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Bloc-Notes de la semaine du 24 au 30 octobre 2016

- Violences - Laxisme - Entreprendre – Goujat ?- Butinages


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On aurait pu croire que l’actualité éducative allait avoir du mal à remplir ce bloc notes en cette période de vacances scolaires. Il n’en est rien. La violence qui s’est manifestée avant les congés a continué à occuper la presse. Elle a été l’objet d’une instrumentalisation avec le thème récurrent du “laxisme” mais avec une violence verbale relativement inédite.
On parlera également de l’esprit d’entreprise et on évoquera aussi une accusation de sexisme à propos d’un rapport de jury du Capes. Avant de finir par quelques lectures diverses.

Violences
La France a peur. Au delà d’un certain âge, on est nombreux à se rappeler de la phrase d’ouverture du journal télévisé de TF1 du 18 février 1976, prononcée par le présentateur Roger Gicquel. Toutes proportions gardées, on a l’impression que la presse d’aujourd’hui utilise le même registre. De nombreux journaux évoquent une montée de la violence contre la police mais aussi contre d’autres institutions telles que les hôpitaux et l’éducation nationale. Même si tout cela s’est heureusement arrêté avec les vacances scolaires, les journaux et autres sites d’information restent sur la lancée de la semaine dernière et récapitulent de nombreux cas de violence dans l’éducation. Cocktails Molotov lancés sur un lycée de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) dont le proviseur a été violemment agressé ; élève s’en prenant à son professeur au point de lui casser la mâchoire dans un lycée professionnel de Calais (Pas-de-Calais) ; enseignant passé à tabac en pleine rue à Argenteuil au moment où il ramenait sa classe dans son établissement ; tentative d’étranglement d’un professeur à Lyon, coup de poing contre une prof au lycée international de Colomiers près de Toulouse, etc.
La presse nous apprend que huit jeunes ont été interpellés mardi après les violences qui ont eu lieu devant le lycée professionnel Hélène Boucher à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) le 17 octobre dernier. Environ 80 jeunes avaient semé le trouble devant les grilles de l’établissement avec des jets de mortiers et de cocktail Molotov. La proviseure du lycée avait reçu des coups et perdu connaissance. Une enquête du journal Le Monde évoque une «  tension particulière » au lycée depuis la rentrée. « Ils s’en sont pris à l’institution, confirme le responsable du pôle adolescents de la ville de Tremblay. Quelque chose a dû se passer au lycée, une chose vécue comme une discrimination. Ce mouvement part de là.  »
La sociologue Marie-Duru Bellat sur France Info explique ce phénomène par deux tendances longues : “. La première est d’ordre général sur la jeunesse. On a souvent tendance à dire que ça ne va pas bien. Ce qui se traduit par des problèmes d’intégration de nombreux jeunes, notamment chez ceux qui sont peu instruits. La seconde est liée à la stratégie pour lutter contre l’échec scolaire. On garde les jeunes longtemps à l’école, dans les filières générales, même lorsqu’ils sont en situation d’échec. Cela nourrit des ambitions et crée des désillusions. Quand vous vous sentez nul pendant dix ans, cela peut poser des problèmes.” Et elle conclue cette interview ainsi “ce que ces événements disent, c’est qu’il faut plus de mixité sociale. C’est en brassant les élèves qui posent problème avec ceux qui souhaitent travailler que les classes pourront s’autocontrôler. ”. Pour le sociologue Sébastien Roché dans Le Point, ces violences ne sont pas inédites et s’inscrivent même dans un schéma ancien : “Ces établissements sont tous situés dans des zones sensibles avec des tensions structurelles qu’on connaît depuis plus de trente ans. Ces violences nouvelles révèlent des tensions classiques, malheureusement anciennes.
Dans ce genre de situation où les médias (et les politiques) mettent le projecteur sur un phénomène on sait bien qu’il est toujours difficile de faire la part des choses et de déterminer s’il s’agit bien d’une amplification de celui-ci ou juste une présentation qui fait porter l’attention sur un aspect qui n’est pas forcément plus important mais qui va faire système et créer un sentiment de peur voire d’imitation et de contagion. Mais quoi qu’il en soit, il n’en reste pas moins que face à des actes graves, les sanctions sont indispensables. Poser des limites et faire respecter un cadre fait partie de l’éducation. Et encore une fois, il faut malheureusement le rappeler, analyser, expliquer, n’est pas excuser...

