans le premier degré et peu dans le secondaire. Or, étant donné le nombre d’écoles primaires en France (plus de 52.000 !), les postes créés ont eu peu d’impact sur le quotidien de la majorité des enseignants. Quant à la revalorisation des salaires, engagée et visible dans le primaire, elle arrive tardivement et ne semble pas être perçue par tous les enseignants.
Un boulevard pour la droite ? demande Mattea Battaglia, C’est mal connaître le monde enseignant que de l’imaginer séduit par le programme qui s’esquisse autour de François Fillon, tout juste investi comme candidat de la droite. ” ajoute t-elle. La dureté de ce programme ravive en effet, fort à propos, la mémoire du monde enseignant. Mais il serait illusoire de croire que cela suffirait par réflexe pour les ramener dans le giron de l’électorat de la gauche de gouvernement. D’autant plus qu’un certain nombre d’enseignants gardent une vive amertume face à certaines réformes et ils peuvent même être séduits pas la verticalité prônée par le discours de droite et le retour faussement nostalgique à une école du “bon vieux temps”...
Contre les réductions de postes, le syndicalisme enseignant mettra-t-il ses querelles au second plan ? C’est la question que pose Luc Cédelle à deux acteurs majeurs du syndicalisme enseignant. Bernadette Groison (FSU)dans la lettre de l’éducation du 28 novembre et Christian Chevalier dans la lettre datée du 5 décembre . Quand on fait remarquer à la secrétaire générale de la FSU que certains de ses adhérents ont passé quatre ans à suggérer que les 60 000 postes étaient plus ou moins illusoires et que le pouvoir en place ne se distinguait guère de la droite, elle répond “La FSU n’a jamais tenu ce discours. Il y a eu des désaccords sur certains sujets - les rythmes, le collège... -, mais nous n’avons jamais dit que les 60 000 postes n’étaient pas créés, même s’il peut en manquer quelques centaines dans le dernier budget et s’il reste, dans certaines disciplines, des postes vacants. Nous avons toujours été, ces dernières années, dans la nuance. Or la nuance, c’est cela qui est difficile à pratiquer dans notre pays. ”. Christian Chevalier (SE-UNSA) lui répond une semaine plus tard : “Nous ne sommes pas d’accord sur de nombreux aspects de la refondation, mais nous nous trouvons aujourd’hui face à des projets qui font l’unanimité contre eux et seraient de nature à justifier une bataille commune.”. Le projet éducatif de François Fillon pourrait-il être le ciment capable de ressouder un monde syndical fracturé et remobiliser une opinion enseignante désabusée ?
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Coucou Robert...
La ministre a commenté sur son site personnel et sur les réseaux sociaux la décision du chef de l’État et se dit “fière du bilan de l’action de redressement du pays qu’il aura engagée”. Et d’une certaine manière, une bonne partie de son action est d’ores et déjà dans la valorisation du bilan de l’action gouvernementale dans le domaine qui est le sien. Et elle fait preuve d’une réelle combativité dans la campagne qui a d’ores et déjà commencé. On peut en donner deux illustrations.
C’est d’abord dans la publication d’un calendrier de l’avent de la désintox où elle démonte les principales rumeurs et fausses affirmations dont elle et son action ont été l’objet.
La combativité on la trouve aussi dans sa visite à Béziers vendredi au lycée Jean Moulin où elle y a entonné "Le Chant des partisans" . Elle participait à un atelier autour de l’EMC sur le thème des valeurs de la République, la ministre de l’Education a pu apprécier les projets des élèves de terminales S et L, dont un portait sur la vie du résistant Jean Moulin. Une occasion pour la ministre d’évoquer « Le chant des partisans ». Elle a ainsi demandé à la cinquantaine de lycéens présents : « vous connaissez les paroles  » avant de rajouter « j’aime beaucoup ce chant, donc allez-y, chantez-le ? » Pour accompagner sur Twitter la vidéo du chant, la ministre de François Hollande a écrit ce message : " la République est partout chez elle. Dans la ville de Jean Moulin comme ailleurs, l’Histoire ne doit être ni falsifiée, ni instrumentalisée." Un petit message à l’adresse du maire de la ville, Robert Ménard...
Coucou Robert... !
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Pas les boss des maths…
Il y a quinze jours, c’était l’orthographe… Cette semaine, ce sont les mathématiques. Et la semaine prochaine , on reprendra bien une part de PISA ?
