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Bloc-Notes de la semaine du 26 septembre au 2 octobre 2016

- Inégalités – Lois naturelles de la médiatisation – Innover ? – Budget et postes – Élections -


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Au sommaire de ce bloc notes : les inégalités et l’École à partir du très important rapport du CNESCO, les “lois naturelles de la médiatisation” avec le cas de Céline Alvarez, une réflexion plus générale sur l’innovation (avec un moment schizophrénique), un retour sur la place de l’éducation dans le dernier budget du quinquennat et la question des postes... Et pour finir : le feuilleton sur la campagne électorale et la place de l’École. Entre les Gaulois et les inégalités, qu’est-ce qui est le plus important ?

Les inégalités et l’École
L’évènement de la semaine pour l’actualité éducative est sans conteste la publication mardi 27 septembre du rapport du Conseil National d’Évaluation du Système Scolaire (CNESCO) Inégalités sociales et migratoires : comment l’École amplifie-t-elle les inégalités. C’est l’information qui a suscité le plus de commentaires et de réactions. Ce rapport le mérite car il est important et est le résultat d’un travail rigoureux de plus d’une vingtaine d’équipes de chercheurs français et étrangers qui font le tour de la question. On aurait pu cependant espérer une lecture plus sérieuse de la part des médias généralistes qui le réduisent à tort à une remise en cause de l’éducation prioritaire.
Tous les journaux en ont parlé. Le journal Le Monde y a consacré un gros dossier. Dans Les Échos on reprend les propos de Georges Felouzis qui a participé à ce rapport : « Le poids de l’origine sociale des élèves sur leur réussite scolaire est bien plus important chez nous que chez nos voisins “comparables” » et cela s’est aggravé sur un temps très court. La France est donc selon le Cnesco le pays le plus inégalitaire de l’OCDE et fait partie de ceux dont le niveau des élèves défavorisés a le plus baissé entre 2003 et 2012. On pourra lire aussi une bonne recension de ce rapport sur AlterEco+ par Xavier Molénat ou encore par Faïza Zerouala dans Mediapart. On trouvera aussi dans la presse, les réactions et propositions de Claude Lelièvre dans L’Obs , Marie Duru-Bellat dans L’Express , François Dubet dans L’Obs, Jérôme Saltet sur Europe1 ou encore Charles Hadji dans The Conversation qui se livre à une longue analyse très intéressante.
Mais bien souvent, le rapport est réduit à une “attaque” contre l’éducation prioritaire. le Cnesco accable l’éducation prioritaire française” (VousNousIls), Un rapport pointe les échecs de l’éducation prioritaire” (Localtis Info), Pourquoi l’éducation prioritaire ne fonctionne pas” (Libération)Les ZEP devaient garantir l’égalité de tous les élèves à l’école, elles ont fait l’inverse” (HuffingtonPost) et c’est sans compter avec les reportages à la télévision. Et cela conduit certains à réagir, non pas sur le rapport mais sur ce que dit la presse. Ainsi, le président de l’Observatoire des zones prioritaires (OZP) sur Le Monde considère que le rapport est “un message de désespérance jeté au visage des enseignants de ZEP”. Or, quand on rentre dans le détail du rapport on constate que l’analyse est bien plus nuancée que ce que disent les titres réducteurs. On déplore plutôt le dévoiement et la dilution de l’éducation prioritaire et on ne réduit pas la cause des inégalités à ce seul aspect des politiques éducatives depuis trente ans. Dans une interview à FranceInfo, la présidence du CNESCO le redit : “non, il ne faut pas supprimer l’éducation prioritaire. Il ne faut pas une double peine. Il y a déjà peu de moyens efficaces donnés à ces établissements. Il ne faut pas retirer le peu qu’ils ont.”.
Cette focalisation sur l’éducation prioritaire est curieuse. Comme si elle dispensait de réfléchir sur le fond et qu’on confiait à ce dispositif une fonction de soupape de sécurité pour éviter que le reste du système ne change... Car, au final, le rapport du Cnesco appuie là où ça fait très mal. Après d’autres publications, il montre donc que l’École n’est pas neutre dans la construction des inégalités mais qu’elle contribue à les aggraver. C’est un enjeu important parce que, trop longtemps, on a eu un discours (de gauche...) qui exonérait l’école de toute responsabilité et donc de toute nécessité de changer puisque les causes des inégalités étaient ailleurs. Il “suffirait” donc de changer la société pour ne pas changer l’école...
On voit bien que ce débat là n’est pas facile et semble esquivé par la presse, les enseignants et les politiques. Des enseignants qui y voient, à tort, une remise en cause de leur propre travail. Quant aux politiques, certains critiquent le moment où ce rapport est publié ou n’y voient qu’une critique de l’action menée aujourd’hui en oubliant que le CNESCO analyse plus de 30 ans de politiques éducatives. Pauvreté du débat...
Nathalie Mons interviewée par Médiapart le déplore “Le débat public sur l’éducation est très pauvre ” “En France, nous n’avons pas une tradition d’évaluation de nos politiques publiques. Et quand elle existe, on ne la regarde pas pour concevoir des réformes. On en regarde les résultats sans en tirer de leçons réelles. Ce rapport, aux conclusions assez évidentes, met en avant l’aggravation des inégalités sociales en France, confirmée par les mauvais chiffres des enquêtes internationales, mais on continue de mener la même politique depuis 35 ans. Certains acteurs nous reprochent même de ne pas avoir utilisé des méthodes scientifiques. Globalement, notre personnel politique n’a pas la culture de la reddition de comptes. […] Nous sommes juste des experts. Tout ce qu’on souhaite c’est que ce rapport et, plus largement, le travail du Cnesco enrichissent le débat public sur l’éducation. À l’heure actuelle, celui-ci est très pauvre, sans vision globale. Tout le monde reste coincé dans des postures idéologiques, entre égalitarisme et élitisme. Nous produisons des résultats scientifiques, mais tous les hommes et femmes politiques continuent de proposer des politiques inefficaces. Certains candidats parlent par exemple d’instaurer l’orientation dès la classe de 5e. On sait pertinemment que cela aggraverait les inégalités, mais on préfère faire abstraction de ces recherches. ”.