Laxisme
Avec la médiatisation de ces évènements, la tentation est grande pour ceux qui cherchent à instrumentaliser ces actes de violences, symboles selon eux du « laxisme » du gouvernement et de la dégradation des conditions de travail des enseignants.
Une information va particulièrement accentuer le sentiment d’abandon ressenti par certains enseignants. Elle est relatée par France3 Nord-Pas de Calais. L’article intitulé “Harcèlement scolaire à Condé-sur-l’Escaut : des profs sanctionnés, un député choqué” nous informe que des enseignants du Lycée du Pays de Condé à Condé sur l’Escaut s’étaient mis en grève, pour dénoncer des faits de harcèlement scolaire, dont un élève de seconde se plaignait. Sept élèves ont été mis en cause dans cette affaire, parmi lesquels trois principaux protagonistes qui sont aujourd’hui mis en examen, et qui ont été exclus de l’établissement à l’issue d’un conseil de discipline. Mais l’affaire n’en est pas restée là, côté enseignants, puisque l’on apprend que des professeurs qui s’étaient mis en grève le 3 octobre, en soutien au lycéen harcelé, ont été l’objet d’une retenue sur salaire. Ce qui indigne le député maire (PCF) de Saint-Amand Alain Bocquet qui le dénonce dans un courrier adressé en début de semaine à la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem. Cette affaire ajoutée aux autres a pu constituer la goutte d’eau qui fait déborder le vase de l’exaspération dans un contexte de forte crispation.
Face aux violences scolaires, l’Education Nationale fait le choix des bourreaux ”Une tribune sur le Huffngton Post de Fatiha Boudjahlat circule en ce moment sur les réseaux sociaux. Elle entonne le refrain du “laxisme” qui serait dominant aujourd’hui et selon elle "fait le choix des bourreaux". Elle s’en prend aux CPE qui seraient les principaux instruments de ce laxisme avec l’“idéologie libérale-libertaire des pédagogistes”. Cette enseignante dans la région de Toulouse est secrétaire nationale à l’éducation du MRC. Elle a aussi donné une interview à Jean-Paul Brighelli dans Le Point où elle reprend la même argumentation et s’en prend nommément à plusieurs personnes (Éric Debarbieux, Laurence De Cock, Grégory Chambat,...) coupables selon elle d’être des “pédagogistes baignés dans leur idéologie méprisante, compassionnelle et misérabiliste” et d’inverser le “rôle de la victime et de l’agresseur ”. On peut citer aussi la conclusion de cette interview : “On ne peut plus parler de sauvageons, mais de barbares. Créés de toute pièce par la philanthropie misérabiliste des élus, des hauts fonctionnaires et des pédagogistes. Une fausse générosité aux frais de la société et au prix de la réussite du plus grand nombre.
Depuis la publication de cette tribune et cette interview le ton est encore monté. Le fait de l’avoir citée dans ma veille sur Facebook me vaut d’être associé, moi aussi, aux “pédagogistes” honnis par cette dame qui continue ses invectives sur les réseaux sociaux. “Bourreaux aujourd’hui ... après les “assassins de l’École il y a quinze jours, on voit que le champ sémantique reste le même et que l’escalade verbale continue. On est très loin de l’argumentation et même de la raison avec cette fabrication d’un monstre coupable de tous les maux de l’école et de la société que serait le “pédagogiste” et des attaques contre les personnes. Et on ressort de cet épisode avec un goût très amer et la désagréable impression qu’on a franchi encore un cran dans ce que je n’ose plus appeler un “débat” sur l’école…
Pour ne pas en rester sur ce sentiment, il faut aller lire sur ce sujet le très bon billet de Guillaume Caron sur son blog : “Où se cache le laxisme ? . Tout le texte est évidemment à lire mais on peut mettre en exergue ce passage : “Le premier des laxismes, c’est justement de considérer ces questions de violence, de climat scolaire et d’autorité comme une question simple… et donc d’en profiter pour asséner des discours simplistes (voir populistes). Là se niche bien un laxisme intellectuel et professionnel qui ne manque pas, au passage, de trouver des boucs émissaires plutôt que de tenter de trouver des solutions. Agir ainsi, c’est aussi cloisonner les acteurs de l’éducation des enfants (opposer les profs et les parents, les profs et les chefs d’établissement, les profs et les animateurs périscolaires…). Se contenter d’affirmer qu’il “faut restaurer l’autorité” ou “rendre l’autorité aux enseignants”, c’est précisément faire preuve de laxisme dans l’action au profit d’une exigence de façade. ” Et notre ami conclut ainsi “ Pour finir, s’il y a bien un laxisme qui ronge l’école, c’est celui qui consiste à laisser des élèves sur le bord du chemin. Et là encore, les facteurs sont multiples et les discours simplistes sont contre productifs. Mais là se nichent les germes d’une part de la violence quotidienne. Dire cela, ce n’est en rien nier certains problèmes du quotidien des profs et des éducateurs. Dire cela ce n’est pas non plus évacuer les questions d’autorité. Au contraire, il faut en parler mais en professionnels, au risque de se voir confisquer le sujet par des gens dont l’intention n’est en rien la réussite de tous les élèves…