L’étude de la semaine était donc une enquête internationale nommée Timss (Trends in mathematics and science study) . Créée en 1995, elle "teste" des enfants de trois niveaux scolaires : la 4e année de scolarité obligatoire (le CM1 en France), la 8e année (la classe de 4e) et la fin de terminale scientifique. Elle est centrée sur les mathématiques et les sciences. L’enquête est coordonnée par une association non gouvernementale, l’IAE (qui publie aussi PIRLS ) et regroupe moins de pays que Pisa : 48 pour le niveau CM1 et neuf pour la terminale scientifique. En France, 5.000 écoliers de CM1 et 8.000 lycéens de terminale scientifique, issus de 150 établissements publics ou privés pour chaque niveau, ont passé les tests. Si, contrairement à Pisa, l’enquête TIMSS est peu connue du grand public en France, c’est que les élèves français n’y avaient pas participé. Sauf pour les Terminales S en 95. La France a décidé de se joindre à cette enquête en 2015, mais uniquement pour les CM1 et les terminales scientifiques.
Les élèves de CM1 de l’échantillon français ont obtenu un score moyen de 488 points en mathématiques et de 487 points en sciences. C’est en deçà de la moyenne internationale (500) et européenne (525). Si on raisonne en classement, ils sont bons derniers dans l’Union européenne en mathématiques et ils ne dépassent qu’un seul pays, Chypre, en sciences.
Pour les Terminales scientifiques, en maths et physique, seuls neuf pays ont participé à cette enquête et les comparaisons entre nations sont donc à manier avec précaution car les terminales scientifiques représentent 21,5% d’une classe d’âge en France, mais entre 2 et 35% dans les autres pays. En maths, les lycéens français se situent dans la moyenne. Mais c’est l’évolution qui inquiète . La France est le pays qui accuse la plus forte baisse (de 106 points), passant d’un score de 569 en 1995 à un score de 463 en 2015. Toutefois, si l’on ne prend que les résultats des terminales S à dominante maths (les autres sont en spécialité physique ou biologie) ou qui se destinent à une prépa, ils sont alors dans le groupe de tête, avec la Russie et le Liban. Dirk Hastedt travaille pour l’association internationale d’évaluation des performances scolaires (IEA) est .interviewé par Le Parisien. Pour lui, ces résultats devraient être “un signal d’alarme pour la France
La publication de ces résultats a provoqué de nombreuses réactions et analyses. Et un peu d’abattement... C’est ce qu’on retrouve notamment chez l’instituteur blogueur Lucien Marbœuf qui dit avoir eu le moral “dans les chaussettes ” après la lecture de ce rapport et surtout des articles le commentant. Car il est vrai que la tentation est grande pour la presse de chercher des “coupables” et alors d’enclencher le réflexe inverse de défense chez les enseignants. On peut céder aussi à la facilité de transformer en querelle politicienne la simple mention d’une évidence. Ainsi, la ministre a rappelé que l’enquête a évalué des élèves qui avaient été formés avec les programmes de 2008 et cela a été lu comme une mise en cause de François Fillon...
Les programmes sont en effet une partie de l’explication de ce niveau. Rémi Brissiaud chercheur en didactique du calcul considère dans le Café Pédagogique que ces programmes ont en effet une responsabilité importante. Mais l’historien Claude Lelièvre, dans un billet de blog nous rappelle opportunément que le niveau en maths des petits français est préoccupant depuis plus de 20 ans, dans l’indifférence générale. Il y a donc à rechercher des analyses plus complexes. Pour Stella Baruk, interrogée par Libération On se tromperait en pensant que “la question centrale était de rendre « concret » les nombres quand il faudrait au contraire passer par l’abstraction, assumer le fait que les nombres sont abstraits ”. Pour Bernard Egger, président de l’Association des Professeurs de Mathématiques, interrogé par L’Express , à l’inverse, ces mauvais résultats serait liés à un enseignement trop théorique. Il pointe aussi le fait que les mathématiques servent surtout aujourd’hui de moyen de sélection mais en perdant leur sens. La série S est aujourd’hui une série généraliste qui permet d’aller partout et donc moins spécialisée. Pour Jean-François Chesné, docteur en didactique des mathématiques et directeur scientifique du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), interrogé dans Le Monde sur les différents facteurs à l’origine des faibles résultats en mathématiques, la raison principale est à chercher dans le profil non scientifique des enseignants du primaire. Ce que confirme Bernard Egger “ pour une écrasante majorité d’entre eux [80%, d’après le Cnesco], ils viennent de filières littéraires. Lorsqu’ils deviennent enseignants, ils ont de vraies lacunes et de vraies craintes par rapport aux mathématiques.