Les lois naturelles de la médiatisation
On frôle l’overdose...
Après Télérama, France Inter , le journal de France 2, Paris-Match, Le Parisien,Libération, et bien d’autres, Céline Alvarez est partout... Et son livre Les lois naturelles de l’enfant a déjà été réimprimé et est en tête des ventes sur de nombreux sites. Les vidéos tournées dans sa classe où les élèves, tous calmes et concentrés, savent lire dès 4 ans, ne cessent de circuler sur les réseaux sociaux. Et il ne se passe pas un jour sans qu’on me demande ce que je pense de ses méthodes !
Pour ceux qui auraient vécu dans une grotte au cours du dernier mois, rappelons que son ouvrage relate une expérimentation qu’elle a menée durant trois ans, jusqu’en juin 2014, dans une classe de maternelle de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), avant de démissionner de l’éducation nationale au motif qu’elle n’était plus assez soutenue. Dans d’autres déclarations, elle affirme avoir “infiltré” l’École publique mais avoir toujours eu le projet de la quitter. Elle théorise cette expérience en empruntant des concepts à la pédagogie Montessori et en s’appuyant sur les neurosciences qui sont la principale justification de sa démarche et du titre du livre qui parle de “lois naturelles”. Une de ses phrases récurrentes est que “ l’enfant naît câblé pour apprendre et pour aimer”. Elle affirme avoir obtenu des résultats “extraordinaires” avec des élèves qui apprennent à lire dès l’âge de quatre ans. Il faut rappeler aussi que son expérimentation avait reçu le soutien très actif de Jean-Baptiste de Froment, le conseiller éducation de Nicolas Sarkozy et du Think Tank "Agir pour l’école" ainsi que de l’institut Montaigne.
Si jusque là, les articles sur cette star des médias au plan com’ particulièrement efficace étaient sans recul voire dithyrambiques, on voit arriver une deuxième vague d’analyses plus critiques ainsi que des réactions d’enseignants agacés par cette sur-médiatisation. Dans le Figaro, Marie-Estelle Pech se penche sur le phénomène Alvarez et analyse le succès ambigu de son livre . On lira aussi la recension du livre par Luc Cédelle dans Le Monde et aussi l’interview par le même journaliste de Roland Goigoux . Pour ce grand spécialiste de la lecture, “beaucoup de choses présentées comme nouvelles par Céline Alvarez ne le sont pas ”. Il relève le discours presque mystique de l’auteure et rappelle aussi qu’ “on ne peut pas se prévaloir de résultats généralisables à l’issue d’une expérience aussi singulière, réalisée une seule fois et avec aussi peu d’élèves. Est-ce la technique pédagogique qui a fait la différence ou les conditions extraordinaires réunies par les deux personnes impliquées – car il y avait une maîtresse bis – dans la classe ? ”. Il appelle donc à une “meilleure administration de la preuve” sur le plan scientifique. Il rappelle aussi que “Les neurosciences permettent de mieux comprendre pourquoi les vieilles intuitions des pédagogues étaient fondées et pourquoi les options systématisées par Céline Alvarez marchent : l’engagement actif des enfants dans les tâches, la centration de leur attention sur un petit nombre d’informations à la fois, etc. Ce sont ces conditions que toutes les pédagogies devraient chercher à réunir. C’est déjà le cas dans de nombreuses classes, même si Céline Alvarez semble l’ignorer.”.
Les réactions des enseignants sur les réseaux sociaux sont très tranchées. Si un bon tiers des réactions sont très positives et soutiennent la personne et sa démarche, les deux autres tiers s’agacent de cette médiatisation et y voient une sorte de remise en cause des enseignants par quelqu’un qui a quitté le système après s’en être servi. La réaction de Françoise Cahen sur son blog est assez représentative de ce sentiment. On pourra lire aussi les “storify” (suite de tweets au fil de la lecture) proposés par Stéphanie de Vanssay et Laurence De Cock .