Entreprendre
Dans un texte paru sur le site The Conversation, la sociologue Lucie Tanguy se livre à une analyse critique des dispositifs de découverte de l’entreprise tels que les créations de "mini-entreprises" par l’intermédiaire d’une association comme “entreprendre pour apprendre" . Selon elle, “laisser aux entreprises la liberté de concevoir un cursus d’enseignement enfreint le principe de laïcité à l’école.” et elle considère que “La philosophie entrepreunariale repose sur une autre conception [que la formation du citoyen NDLR]  : la responsabilité de soi, de sa réussite comme de ses échecs. Elle relativise la connaissance et l’arrime aux situations dans lesquelles elle peut être mobilisée. Dans un cas la pédagogie est, en principe, un moyen de faire accéder tous les jeunes aux connaissances nécessaires et à la culture dans une société donnée à un moment donné, dans l’autre, les inégalités de départ sont entérinées pour conduire les jeunes apprenants vers des places qui leur sont présentées comme accessibles.
Cette tribune sans concession de Lucie Tanguy a suscité quelques réactions et en particulier celle de Laurent Fillion sur son blog qui estime que la chercheuse “aurait dû aller sur le terrain voir ce qui se fait vraiment plutôt que d’enquêter à partir des documents écrits et de rester sur ses a priori. ” Après avoir relevé plusieurs approximations dans l’analyse, et avant de raconter l’effet sur ses élèves de ce type de projet, il ajoute : “J’entends déjà ceux qui adorent jouer les avant-garde du prolétariat derrière leur écran crier au grand complot du capitalisme mangeur d’hommes, de la marchandisation et de l’uberisation de l’école comme le fait sur la fin Lucie Tanguy. Dans les faits, on en est bien loin …”.
Le débat est en effet complexe et, là aussi, il est souvent difficile de dépasser les a priori et les représentations. Rappelons qu’en 2005, le premier socle commun de compétences et de connaissances, comportait sept “piliers”. Ils étaient inspirés d’une proposition du conseil de l’Europe qui proposait huit “compétences clés”. On notera que la huitième compétence a disparu dans la transcription française, il s’agissait d’“apprendre à apprendre”, ce n’est pas innocent mais ce n’est pas notre sujet. Une autre compétence européenne a changé de nom. En effet, l’“esprit d’entreprise” (entrepreneurship) de la liste européenne est devenu “Autonomie et initiative” dans le socle français. Trop polémique… Pour beaucoup d’enseignants, l’idée même de préparer les élèves au monde du travail leur apparait comme indigne et antinomique de leur mission de transmission de la culture. Et le mot d’entreprise et même d’entrepreneuriat est tabou.
On peut toutefois partager une bonne partie des critiques de Lucie Tanguy. Quand on est comme moi, professeur de sciences économiques et sociales, on voit l’importance de l’influence des lobbys patronaux sur la connaissance de l’entreprise et cet objectif quasi-idéologique de faire "aimer" l’entreprise. Or, pour moi l’enseignement n’est pas une question d’émotions mais de connaissances. J’œuvre pour que mes élèves aient une meilleure connaissance des mécanismes économiques et sociaux et notamment de l’entreprise mais je ne suis pas là pour leur faire "aimer", comme je le disais déjà il y a quelques années sur mon blog ce n’est pas un savoir ni même une compétence.
En revanche, l’“entrepreneuriat" doit-il être un mot tabou ? Peut-on développer l’esprit d’entreprise ou plutôt d’entreprendre dans le cadre de l’École ? On peut d’abord rappeler que cet “esprit” là ne se réalise pas uniquement dans le cadre des entreprises privées mais aussi dans l’ESS et l’engagement associatif. Mais comment ? Certainement pas par de l’endoctrinement et pas uniquement par une accumulation de connaissances sur le sujet. L’esprit d’entreprendre est surtout une affaire de compétences et de savoirs-être. Dans le billet de blog que j’ai cité, je joignais un texte de Philippe Frémeaux qui le dit bien mieux que je ne pourrais l’écrire : « Si l’école française à un problème avec la transmission de l’envie d’entreprendre, ce n’est pas en ajoutant une discipline supplémentaire qu’on va le résoudre. L’enjeu est plus profond et tient d’abord aux valeurs et aux méthodes que l’école française a trop longtemps portées et porte trop souvent encore : la soumission à l’autorité, la transmission de haut en bas de savoirs incontestables, la faible valorisation de l’initiative, l’absence de travail collectif. Si l’on veut que l’école encourage l’esprit d’entreprise, il faut au contraire qu’elle valorise et développe l’autonomie des élèves, leur prise d’initiative, leur sens critique, aussi bien individuellement qu’en groupe, car l’entreprise qui réussit n’est pas seulement une aventure individuelle mais le fruit d’un projet collectif.  »