Cédric Villani, médaille Fields, ne dit pas autre chose sur RTL.fr  : "Il faut se rendre à l’évidence. Dans un système d’éducation, ceux qui font l’éducation ce sont les maîtres et les maîtresses, les enseignants, et c’est sur eux que doivent porter les efforts", relève t-il. "Ce qui veut dire les soutenir, leur donner les moyens de mener leur action, les former, leur laisser du temps pour tester, réfléchir et préparer". Et il ajoute "Un cours de maths c’est un temps de concentration, et ce qui compte c’est apprendre à raisonner." Selon Cédric Villani, cela demande donc du temps, et des enseignants plus nombreux et bien formés.
Ce genre d’études et la folie des palmarès qui l’accompagne conduisent aussi à aller chercher des solutions et des modèles ailleurs. Vous n’aviez pas entendu parler de "la méthode de Singapour" ? Vous allez en entendre parler...
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PISA Rapido
Ce TIMSS n’est qu’un apéritif pour nous préparer à la digestion de PISA...
Les résultats de l’enquête internationale menée en 2015 devraient être révélés le 6 décembre prochain. Y aura t-il, cette fois-ci, un “PISA-Choc” ? C’est ce que souhaitait Jean-Paul Delahaye dans le Café Pédagogique il y a quelques jours. Pour l’ancien conseiller spécial de Vincent Peillon et ancien directeur général de l’enseignement scolaire, “La France a longtemps tergiversé et a perdu beaucoup de temps, préférant dénigrer le thermomètre, et a même pris de 2002 à 2012 l’exact contrepied de ce qu’il aurait fallu faire en supprimant 80 000 postes et une matinée de classe pour les enfants de l’école primaire (une mesure d’adulte pour les adultes et contre les enfants qu’aucun pays au monde n’a songé à imiter), en divisant par trois la scolarisation des enfants de moins de trois ans, en réduisant de façon scandaleuse les crédits sociaux destinés aux élèves pauvres, et en supprimant carrément toute formation professionnelle de ses enseignants, pour ne prendre que quelques exemples de politiques ayant aggravé notre situation. Une sorte de « PISA choc à l’envers » en quelque sorte.
Toutefois, gardons nous de tomber dans le travers des palmarès. C’est en substance ce que nous dit Marie Duru-Bellat dans The Conversation . Elles insiste sur les limites de ces enquêtes et rappelle qu’ “une enquête ne fait pas une politique”.
Mattea Battaglia dans Le Monde continue dans la même veine en insistant sur les dangers des comparaisons internationales quand on les lit uniquement sous l’angle du "palmarès".
Luc Cédelle, pour sa part, formule un espoir le temps des interprétations raisonnables est-il venu ? . “La principale donnée que PISA, depuis 2000, a fait émerger est que, par-delà les moyennes, l’école française est efficace pour les élèves privilégiés et inefficace pour les autres. Enquête après enquête, les écarts, insensiblement, se creusent. Ce constat, devenu banal, n’apporte en lui-même aucune conclusion tranchée en matière de politique éducative. En rapport avec l’actualité, il convient cependant de noter que les données de 2015 ne seront pas le résultat de la politique suivie depuis 2012... et qu’elles ne sauraient non plus justifier une réduction du nombre d’enseignants.
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Butinages
Quelques choses lues et vues au gré des visites et butinages sur les sites et les réseaux sociaux.

Un entretien a suscité beaucoup d’intérêt et de réactions cette semaine. C’est une interview de Philippe Torreton sur VousNousIls où celui-ci affirme : “ Le théâtre, c’est de la connaissance absolue et de la connaissance de soi. Si j’étais ministre de l’Éducation nationale, je rendrais la pratique du théâtre à l’école obligatoire ! ”. Beaucoup de réactions positives (ou négatives) à cette proposition.
Tout comme à celle du psychiatre et psychanalyste Christophe André dans la rubrique “Moi Président” sur FranceInfo. “Moi président, je demanderai à ce que chaque journée d’école démarre par quelques minutes de méditation”. A méditer !