Innover ? Innovons !
Plus largement, et pour dépasser le cas médiatique qui nous a servi de point de départ, il me semble qu’il faut ici distinguer plusieurs dimensions qui nous amènent à réfléchir à la manière dont les médias traitent la question de l’innovation mais aussi sa perception par les enseignants.
Car il y a une bonne part de storytelling dans ce succès d’édition. Dans les médias et donc l’opinion, on y aime les belles histoires individuelles d’enseignants qui se dressent contre une administration qui les bloque et les empêche d’innover. Sans remonter jusqu’à Freinet, obligé de quitter l’EN pour fonder son école, les exemples d’“héroïsation” de l’innovant sont nombreux et la situation de Céline Alvarez est archétypale. Alors qu’il ne faut pas oublier qu’elle a aussi le soutien de certaines institutions.
Quant à l’opinion enseignante c’est un autre paradoxe, si l’identité enseignante est individualiste on n’y apprécie pas pour autant la mise en avant des individus et on y défend l’importance du collectif. Et chez les enseignants, on n’aime pas non plus les injonctions. Quand l’innovation devient une norme, quand le vocabulaire de la pédagogie devient la langue du ministère, il y a une réaction (dans tous les sens du terme…) qui conduit certains à refuser alors ce à quoi ils n’étaient pas pourtant hostiles au départ. On peut ainsi se fabriquer une posture de “rebelle” à bon compte. « On le fait déjà », c’est une des phrases qui revient souvent en réaction à ce qui est qualifié chez plusieurs enseignants d’“injonction à l’innovation”. Ceux ci perçoivent le discours de l’administration comme un discours injonctif et culpabilisateur. On y prescrit un idéal qui serait non seulement irréaliste mais qui méconnaitrait la réalité du terrain et des pratiques enseignantes. Ce discours doit être entendu et ne pas être catalogué immédiatement comme relevant de la déploration enseignante et de la “résistance au changement” (autre terme piégé). Car il y a une réalité derrière qui est celle du discours technocratique et performatif que peut utiliser une partie non négligeable de la technostructure de l’Éducation Nationale. La question implicite est celle de la gouvernance : top-down ou bottom-up ? Un dernier piège peut être repéré. Il s’est développé récemment. L’innovation aujourd’hui est devenue un thème important d’un ensemble d’acteurs qui se développent aux marges de l’Éducation Nationale (écoles hors-contrats, entrepreneurs sociaux, services numériques, soutien scolaire privé, etc.). On sait bien, il n’est nul besoin de le développer, que ces structures prospèrent sur une difficulté du service public à se rénover et à répondre aux enjeux actuels. Mais il n’en est pas moins vrai que cela engendre une réaction de défiance à l’égard de l’“innovation” vue alors comme une menace et dans une phraséologie bien connue, comme un signe de la “marchandisation de l’École” et du développement des “pratiques néo-manageriales”. Et lorsque le service public utilise le même vocabulaire (j’ai lu dernièrement une annonce de l’académie de Créteil recrutant un « chargé de mission pour un incubateur de projets innovants ») cela ne fait que renforcer la méfiance voire la défiance.
En résumé, il y a donc un ensemble de pièges qu’il faut éviter lorsque l’on parle de l’“innovation”. Par goût du paradoxe et du jeu sur les mots, je préfère parler d’ « enseignants-chercheurs » plutôt que d’enseignants innovants. D’abord parce qu’innover n’est pas un but en soi mais un moyen. Et surtout parce que, moi aussi, je me méfie des innovants solitaires qui pensent tout seul ou presque avoir trouvé LA bonne méthode. On devrait me semble t-il (même si le mot peut, lui aussi, être détourné) parler plutôt de droit à l’expérimentation que d’innovation. Expérimenter, chercher, collectivement et plutôt qu’à tout prix innover...
Autre point de divergence avec la logique médiatique : un enseignant innovant c’est bien, une équipe innovante c’est encore mieux ! Même s’il faut encourager les “enseignants innovants”, il est tout aussi important de mettre en évidence et d’analyser la dimension collective et institutionnelle qui permet aux projets de se développer et de se diffuser et de survivre à leurs initiateurs. Car ce qui fait le succès d’une “innovation” c’est sa diffusion et sa pérennisation.
Ce long développement n’est évidemment pas sans rapport avec l’actualité éducative. Lundi 26 septembre avait lieu à Grenoble une “séquence” sur l’innovation qui s’est conclue par un discours de la Ministre . Directeur du CRI (Centre de recherches interdisciplinaires) qu’il a cofondé en 2005, François Taddei a été chargé par Najat Vallaud-Belkacem d’une mission dédiée à l’innovation pédagogique. L’objectif, selon la ministre : concevoir "un plan stratégique susceptible d’engager un changement d’ère et d’échelle pour la recherche et développement pour l’éducation."François Taddei est invité à réfléchir à une phase de préfiguration du nouveau département de recherche et développement du ministère dans le domaine pédagogique et éducatif, ainsi que de formuler des propositions pour la mise en œuvre des appels à projets dits d’"innovation pédagogique" de la troisième phase des Programmes d’investissement d’avenir (PIA3). Cette journée à Grenoble a aussi été l’occasion de faire le lancement des Instituts Carnot de l’éducation et un premier bilan de l’expérimentation menée en région Rhône-Alpes-Auvergne. Cette journée a aussi été l’occasion de la remise du rapport du Conseil de l’Innovation pour la réussite éducative (Cniré) par sa présidente par intérim, Françoise Sturbaut. Enfin (moment schizophrénique...), la ministre a également annoncé qu’elle confiait la présidence de ce conseil pour les 5 mois qui viennent à Philippe Watrelot
Il est toujours délicat de faire la chronique d’évènements dont a été l’acteur. Mais dans ce cas, comme dans bien d’autres situations, j’essaie de cloisonner et de faire admettre qu’on peut avoir plusieurs fonctions et statuts différents à la fois sans que cela pose (trop) de problèmes. C’est ainsi que je continue à être professeur de SES et formateur à l’ESPÉ. Et mes élèves et stagiaires se moquent bien de savoir ce que je fais par ailleurs (et moi ça me remet les idées en place si jamais je courrais le risque de perdre mes repères). Et c’est aussi la raison pour laquelle, je continue à m’exprimer comme je le fais depuis 2004 par la revue de presse et des billets sur mon blog ou ailleurs. Avec mes convictions et en toute indépendance.