Goujat ?
Sur le site de Rue89, on apprend que le dernier rapport de jury du CAPES de lettres n’est pas passé inaperçu. Quelques lignes dans l’introduction faite par le président du jury suscitent la colère d’un nombre croissant de professeurs qui lui reprochent son sexisme. Le président du jury, Patrick Laudet, universitaire, Inspecteur Général fait le constat de la dégradation du métier mais se félicite entre autres de l’augmentation du nombre de candidats, et particulièrement de candidats masculins au CAPES de Lettres. Il écrit « La proportion des garçons au CAPES de lettres, celle des candidats et plus encore celle des reçus, s’améliore significativement, ce qui est un symptôme d’attractivité nouvelle pour le métier de professeur de Lettres. Enseigner les lettres n’est pas une spécificité féminine et nos élèves ont besoin de l’expérimenter au quotidien. Ils y gagneront incontestablement, les garçons entre autres, et la présence accrue d’hommes pour enseigner les Lettres contribuera à affiner l’image parfois dégradée qu’ils ont de la discipline. Pour qui est légitimement soucieux de parité, c’est là une tendance vraiment encourageante.  »
C’est ce passage qui a suscité un texte et une pétition pour demander le retrait de ces remarques et l’engagement d’une réflexion sur la parité dans l’Education Nationale. Il faut souligner que cette affaire n’est pas sans rappeler l’indignation qui avait suivi des propos assez comparables d’Antoine Compagnon en 2014 .
On peut reconnaitre une réelle maladresse (voire un impensé) dans ce texte. Ce qui a irrité de nombreux collègues c’est qu’elle laisse entendre une causalité simpliste ou la présence féminine dans l’enseignement contribuerait à dégrader l’image de la discipline. La question me semble t-il, que l’on peut se poser est de se demander si la remarque du président du jury relève du constat sociologique ou du jugement. Et si la solution qu’il préconise est la seule ou s’il en existe d’autres.
L’analyse des évolutions de la société nous montre en effet que certains métiers ont vu leur prestige diminuer. L’enseignement en fait partie. C’est un fait sociale que la féminisation d’un métier s’accompagne d’une perte de prestige dudit métier dans la société (patriarcale, marquée par les stéréotypes, etc.). Mais il serait réducteur de l’expliquer par le seul phénomène de la féminisation et dans un lien unique de causalité. Il faut d’abord prendre en compte la massification. A la suite de l’effort de scolarisation et de l’accueil des générations du baby-boom, dans les années 70-80, les effectifs d’enseignants ont considérablement augmenté et cela s’est fait aussi par un apport féminin important. La massification couplée à la hausse du niveau de qualification de la population conduit à la perte de prestige à laquelle s’ajoute des rémunérations qui stagnent. Dans ce contexte, plutôt qu’une causalité, il faudrait parler d’interaction : les femmes vont occuper des emplois moins prestigieux et moins rémunérés et la féminisation joue aussi dans la perte de prestige. D’autre part, il faut aussi souligner que dans une société qui reste très patriarcale, les métiers très féminisés correspondent aussi à une transposition dans le monde professionnel des stéréotypes traditionnels : la femme qui soigne, la femme qui accueille, la femme qui s’occupe des enfants...
Il faut évidemment déplorer cette situation. Aller vers plus de mixité dans les recrutement des concours est évidemment une des solutions mais on ne peut faire l’économie (sans jeux de mots…) de la question des rémunérations des enseignants dans l’amélioration du prestige et donc de l’attractivité de ce métier. Et sans parler du fait que, y compris dans la fonction publique et dans l’enseignement, plus on s’élève dans la hiérarchie, plus la proportion de femmes se réduit... La parité, même dans l’EN, ce n’est pas gagné...
On pourra compléter la réflexion par un article paru dans The Conversation qui relate une étude publiée dans la revue Science qui montre qu’à niveau égal, les femmes bénéficient d’évaluations plus favorables lors des recrutements dans les disciplines où elles sont sous-représentées. On pourra aussi consulter un article de la chercheuse Marlaine Cacouault-Bitaud dans la revue Travail, genre et sociétés qui tente de répondre de manière bien plus argumentée et scientifique à la question posée plus haut “La feminisation d’une profession est-elle le signe d’une baisse de prestige ?