Il n’y a pas eu que le rapport TIMSS durant cette semaine très riche. Mardi dernier sortait une enquête basée sur une consultation, organisée par l’Unicef auprès de 22 000 jeunes âgés de 6 à 18 ans et vivant en France. Cette enquête montre que les jeunes des quartiers prioritaires estiment ne pas avoir les mêmes chances que les autres. Ils sont près de 13 % à estimer que leurs droits ne sont pas respectés dans leur quartier, contre 9 % pour la population globale de cette tranche d’âge, et 7 % estiment qu’ils ne le sont pas non plus en France, soit deux fois plus que ceux qui vivent en centre-ville (3,1 %), selon cette étude. Les enfants issus de ces quartiers éprouvent très tôt un sentiment de dévalorisation de soi et une perte de confiance dans l’avenir : 54 % témoignent d’un manque d’accès aux savoirs, contre 37 % en centre-ville. Près de 41 % disent manquer d’activités culturelles ou de loisirs (contre 25 % en centre-ville), 22 % sont en situation de privation matérielle (12,6 % en centre-ville). On lira surtout avec intérêt l’interview dans L’Obs du sociologue Serge Paugam qui a coordonné cette enquête.

Signalons aussi pour conclure une tribune parue sur le site Linkedin de Bruno Magliulo . Dans un texte intitulé “Donner du sens aux changements survenant dans le système éducatif”, cet ancien inspecteur pointe que la façon dont on conduit le changement dans le système éducatif français a “ tendance a nettement plus mettre en avant le "comment" des diverses réformes (qu’a-t-on décidé ?Comment se propose - t - on de le faire ? Avec quels "outils" ?), que le "pourquoi" (sur quel diagnostic du système repose cette réforme ? Quels sont les faiblesses et les dysfonctionnements que l’on se propose de corriger ?). Or, à l’évidence selon nous, si on veut donner du sens aux changements que porte une réforme, et donc obtenir l’adhésion de ceux qui sont chargés de la mettre en œuvre, ainsi que de ceux qui sont supposés en recueillir les fruits en termes de réussite scolaires des élèves, il faut commencer par faire cela. Si nous observons la façon dont est portée la dernière en date des grandes réformes du système éducatif - celle du collège, entrée en vigueur en septembre 2016 - nous disposons d’une illustration de ce que nous dénonçons : de gros efforts ont été et sont encore accomplis pour offrir aux enseignants des stages et documents visant à faciliter la mise en œuvre de la réforme, mais il y a eu - une fois encore - un grand déficit de préparation des esprits pour convaincre ces mêmes enseignants du bien fondé d’une telle réforme. Il ne faut donc pas s’étonner que tant d’entre eux ne manifestent aujourd’hui guère de zèle pour la mettre en œuvre, la façon dont on conduit le changement dans le système éducatif français, force m’est de constater que les représentants de l’institution, porteurs d’une réforme auprès des équipes dans les établissements, mais aussi des familles, ont tendance a nettement plus mettre en avant le "comment" des diverses réformes (qu’a-t-on décidé ? Comment se propose - t - on de le faire ? Avec quels "outils" ?), que le "pourquoi" (sur quel diagnostic du système repose cette réforme ? Quels sont les faiblesses et les dysfonctionnements que l’on se propose de corriger ?).
Or, à l’évidence selon nous, si on veut donner du sens aux changements que porte une réforme, et donc obtenir l’adhésion de ceux qui sont chargés de la mettre en œuvre, ainsi que de ceux qui sont supposés en recueillir les fruits en termes de réussite scolaires des élèves, il faut commencer par faire cela. Si nous observons la façon dont est portée la dernière en date des grandes réformes du système éducatif - celle du collège, entrée en vigueur en septembre 2016 - nous disposons d’une illustration de ce que nous dénonçons : de gros efforts ont été et sont encore accomplis pour offrir aux enseignants des stages et documents visant à faciliter la mise en œuvre de la réforme, mais il y a eu - une fois encore - un grand déficit de préparation des esprits pour convaincre ces mêmes enseignants du bien fondé d’une telle réforme. Il ne faut donc pas s’étonner que tant d’entre eux ne manifestent aujourd’hui guère de zèle pour la mettre en œuvre.

Bonne Lecture...

Philippe Watrelot

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