Budget et postes
Cette semaine a été aussi marquée par la présentation de la dernière loi de finances du quinquennat.
A sept mois de l’élection présidentielle, le gouvernement présente un budget en hausse de 3 milliards d’euros pour l’Education nationale , l’Enseignement supérieur et la Recherche. Il s’élève à 92,5 milliards d’euros au total, dont 68,64 milliards pour l’Education nationale (écoles, collèges, lycées) et 23,85 milliards pour l’enseignement supérieur et la recherche. La hausse est de 2,15 milliards d’euros pour le scolaire et de 852 millions pour le supérieur et la recherche, par rapport à 2016. Avec une augmentation de 9 milliards d’euros en cinq ans, dont 3 milliards pour la seule année 2017, l’influence de ce quinquennat sur le budget de l’Éducation, est « immense dans un contexte où les dépenses de l’État auront globalement diminué », assure Najat Vallaud-Belkacem. 2017 sera même « une rentrée merveilleuse », assure même la ministre, grâce aux postes supplémentaires prévus dans le budget 2017 et la baisse démographique des élèves du primaire. Dans sa conférence de presse , rapporte le Figaro, elle a de nouveau pointé la « rupture » avec le quinquennat précédent et « ses funestes suppressions de 80.000 postes » sous Nicolas Sarkozy mais elle s’est aussi attaquée aux programmes des candidats à la primaire de droite qui envisagent tous des suppressions de postes de fonctionnaires.
La question des postes a aussi été évoquée lors de cette conférence de presse. La Ministre a assuré que le budget 2017 permettra de créer les 12.662 postes (11.662 dans le scolaire et 1.000 dans l’enseignement supérieur) qui restaient à créer. Mais nul doute que cette question sera un des points importants du bilan du quinquennat et largement débattue.
Où sont les 60.000 postes dans l’éducationse demande Le Monde qui affirme que si les crédits sont bel et bien affichés dans les lois de finances successives, dans la réalité, le ressenti est différent. Les moyens mis en œuvre ne sont pas toujours visibles, comme le pointait le rapport du comité de suivi de la loi sur l’école, paru en janvier. Les parents se plaignent toujours d’absences de professeurs non remplacées, les syndicats d’enseignants dénoncent toujours des classes trop chargées, et les rectorats ont toujours recours à du personnel précaire pour pallier les besoins. Même tonalité dans La Croix qui montre aussi que les effets de ces créations de postes restent pour l’instant peu perceptibles. La critique est plus vive dans L’Humanité qui reprend l’argumentation du SNES et considère qui si les 60.000 postes ont été créés sur le papier ils ne permettent pas de répondre aux départs en retraite et à la croissance démographique.
Dans ce contexte pré-électoral, la ministre dans sa conférence de presse, a aussi insisté sur la rupture avec la droite, n on seulement avec les 80.000 suppressions de postes du quinquennat de Nicolas Sarkozy, mais aussi avec les suppressions de postes envisagées dans les programmes des candidats à la primaire de la droite . « C’est bel et bien dans l’Education nationale que les suppressions seront le plus massives  » a t-elle averti.