Butinages
Comme à l’habitude, pour finir, quelques lectures glanées ici et là sur les sites d’information et ailleurs.

les enfants c’était mieux avant… Les enfants seraient plus violents, moins bons à l’école, en orthographe, moins respectueux des aînés... Sur Slate.fr, la journaliste Béatrice Kammerer se livre à une savoureuse déconstruction historique et psychologique de tous ces préjugés.

C’est sur le site de France Musique qu’on apprend que la ministre de la Culture a lancé un nouveau dispositif. “Création en cours” - c’est son nom - vise à installer 100 jeunes artistes issus de toutes les disciplines (spectacle vivant, arts plastiques, cinéma, audiovisuel…) en résidence dans les écoles et collèges les plus éloignés de la culture. Il s’appliquera dans les classes du CM1 à la 6e, et son objectif est double : démocratiser la culture et l’éducation artistique tout en favorisant l’insertion professionnelle des jeunes artistes.

Parents, lisez des histoires à vos enfants !” c’est le conseil que nous lance Lucien Marboeuf sur son blog. Il s’appuie sur une étude norvégienne parue il y a presque un an, qui vient confirmer ce que bien d’autres – et nombre d’enseignants – disent déjà : la lecture parent / enfant est décisive dans l’apprentissage de la lecture.

Oui, mais on peut pas tout lire... C’est l’humoriste François Morel dans sa chronique de vendredi 28 octobre sur France Inter , intitulée “Ces livres abominables” qui nous apprend qu’une responsable de la politique éducative de la ville de Paris aurait envoyé un courrier à la direction des affaires scolaires pour qu’on retire des “espaces lecture” deux ouvrages et en particulier le dictionnaire fou du corps de Katy Couprie aux éditions Thierry Magnier. Pudibonderie ? Censure ? Crainte du retour d’une campagne réactionnaire qui s’était déjà intéressée aux livres pour enfants  ?
Nous vivons vraiment une drôle d’époque...

Bonne Lecture...

Philippe Watrelot

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