Élections
Cela nous permet de faire la transition avec le feuilleton des déclarations sur l’École dans la campagne.
Selon un sondage CEVIPOF repris par RMC , les professeurs voteraient de plus en plus Front national. Ainsi, ils seraient plus de 10% à avoir pour intention de voter Marine Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle de 2017. Pour autant, si certains s’affichent ouvertement, d’autres ne le clament pas "sur tous les toits".
Véronique Soulé pour le Café Pédagogique était à la Convention sur l’éducation organisée le 22 septembre à Paris en présence de Marine Le Pen. Elle livre un reportage qui montre que sous un affichage plus moderne, c’est bien les vieilles recettes les plus réactionnaires qui sont toujours à l’œuvre... Ce que confirme Claude Lelièvre sur Mediapart qui se livre à une compilation des propositions de ce parti avec un titre explicite “vade retro !
Du côté des “Républicains”, c’est surtout Nicolas Sarkozy qui s’est fait remarquer (malgré une sale semaine dans les médias...). Interrogé lundi 26/09 sur Europe1 Nicolas Sarkozy a promis la suppression de 300 000 postes de fonctionnaires s’il était de retour à l’Elysée. « L’éducation nationale sera aussi concernée » , a précisé le candidat à la primaire. Et pour accompagner cette suppression de postes, une augmentation du temps de travail. « Mon idée, c’est d’augmenter de 25% leur temps de travail, d’augmenter d’autant leur rémunération, ce qui permettra d’avoir du temps disponible pour s’occuper des enfants qui n’arrivent pas à suivre après la classe ».
En revanche, lui, comme tous les autres, n’ont rien dit sur les inégalités à l’École et le rapport du CNESCO. On préfère parler de l’uniforme ou des gaulois....

Bonne Lecture...

Philippe Watrelot

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